Publicité
Publicité
analyse

Le skate s'envole aux Jeux, les équipementiers jubilent

Le Belge Axel Cruysberghs a terminé 13e de la compétition street. ©AFP

Le skateboard a fait ses débuts aux Jeux de Tokyo. Les puristes sont contre, le jeune public en redemande. Les marques, elles, se frottent les mains. Le succès est tel que l'offre de matériel pourrait manquer.

Avec deux runs de 45 secondes pour épater le jury, il ne fallait pas se rater. Pour la Belgique, ce sera finalement une onze et une treizième place. Pour la première fois en skate au JO, nos deux représentants ont dû se contenter du ventre mou du classement dans la catégorie street. Probablement un peu décevant, surtout pour Axel Cruysberghs, mais la performance reste louable face aux géants de la discipline.

Puristes conservateurs

La nouvelle compétition a sans doute fait tiquer les plus conservateurs, plus à l'aise avec les spikes et les bonnets de bain que les pantalons larges, casquettes à l'envers et airpods vissés dans les oreilles. Ils ne sont pas les seuls à avoir froncé les sourcils. Car dans le monde du skateboard aussi, l'entrée du sport urbain par excellence dans le programme n'a pas fait que des heureux. "On le remarque surtout chez certains puristes, surtout les plus de 25 ans qui ont encore un peu la vision punk du skate. Il y avait une vraie réticence", confirme Jonathan Scorier, le patron de la chaine de magasin de skateboard Stoemp. "Mais le plus jeune public ne partage pas cette vision et on sent, à l'inverse, un vrai intérêt des jeunes qui sont ravis de voir le skate mis en lumière", continue le patron.

"Le skate pro qui porte toute la discipline ne vit que par les marques."
Jonathan Scorier
Patron de la chaine Stoemp

Attirer les jeunes, c'était justement l'ambition du COIB. Mais le public n'est évidemment pas le seul à apprécier le choix du comité olympique. Les marques se frottent forcément aussi les mains. "Aujourd'hui, tous les skaters hommes sont professionnels. Ils sont tous payés via leur marque. Sans elles, il n'y a donc pas de skate pro", explique Jonathan Scorier qui souligne la situation contradictoire. "Il y a un gros paradoxe chez les puristes. Ils sont contre le skate aux JO car cela ne collerait pas avec la culture. Mais dans les faits, le skate pro qui porte toute la discipline ne vit que par les marques", explique le patron. L'influence est telle qu'un transfert gagnant d'un pro d'une marque à l'autre peut avoir de grosses influences sur les ventes. "Dans le milieu, quand un skateur change de sponsors, cela amène toujours son lot de discussions."

Nike et Adidas sur le coup

Le géant indétrônable se nomme Vans, référence historique. Mais depuis quelques années, le marché a vu arriver de nouveaux acteurs, intéressés par la manne financière. Les plus célèbres se nomment Nike et Adidas. Même si elles ne développent pas de boards et se limitent aux vêtements et chaussures, elles sont devenues des incontournables. "Elles ont toutes les deux développé leurs marques SB qui sont aujourd'hui bien installées. On constate dans nos ventes qu'Adidas est même désormais deuxième, derrière Vans. Leurs produits sont très corrects, surtout chez Adidas qui fait un vrai effort en adaptant ses chaussures à la pratique du skate. Ils travaillent sur la colle utilisée pour les semelles, les renforcements et les coutures aux endroits nécessaires...", explique encore le responsable.

"Soudainement alors que c'était toujours compliqué de faire aboutir un projet on a vu fleurir des skateparks un peu partout en Belgique."
Jonathan Scorier
Patron de la chaine Stoemp

Et quitte à déplaire au puriste, l'arrivée du skateboard aux Jeux a aussi permis de faire progresser le sport. "Le skate fonctionne par vague avec des périodes de mode puis des passages à vide. Il y a eu un nouvel engouement depuis l'annonce de l'arrivée du skateboard aux Jeux. Cela s'explique aussi par l'émergence d'artistes, comme Lomepal, qui sont aussi des skateurs. Mais soudainement, alors que c'était toujours compliqué de faire aboutir un projet, on a vu fleurir des skateparks un peu partout en Belgique", explique Jonathan Scorier. L'engouement est tel que l'offre ne parvient plus à suivre. "La matière qui sert dans la composition est des roues commencent à manquer. On nous annonce des pénuries dans quelques mois", avance le patron de Stoemp.

Le résumé

  • Le skateboard a fait ses débuts aux JO de Tokyo.
  • L'arrivée du sport urbain n'a pas fait que des heureux.
  • Le jeune public et les marques se frottent toutefois les mains.
  • L'engouement a notamment permis de développer la pratique du sport en Belgique.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés