Les frères Borlée attaquent la ligue francophone d'athlétisme en justice

Dylan Borlée, Kevin Borlée, Jonathan Sacoor et Robin Vanderbemden à la finale du relai 4 x 400m des championnats du monde d'athlétisme à Doha, en 2019. ©Photo News

Réclamant des primes de course, les frères Borlée ont intenté une action en justice contre la Ligue belge francophone d'athlétisme qu'ils ont quittée en décembre.

Après avoir quitté les rangs de la Ligue belge francophone d'athlétisme (LBFA) en décembre, Kevin, Dylan et Jonathan Borlée sont passés à la vitesse supérieure. Défendus par l'avocat Jacquelin d'Oultremont (MCW), ils ont décidé d'attaquer la ligue en justice.

L'affaire, introduite jeudi matin devant le tribunal de l'entreprise francophone de Bruxelles, porte sur des primes non payées par la ligue francophone aux athlètes. Cette histoire pourrissait depuis des années les relations entre Jacques Borlée, père et entraîneur de Kevin, Dylan et Jonathan, et la LBFA.

84.000
euros
Le montant total des primes réclamées par les frères Borlée à la Ligue belge francophone d'Athlétisme.

Primes versées par World Athletics

Au moment de l'annonce du passage de l'équipe entraînée par Jacques Borlée des rangs de la ligue francophone à la ligue flamande, nos confrères du quotidien Le Soir écrivaient que ce changement s'expliquait, en grande partie, par ce conflit larvé portant sur le non-paiement de primes gagnées lors de courses entre 2015 et 2019. D'après nos confrères, les montants en jeu s'élèvent à 84.000 euros.

En réalité, lorsque des courses sont gagnées par des athlètes belges, des primes sont versées par World Athletics, la fédération internationale, nous a expliqué Jacquelin d'Oultremont, l'avocat des trois frères Borlée. S'il s'agit de courses individuelles, les primes sont versées directement aux athlètes, mais s'il s'agit de courses par équipe, les primes sont alors versées aux ligues nationales. À charge de ces dernières de les reverser à des ligues régionales quand il y en a, comme c'est le cas en Belgique.

Les Borlée, des employés comme les autres?

Quand les frères Borlée se classent dans un relais 4 x 400 mètres, par exemple, World Athletics verse des primes à la Ligue royale belge d'athlétsime (LRBA) qui, ensuite, les reverse soit à la Ligue belge francophone d'athlétisme (LBFA) ou à la Vlaamse atletiek liga (VAL). C'est là que le bât blesse. Depuis des années, les frères Borlée sont en conflit avec la LBFA, qui ne leur a pas versé une série de primes pour des courses gagnées entre 2015 et 2019.

"La Vlaamse Atletiek Liga, qui a également des athlètes sous contrat de travail, ne retient pas de cotisations sociales sur les primes."
Jacquelin d'Oultremont
Avocat des frères Borlée

Dans un premier temps, il semble que la LBFA a considéré que les frères Borlée étaient des employés comme les autres. Évoluant sous statut de travailleurs salariés de la ligue, celle-ci estimait que gagner des courses faisait partie du job des Borlée, et qu'ils étaient payés pour cela. À partir de ce moment-là, la LBFA a estimé qu'elle pouvait gérer ces primes comme elle l'entendait.

Cotisations sociales

Au fur et à mesure, un nouvel argument est venu se greffer à cette position. Si la LBFA ne versait pas les primes en question, laissait-elle entendre, c'est parce qu'elle ne savait pas que ces primes devaient être soumises au régime de cotisation sociale des travailleurs salariés.

"La Vlaamse Atletiek Liga, qui a également des athlètes sous contrat de travail, ne retient pas de cotisations sociales sur les primes", nous a expliqué l'avocat des frères Borlée, avant de préciser que jusqu'à l'année 2015, la LBFA reversait les primes aux athlètes sans discuter.

"Depuis 2015, il y a un changement d'attitude de la LBFA qui ne s'explique pas."
Jacquelin d'Oultremont
Avocat des frères Borlée

Le débat qui devrait se jouer dans quelques mois devant le tribunal de l'entreprise pourrait avoir des conséquences importantes pour les compétitions internationales. Si la LBFA obtient gain de cause, "cela reviendrait à dire que toutes les primes seraient soumises au régime de l'ONSS, et la Fédération Wallonie-Bruxelles se retrouverait face à un problème de taille", a conclu l'avocat.

Personne ne semblait joignable, à la ligue, pour répondre à nos questions.

Le résumé

  • Dans le courant du mois de décembre, les frères Borlée, entraînés par leur père, quittaient la Ligue belge francophone d'athlétisme pour rejoindre la ligue flamande.
  • Une histoire de primes de courses non payées pourrissait les relations entre les Borlée et la Ligue.
  • Les frères intentent une action en justice pour se faire payer ces primes.

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