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Les comptes du foot pro toujours aussi problématiques

La part du budget des clubs dédiée au paiement des salaires est toujours problématique. ©Photo News

Selon le dernier rapport de Deloitte, les pertes des clubs de football professionnels sont toujours en forte baisse malgré une amélioration liée des effets conjoncturels.

Une semaine après le sacre du Club de Bruges, le football belge fait le point. Comme elle en a désormais pris l'habitude, la Pro League est revenue en collaboration avec le consultant Deloitte sur le bilan financier de la saison précédente (2019-2020).  L'année dernière, le rapport avait particulièrement piqué les yeux, avec des pertes records qui grimpaient à plus de 91 millions d'euros.

Avec une saison partiellement entravée par le covid, il y avait de quoi s'inquiéter. Au final, le bilan est de meilleure facture. Une situation qui s'explique notamment par l'impact relatif de la pandémie, arrivé en deuxième partie de saison. Certes, les revenus issus de la vente dans le stade ont été affectés, mais ceux issus du ticketing n'ont, par exemple, diminué que de 6%, la plupart des abonnements étant achetés en début de saison.

En fin de compte, toutefois, le bilan reste bien dans le rouge avec une perte totale de 54 millions d'euros pour l'ensemble des clubs professionnels. Un club de plus est néanmoins sorti bénéficiaire de l'exercice. Ils sont six à avoir déposé des résultats dans le vert à la Banque Nationale. Pas vraiment de quoi lever les bras en l'air. D'autant plus lorsqu'on le jette un œil sur les raisons de l'amélioration. 

Les transferts font la différence

La première concerne la balance des transferts, qui fut pour 2019-2020 largement favorable. Alors qu'en 2019, elle avait permis de dégager 22,4 millions d'euros, la balance grimpe cette fois à plus de 109,2 millions d'euros.

Le football belge a également pu compter sur ses bons résultats lors des compétitions européennes pour faire rentrer davantage d'argent dans les caisses. Le parcours européen des clubs belges a lui rapporté 79,3 millions d'euros, contre seulement 63,6 l'année précédente.

"Les clubs de D1B consacrent 84,5% de leurs revenus aux salaires."
Sam Sluismans
Responsable de l'étude chez Deloitte

Une bonne nouvelle pour la saison écoulée, mais qui ne permet donc pas vraiment de se réjouir, ces deux sources de revenus étant très conjoncturelles. " On sait d'ailleurs déjà que pour 2020, les revenus des transferts seront moins importants de même que ceux issus des résultats lors des compétitions européennes", souligne Pierre François, le CEO de la Pro League.

À l'inverse, les points d'attention déjà soulevés l'année dernière n'ont visiblement pas vraiment évolué dans le bon sens. La part du budget des clubs dédiée au paiement des salaires est toujours problématique. "Aujourd'hui, nous sommes à 61,2% en moyenne."

C'est particulièrement visible pour les clubs de D1B qui consacrent 84,5% de leurs revenus aux salaires. "Dans l'idéal, cette charge devrait se situer plutôt autour des 50% des revenus", détaille Sam Sluismans, en charge de l'étude chez Deloitte. Autre source de dépenses particulièrement importante, les frais issus des commissions des agents qui sont également toujours en hausse et s'élevaient en 2019-2020 à 46,6 millions d'euros.

Repenser la D1B

Pierre François ne désespère pas pour autant de voir un jour le football belge redresser durablement la barre. "On espère déjà voir la différence du côté des frais de commission des agents avec la réforme entrée en vigueur en juillet 2020. Certains transferts signés ne seront pas encore concernés, mais on peut s'attendre à voir une différence."

"Nous sommes en pleine réflexion sur la manière d'organiser la D1B. L'ambition était d'en faire un championnat pour permettre aux jeunes joueurs de se développer."
Pierre François
CEO de la Pro League

Du côté des politiques salariales, Pierre François espère également voir les choses enfin bouger. "Nous sommes en pleine réflexion sur la manière d'organiser la D1B. L'ambition était d'en faire un championnat pour permettre aux jeunes joueurs de se développer, entourés de footballeurs expérimentés, en fin de carrière. Ce n'est pas le cas pour le moment".

L'évolution pourrait notamment passer par l'intégration d’équipes U23 supplémentaires au sein du championnat. "En s'appuyant sur les jeunes, les transferts entrants onéreux devraient baisser et les jeunes pourront mieux se développer, ce qui leur fera aussi prendre de la valeur sur le marché des transferts", détaille encore le patron de la Pro League.

La grande interrogation restera néanmoins de mesurer l'ampleur de la saison covid dont les conséquences seront bien plus lourdes que pour l'année 2019-2020. "L'effet pourrait d'ailleurs s'étendre au-delà puisque plusieurs clubs ont reporté des abonnements et négocier avec des sponsors des conditions spécifiques", explique encore Sam Sluismans.

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