Le virus a raboté de moitié les revenus des clubs de Pro League

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La Pro League s’est penchée sur les dernières déclarations TVA des clubs de D1. Les revenus entre mars et septembre sont 275 millions d’euros inférieurs à ceux de la même période en 2019.

La pandémie fait mal au monde du football. L’arrêt du championnat puis les matchs à huis clos ont sérieusement impacté les finances des clubs ces derniers mois. Jusqu’ici, il était toutefois difficile de dresser un bilan chiffré de l’étendue des dégâts. C’est désormais chose faite. La Pro League a analysé les conséquences de la pandémie sur les revenus des différents clubs, en se penchant sur les déclarations TVA de mars à septembre.

Le constat attendu est bien au rendez-vous. Par rapport à la même période en 2019, les clubs enregistrent des baisses de revenus de 50%. "Cette diminution est due à la perte presque complète des revenus liés aux jours de match (en particulier le ticketing, l’hospitality et le catering), à la baisse des revenus liés au sponsoring et à la paralysie constatée sur le marché des transferts sortants", détaille la Pro League. En chiffre, cela donne une perte de 275 millions d’euros.

Privilégié, le foot?

En parallèle, bien qu’une part des coûts ait également été revue à la baisse, une bonne partie des frais fixes comme les salaires et l’entretien des infrastructures n’ont, eux, pas bougé. De quoi inquiéter Pierre François, le CEO de la Pro League. "Comme nous pouvons encore jouer, certains observateurs peuvent considérer que nous sommes privilégiés. Nous avons effectivement pu garder les droits télévisés, qui sont l’un de nos piliers. Mais nous devons nous passer de tous les autres revenus. Il n’est que probable que des clubs se trouvent en difficulté", avance le patron.

"Il arrivera peut-être un moment où nous ne pourrons plus nous cacher la gravité de la situation."
Pierre François
CEO de la Pro League

Histoire de noircir encore un peu plus le tableau, la Pro League rappelle également l’importance des revenus indirects issus du football. "Le National Accounting Matrix du Bureau fédéral du Plan a montré que pour 100 euros de revenus générés par le football professionnel, un total de 246 euros est engendré par la production directe (100 euros), indirecte (97 euros) et induite (49 euros)", explique la Pro League.

Une aide publique envisagée

Afin de traverser cette mauvaise passe, des mesures ont déjà été prises, notamment un assouplissement des règles du fair-play financier. "Nous avons autorisé les actionnaires à apporter du capital afin de renflouer les caisses. Sans leur appui, nous aurions de véritables accidents financiers", explique le CEO.  Au point de devoir se tourner vers des aides publiques ? "C’est une option sur la table. Cela se fait dans d’autres pays, en France et en Suisse notamment.  Nous n’y sommes pas encore mais il arrivera peut-être un moment où nous ne pourrons plus nous cacher la gravité de la situation", conclut Pierre François.

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