Le Mémorial Van Damme doit se réinventer

©Belga

Le Mémorial Van Damme se déroule ce vendredi soir. Le stade n’affichera pas complet. Une situation qui s’explique, pour le directeur Cédric Van Branteghem.

Le plus grand rendez-vous de l’athlétisme belge a lieu ce vendredi au stade Roi Baudouin. Pour sa 43e édition, le Mémorial Van Damme clôt une nouvelle fois la saison de la Diamond League. Quelques pointures comme Dafne Schippers ou Shelly-Ann Fraser-Pryce seront présentes pour tenter de décrocher le fameux trophée et surtout les 50.000 dollars qui l’accompagnent. Comme à son habitude, l’organisateur compte aussi sur une forte présence d’athlètes belges pour déplacer la foule, avec en têtes d’affiche Dylan Borlée et surtout Nafissatou Thiam.

Le festival Werchter ou même les Diables Rouges ne sont plus non plus systématiquement sold out
cédric van branteghem
directeur du mémorial van damme

Selon les prévisions des organisateurs, environ 40.000 places sur les 44.000 devraient être occupées. Le stade sera donc bien rempli, mais n’affichera pas complet. Un phénomène qui se répète désormais depuis plusieurs années. Rien de dramatique toutefois, pour Cédric Van Branteghem, le directeur du meeting et ancien spécialiste du 200 et 400 mètres. "Si l’on ne vend pas tout, forcément le travail n’est pas parfait mais cela reste de très bons chiffres", explique-t-il.

Concurrence d'autres événements sportifs

"Ce n’est d’ailleurs pas la meilleure année, car il n’y a pas eu de gros événement pour mettre l’athlétisme en avant ces derniers mois. Il y a également de plus en plus de compétition avec les autres événements. Cet été, la lumière a beaucoup été prise par le départ du Tour de France et le Championnat d’Europe de hockey", poursuit le responsable. Sans compter que ce soir, les Diables Rouges jouent un match de qualification pour l’Euro 2020. "Ne pas être complet n’est d’ailleurs plus rare de façon générale. Le festival Werchter ou même les Diables Rouges ne sont plus non plus systématiquement sold out", glisse encore Cédric Van Branteghem.

En outre, l’athlétisme ne dispose plus pour le moment d’une très grande star internationale pour attirer les foules dans les stades, même si nous avons Thiam en Belgique. "Il y avait vraiment une différence avec Bolt. Mais les stars se font souvent juste après les JO. Avant Pékin, Bolt n’avait pas un tel succès. Je suis persuadé qu’un athlète comme Noah Lyles pourrait devenir une star qui attire les foules, mais il n’est pas encore assez connu", explique encore le patron de l’événement.

Un budget conséquent

Comme nous sommes la phase finale de la Diamond League, nous avons un très gros prize money à assurer: 50.000 euros pour le gagnant, 20.000 pour le deuxième.
Cédric Van Branteghem

Les ambitions sont donc toujours les mêmes pour le Mémorial qui reste rentable, assure le directeur. "Je suis à la tête de l’organisation depuis 2017 et le budget est toujours resté stable, autour des 4,5 millions d’euros", précise encore Cédric Van Branteghem.

Un budget conséquent dont une bonne partie est destinée aux athlètes. "Comme nous sommes la phase finale de la Diamond League, nous avons un très gros prize money à assurer: 50.000 euros pour le gagnant, 20.000 pour le deuxième. Avec l’accueil des sportifs, cela représente environ la moitié de nos dépenses", ajoute le patron.

Du côté des revenus, l’organisation s’appuie sur trois entrées principales: le sponsoring, la billetterie et les droits TV"Ils représentent à chaque fois environ un tiers de nos revenus", précise l’ancien athlète. 

La réalité virtuelle pour se réinventer?

S’il ne s’inquiète pas pour son événement, cela ne veut pas dire que celui-ci ne doit pas évoluer. "On réfléchit constamment à trouver des évolutions. Je suis persuadé qu’un moyen d’augmenter l’attractivité passe par la technologie et le smartphone. Aujourd’hui, tout le monde en a un en poche. C’est donc un moyen de communication qui pourrait être très utile", relève le directeur qui a notamment travaillé dans la société d’IT de son père entre la fin de sa carrière de sportif et son poste actuel.

"Nous avons des idées de projets intégrant de la réalité virtuelle. Le spectateur pourrait filmer ce qu’il voit et recevoir en direct des données sur ce qu’il voit comme la vitesse d’un coureur ou ce que représente la hauteur d’un saut, détaille-t-il. Ce n’est encore que des projets mais c’est essentiel, notamment par rapport à l’évolution des droits télé qui sont toujours plus sous pression".

 

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