Les enchères montent pour le contrôle d'Anderlecht

Président du Sporting depuis 1996, Roger Vanden Stock semble prêt à passer la main. ©BELGA

La vente du RSCAnderlecht se dessine. Deux offres sont sur la table pour la reprise du club de foot le plus titré du pays. Elles valorisent le Sporting entre 75 et 100 millions d’euros. Selon nos informations, deux autres dossiers pourraient atterrir sur la table du conseil d’administration.

Le Sporting d’Anderlecht est-il en passe de changer de mains? D’après Het Laatste Nieuws, deux offres sont parvenues sur la table du président Roger Vanden Stock. Toutes deux portent sur environ 75 millions d’euros, certaines sources évoquant plutôt 100 millions. L’une émane du duo Paul Gheysens (patron du promoteur immobilier Ghelamco)-Wouter Vandenhaute, qui détient 10% du holding DVM (les chaînes de télé Vier et Vijf, le producteur Woestijnvis). La deuxième émane du milliardaire russe Alisher Usmanov, magnat des mines et des télécoms.

Anderlecht ne commente pas mais ne dément pas non plus. Selon des sources proches du club, l’information est correcte. A cette nuance près que les deux offres portent sur la totalité des parts et écartent donc le scénario selon lequel Roger Vanden Stock et sa famille garderaient une minorité de blocage de 25%.

Besix en embuscade?

Reste à savoir pourquoi l’info est sortie subitement ce week-end. "Il semble clair que la fuite vient du club afin de faire sortir les protagonistes du bois, voire de faire monter les enchères", estime un proche du Sporting. "Il n’y a que deux offres pour le moment mais si d’autres candidats se manifestent, c’est évidemment parfait", sourit de son côté un administrateur.

Et de fait, selon nos informations, deux autres offres sont actuellement en préparation: l’une est belge et l’autre étrangère. Ni l’une ni l’autre ne sont à ce stade formalisées. "Mais cela pourrait aller très vite", expliqueà L’Echo l’un des porteurs de cette éventuelle offre étrangère. Quant à la nouvelle offre belge, elle devrait, elle, être dégainée par un historique du RSCA… Tous les regards se portent vers Johan Beerlandt, ex-patron de Besix. L’homme est un grand fan du club du stade Constant Vanden Stock. Il en possède 5% des parts et aime recevoir ses relations d’affaires dans la loge de Besix. A ce stade, ce dernier se refuse à confirmer ou à infirmer. Mais la perspective de voir Paul Gheysens, qui lui a damé le pion dans le dossier du stade national, venir s’asseoir dans le fauteuil présidentiel mauve ne devrait pas vraiment lui faire plaisir. Il verrait ce nouveau casus belli comme un double crime de lèse-majesté, tant dans le chef de Paul Gheysens que dans celui de son vieil ami Roger.

Une vieille histoire

Ceci précisé, cela fait longtemps que circule le scénario d’un retrait total ou partiel des Vanden Stock. "Roger a l’âge qu’il a, 75 ans, il veut souffler et ses filles ne veulent pas reprendre le club, explique un proche du Sporting, quant à son cousin, Philippe Collin, également actionnaire, il a connu d’importants ennuis de santé il y a quelques mois, lui aussi est fatigué." Selon nos informations, un pacte lie les actionnaires. Il prévoit que si le président s’en va, les autres suivront.

Le mois dernier, le Moniteur nous apprenait par ailleurs que les statuts du club avaient été modifiés afin de permettre une meilleure liquidité des titres, que la période d’incessibilité des actions était venue à terme et qu’il avait été décidé, dans un but d’équité entre actionnaires, de valoriser dans le futur les actions à leur valeur économique plutôt qu’à leur valeur comptable, les résultats financiers du club étant positifs. "Ceci aura pour effet de faciliter la liquidité des actions de la société", pouvait-on lire. Nous y sommes donc.

Les deux offres sont reçues de diverses façons. La première a l’avantage d’être belgo-belge. Sur le papier, elle est portée par Paul Gheysens, Wouter Vandenhaute, grand fan du Sporting, n’ayant pas les moyens pour mener l’opération en solo. Il négocie d’ailleurs avec Telenet et Mediahus sa sortie de DVM afin d’accomplir son rêve de jouer un rôle en vue à Anderlecht.

Le stade en question

Le problème, c’est que Paul Gheysens est entré récemment au capital de l’Antwerp. Or un même actionnaire ne peut contrôler plusieurs clubs de Jupiler Pro League. Paul Gheysens devrait donc vendre ses parts dans l’Antwerp.

Autre problème: les relations entre Ghelamco et Anderlecht ne sont pas au beau fixe. Le Sporting est censé occuper le futur stade national que construira Ghelamco. Mais il refuse de payer le loyer annuel (9 millions d’euros) exigé. Il a aussi demandé des modifications aux plans initiaux. Les choses traînent. Si l’entrepreneur yprois devait prendre le contrôle d’Anderlecht, cela pourrait-il résoudre le problème? "Pas sûr, répond une source; Ghelamco n’a toujours pas ses permis de bâtir. Prendra-t-il le risque d’acheter Anderlecht alors qu’il n’est pas certain de pouvoir construire le stade?" Peut-être justement est-ce une alternative: si le stade national ne se fait pas, Ghelamco redévelopperait celui d’Anderlecht au Parc Astrid.

Quant au milliardaire russe, dont la fortune est estimée à plus de 15 milliards de dollars, il est déjà actionnaire à hauteur de 30% du club londonien d’Arsenal. Une de ses porte-parole a indiqué qu’aucune décision n’avait encore été prise. A ceux qui se méfient des oligarques, un administrateur mauve et blanc répond ceci: "Il faut un projet crédible pour le futur du club. La nationalité du futur acquéreur entre peu en ligne de compte par rapport à la solidité du projet. Quand on voit ce que Roman Abramovitch a apporté comme projet pour Chelsea, c’est plutôt bénéfique." Et d’ajouter: "Les offres vont être analysées de manière approfondie. Il n’y a pas que l’argent qui compte: Anderlecht est un club qui a un héritage, c’est une institution avec une tradition."

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