Les agents de joueurs représentent plus de 10% du chiffre d'affaires des clubs

©BELGA

Selon une étude de Deloitte, l'impact économique du football professionnel belge s'élève à 943 millions d'euros. Les agents de joueurs y jouent un rôle considérable

La Pro League, qui regroupe les 24 clubs professionnels de football, publie ce jeudi la deuxième édition de son étude sur son impact sur l’économie belge. Réalisée par le consultant Deloitte, ce rapport, qui porte sur les données de la saison 2017-2018, tombe à pic. D’abord parce qu’il permet d’effectuer, pour la première fois, une comparaison avec l’exercice précédent. Ensuite, parce qu’il survient alors que le football belge a connu une saison difficile gangrenée par le scandale du "footballgate" qui s’est déclenché l’automne dernier. Celui-ci a mis en avant des faits de falsification de matchs et l’influence pas toujours très nette des agents de joueurs.

Des agents qui pèsent lourd

Un des principaux enseignements de l’étude révèle, précisément, le poids financiers de ces agents. En 2017-2018, ils ont empoché 37 millions d’euros de commission: 22,4 millions via les transferts et 14,6 millions via la médiation (notamment la renégociation du renouvellement des contrats). Cet argent est généré par une infime minorité d’agents: sur les 245 agents actifs en Belgique, le top cinq a touché en moyenne 2,6 millions chacun!

37
millions d'euros
En 2017-2018, les agents ont empoché 37 millions d’euros de commission soit 11% du chiffre d'affaires des clubs. Les 5 agents les mieux rémunérés ont perçu, en moyenne, 2,6 millions d'euros chacun.

Ce montant ne représente pas moins de 11% du chiffre d’affaires des 24 clubs professionnels. Si on ajoute au chiffre d'affaires les revenus exceptionnels générés par les transferts sortants, soit 73,3 millions, cela représente plus de 9% de leurs revenus. "C’est considérable", observe Pierre François, CEO de la Pro League. Aussi cette dernière présentera vendredi à l’AG des clubs un projet de règlement déjà adopté par son conseil d’administration, visant à réguler le travail des agents.

Bientôt, ces agents ne pourront plus être rémunérés que par les joueurs. Ils ne pourront l’être par les clubs que pour la vente de joueurs excédentaires. Dans un premier temps une "clearing house" où seront collationnés les commissions d’agents sera mise sur pied.

Impact socio-économique croissant

En attendant ces agents font partie intégrante de l’économie du football belge. En 2017-2018, l’impact socio-économique du foot professionnel s’est élevé à 943 millions d’euros contre 935 un an plus tôt. Pour arriver à ce montant, Deloitte a additionné les 321 millions de chiffre d’affaires des 24 clubs de Pro League, en hausse de 2,5% (recettes aux guichets, loges et business seats, droits télévisés, sponsoring, publicité, merchandising, recettes de catering, primes de l’UEFA en Coupe d’Europe), auquel il a ajouté les plus-values sur transferts (qui ont, en revanche, chuté de 97,1 à 73,3 millions) et les revenus propres de la Pro League. L’ensemble constitue l’impact direct du foot professionnel belge, soit 529 millions.

"Les clubs doivent plus que jamais miser sur la formation des jeunes talents en interne pour garder l’équilibre"
Pierre François
CEO de la Pro League

A cela s’ajoutent 263 millions d’impact indirect via les fournisseurs - transport, logistique, Horeca, constructeurs d’infrastructures sportives, etc. - et 151 millions d’impact induit, c’est à dire l’argent injecté dans l’économie par les secteurs cités ci-dessus.

Chiffre d'affaires et emploi en hausse

"Malgré la nette baisse des plus-values sur transferts et des primes de l’UEFA due à de mauvais résultats en Coupe d’Europe, l’impact socio-économique est en hausse d’un petit pourcent, note Sam Sluismans, partner chez Deloitte, cela s’explique par le fait que le chiffre d’affaires des clubs a augmenté grâce à la hausse des recettes commerciales, des droits télés et des ventes de billets." 2017-2018 était en effet la première sous l’égide du contrat télé actuel tandis que, du côté des stades, l’assistance moyenne a franchi le cap des 10.000 spectateurs par match.

"N’oublions pas non plus que l’emploi dans les clubs a augmenté de 15% à plus de 3.700 postes, ce qui contribue là aussi à l’impact économique", ajoute Sam Sluismans. L’étude montre ainsi que le football professionnel a contribué, en 2017-2018, à hauteur de 77 millions d’euros aux finances publiques sous forme d’impôts, précompte professionnel, cotisations sociales (contre 63 millions un an plus tôt) et de 112 millions via la TVA (95 millions en 2016-2017).

Valeur ajoutée en baisse

Pierre François, le CEO de la Pro League. ©Photo News

En revanche, la valeur ajoutée du football belge passe de 669 millions à 615 millions, soit une baisse de 9% que Deloitte explique surtout par le recul des revenus des transferts. Les clubs belges ont réalisé moins de grosses transactions que pendant l’exercice précédent (marqué par les 25 millions empochés par Anderlecht suite à la vente de Youri Tielemans à Monaco).

"Il est de plus en plus difficile pour nos clubs d’attirer des joueurs étrangers prometteurs issus de championnats plus modestes et d’effectuer une plus-value à la revente parce que ces joueurs sont de plus en plus vite repérés par les grands clubs, observe Pierre François, nos clubs doivent donc plus que jamais miser sur la formation des jeunes talents en interne pour garder l’équilibre." Cet enjeu est fondamental. Selon Deloitte, seulement 7 des 24 clubs pros sont bénéficiaires. Si on enlève les plus-values sur transferts ils ne sont plus que deux.

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