Le monde des affaires a fait main basse sur le football professionnel belge

Marc Coucke est l'actionnaire majoritaire du club de football du KV Ostende. ©Photo News

La professionnalisation du football belge se traduit par une présence croissante d’entrepreneurs et de patrons d’entreprises dans les conseils d’administration des principaux clubs.

Dans le sillage des personnalités connues comme Bart Verhaeghe à Bruges, Marc Coucke à Ostende et – plus proche de nous – de Bruno Venanzi au Standard de Liège et de Fabien De Becq à Charleroi, l’univers du foot belge compte au moins 50 autres personnalités du monde des affaires. D’après les chiffres du groupe de consultance Graydon, trois clubs sont aux mains d’investisseurs étrangers et sept sont plus ou moins détenus par un seul actionnaire.

7
Si c’est tout l’écosystème "foot" qui s’ouvre au monde de l’entreprise, 7 "grands" clubs rassemblent 70% des entrepreneurs et top managers ayant investi dans le ballon belge.

Une nuance de taille: il s’agit le plus souvent d’investisseurs, d’actionnaires et d’administrateurs déjà présents au sein des ASBL et sociétés des clubs. Il est difficile d’obtenir une liste complète étant donné que seuls les mandats d’administrateur sont repris dans les banques de données. Il est donc probable que le monde du foot compte bien plus de patrons impliqués dans les clubs.

Cette mainmise discrète du monde des affaires sur le football belge transparaît également dans les structures des clubs. L’AA Gent et le Racing Genk sont les derniers "villages gaulois" fonctionnant encore comme de véritables ASBL. Les autres se sont transformés en sociétés ou ont mis en place des architectures complémentaires aux ASBL. Le véhicule qui semble remporter le plus de succès est la société coopérative, qui permet aux actionnaires d’entrer et de sortir facilement du capital.

©ipadgraph

Atteindre les playoffs

Le KV Mechelen est le dernier club à modifier son approche commerciale. C’est un sujet sensible car ce club traditionnel s’est retrouvé aux mains de ses supporters après une faillite douloureuse en 2002. Mais le club, sous la direction du consultant EY, travaille à la mise en place d’une société coopérative. On ne sait pas encore qui entrera au capital, mais il y a peu, quatre nouveaux noms du monde des affaires ont été repris dans la structure pour accompagner la réforme.

Cette décision s’explique aisément. L’organisation spécifique du championnat belge pousse impérativement les clubs à faire partie du top six à la fin de la saison régulière s’ils veulent participer aux très lucratifs playoffs.

Conséquence: d’autres clubs cherchent des moyens de profiter d’un levier financier en ouvrant le capital aux investisseurs extérieurs. Mais toutes les opérations ne se soldent pas par un succès. Ainsi, Vic Swerts, du fabricant de colle Soudal, a fait savoir récemment qu’il souhaitait quitter Westerlo, moins de six mois après avoir acheté le club.

Lire également

Publicité
Publicité

Messages sponsorisés