Le tragique destin de la dynastie Bianchi

Jules Bianchi, un garçon attachant. ©AFP

Le pilote de Formule 1 Jules Bianchi, dans le coma depuis le 5 octobre 2014, est décédé la nuit dernière à Nice. Un nouveau coup du destin pour une famille déjà durement frappée et qui a pourtant porté très haut les couleurs belges en sport automobile.

Faut-il parler d’une malédiction Bianchi ? Le décès de Jules Bianchi, vendredi soir dans un hôpital de Nice, à l'âge de 25 ans, s’inscrit dans une histoire familiale marquée par la tragédie.

Le pilote français était dans un coma profond depuis son terrible accident au Grand Prix du Japon le 5 octobre dernier, lorsque sa Marussia s’était encastrée sous un tracteur en train de dépanner une voiture ayant abandonné. Ce n’était que sa troisième saison en Formule 1, mais en tant que pilote d’essai chez Ferrari, il était destiné à une belle carrière. Jusqu’à ce funeste jour d'automne sous le crachin de Suzuka…

Lucien Bianchi

Une lignée fameuse

Bianchi, c’est une lignée fameuse dans le sport automobile. On peut dire que Jules Bianchi est tombé dans le sport automobile lorsqu’il était petit, puisque son grand-père Mauro Bianchi et son grand-oncle Lucien Bianchi ont mené des carrières au plus haut niveau dans les années 60. Pour l’un comme pour l’autre hélas, le destin ne les a pas épargné.

Tout a commencé en 1950 lorsque Luciano Bianchi quitte sa ville de Milan pour accompagner en tant que mécanicien de course le champion belge Johnny Claes. Ses deux fils, Lucien et Mauro, ont donc très tôt goûté aux odeurs d’huile et de gomme dans les stands. Avec l’appui de Claes, les deux frères font leurs premières armes en rallye et sur circuit au sein de l’Equipe nationale belge, une écurie aujourd’hui disparue. Parallèlement, ils s’occupent du garage familial, situé à Bruxelles.

La voiture en feu de Mauro Bianchi au Mans en 1968

Lucien est le plus doué : il collectionne les victoires dans les épreuves les plus diverses. Son grand fait d’arme, c’est bien sûr sa victoire aux 24 heures du Mans 1968, sur une Ford GT40, avec le Mexicain Pedro Rodriguez. Bianchi n'était que réserviste : il remplaçait Jacky Ickx qui s’était fracturé la jambe au Grand Prix du Canada. La même année, Lucien monte sur le podium du Grand Prix de Monaco, son meilleur résultat en Formule 1.

Quant à Mauro, il pilote généralement de plus petites cylindrées. Il est plus souvent les mains dans le cambouis que derrière un volant. Ses dons de mécanicien de course ont permis à bien des pilotes belges de s’imposer au volant de voitures alignées par l’Equipe nationale belge.

Deux accidents en moins d'un an

La victoire de Lucien au Mans a un goût amer, car son frère Mauro a été victime d’un très grave accident en début de course. Il s’échappe d’extrême justesse de son Alpine en flammes, mais sa convalescence sera longue et il ne reprendra plus le volant. Lucien, lui, se tue moins d’un an plus tard, en avril 1969, lors des essais préliminaires des 24 heures du Mans au volant d’un prototype 3 litres Alfa Romeo. Les causes de l’accident, qui s’est produit en pleine ligne droite des Hunaudières, n’ont jamais pu être établies. Mais l’erreur de pilotage, à cet endroit du circuit, est hautement improbable. La Belgique perd ainsi en quelques mois deux de ses meilleurs ambassadeurs au plus haut niveau du sport automobile.

Pour tous ceux qui ont lu les albums de Michel Vaillant connaissent forcément la saga des Bianchi. Dans "Le 13 est au départ", Michel Vaillant se rend dans le garage à Bruxelles pour y discuter avec Lucien de son incorporation dans l’équipe Vaillante pour les 24 heures du Mans 1961. Quant à Mauro, il découvre le Far West, invité dans le ranch de Steve Warson, dans l’album "La trahison de Steve Warson".

Lucien Bianchi obtiendra la naturalisation belge, tandis que Mauro, bien qu’il ait fait toute sa carrière sous licence belge, sera naturalisé français. C’est pourquoi Jules est considéré comme un pilote hexagonal.

La marque de fabrique des Bianchi, que ce soit Jules ou ses deux prestigieux aïeuls, c’est une extrême gentillesse et une modestie jamais prise en défaut. Le sport automobile perd un de ses représentants les plus attachants.

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