Le RSC Anderlecht creuse encore ses pertes

Sur le terrain, le RSCA a assuré dimanche face à Genk (l'Anderlechtois Dauda, à gauche, et Carlos Cuesta du KRC Genk). C'est moins le cas dans ses comptes. ©BELGA

Pour la seconde saison consécutive, les "mauve et blanc" ont vu leurs coûts exploser, notamment à cause des salaires des joueurs et de transferts ratés, alors que du côté des revenus l'absence de Coupe d'Europe s'est fait sentir.

Si sur le terrain, le Royal Sporting Club d'Anderlecht (RSCA) a enregistré une belle victoire dimanche dernier face au Racing Genk, deuxième du championnat, financièrement, il est à la dérive.

Selon les comptes annuels de la saison 2019-2020 déposés à la Banque nationale bien après les autres clubs, le RSCA a à nouveau creusé sa perte, passée de 27 millions d'euros à 36,4 millions en un an. Au point que, à lui seul, le Sporting pèse deux tiers des pertes des clubs professionnels du pays. Les fonds propres s'affichent dans le rouge à hauteur de 28 millions en raison de pertes cumulées de 66 millions. Et s'ils étaient encore positifs un an plus tôt à hauteur de 8,4 millions, c'était grâce à une intervention du principal actionnaire Marc Coucke. Les dettes ont quant à elles continué de gonfler, passant de 94,9 à 116,7 millions.

Explosion des coûts

Ce piètre bilan s'explique essentiellement par une explosion des coûts (transferts, salaires...), qui ont culminé à 122,4 millions contre 109 un an plus tôt. Sous la houlette de Marc Coucke, le club a réalisé de nombreux transferts onéreux (Sanneh, Vlap...) qui n'ont apporté aucune réelle plus-value sur le terrain. Le Sporting a aussi octroyé de généreux émoluments à ses joueurs, les coûts salariaux étant passés de 47,3 à 58 millions. C'est plus que ses revenus commerciaux récurrents (billetterie, merchandising, sponsoring, droits télévisés)!

"Cette spirale haussière des coûts est largement due aux salaires des joueurs."

Ces derniers sont restés stables à 51,5 millions, alors que le club n'a pas disputé de Coupe d'Europe, une première depuis 55 saisons. Le club a toutefois réussi à augmenter légèrement ses revenus totaux, passé de 84 à 89 millions, grâce aux plus-values sur transferts sortants (Saelemaekers, Bornauw, Santini).

C'est là le seul point positif de cet exercice qui a vu les mauve et blanc être surpassés par leur grand rival du FC Bruges à la fois sur le plan sportif et le plan financier (voir ci-dessous). Grâce à leur flair sur le marché des transferts et à leur participation à la lucrativee Ligue des Champions, les "blauw en zwart" ont affiché en 2019-2020 des revenus de 137,2 millions d'euros et un résultat net de 24,5 millons.

Plan de sauvetage

Pour redresser la barre, le Sporting n'a pas d'autre choix que de se séparer de joyaux issus de son centre de formation de Neerpede, comme il l'a fait cet été en cédant l'espoir Jeremy Doku au club français de Rennes moyennant 26 millions d'euros. Au début de cette année, les actionnaires ont également injecté 5 millions afin d'être en ordre pour le maintien de la licence professionnelle et le respect des règles du fair play financier. Mais c'est évidemment loin d'être suffisant. Un plan de sauvetage financier de grande envergure est d'ailleurs en cours. Selon De Tijd, l'idée est d'effacer la dette envers l'actionnaire principal Marc Coucke et de procéder à une nouvelle augmentation de capital. Mais la discussion est bloquée parce que les actionnaires minoritaires veulent continuer à avoir leur mot à dire dans les décisions stratégiques du club.

Et puis, il faudra tenir compte de la crise sanitaire qui se prolonge. Les clubs sont à l'os. D'après une étude de la Pro League datant de la mi-novembre, ils ont perdu la moitié de leurs revenus. Malgré quelques assouplissements (chômage temporaire, report du paiement de cotisations de sécurité sociale, crédits bancaires refinancés) et des économies à tous les étages, en particulier sur l'enveloppe de transferts entrants, le club indique dans son rapport de gestion qu'il est impossible d'émettre un pronostic sur ses résultats futurs tant que la crise perdurera.

116,7 millions
d'euros
En trois ans, la dette d'Anderlecht a gonflé de plus de 33 millions à 116,7 millions d'euros.

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