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Manchester City relaxé, un sérieux camouflet

Dans le football, les clubs les plus riches risquent de devenir plus riches encore...

Bien entendu, ceci n’est que du football… Mais c’est aussi du football-business et des centaines de millions d’euros qui sont en jeu.

C’est un sérieux camouflet que vient de subir l’Union européenne de football, l’UEFA, et son fameux fair-play financier. Manchester City, une des équipes les plus puissantes et les plus riches du continent européen, a échappé à une exclusion en bonne et due forme de la Ligue des champions pour les deux prochaines saisons. Pas de suspension donc. Et au final une amende initiale de 30 millions d’euros ramenée à 10 millions d’euros seulement. Une somme insignifiante pour un tel club, à peine un douzième de la valeur de sa star belge, Kevin De Bruyne.

Dénoncé par les Football Leaks, le club anglais avait été accusé d'avoir surévalué ses revenus publicitaires portant sur la période 2012-2016 et de ne pas avoir respecté les règles de fair-play financier qui encadrent les comptes financiers des clubs depuis 2010 pour éviter qu’ils ne dépensent plus que ce qu’ils ne gagnent.

Le Tribunal arbitral du sport (TAS) en a décidé autrement et jugé que Manchester City n'avait pas déguisé ses contrats de sponsoring. Soit. De son côté, l’UEFA prend simplement note et dit rester attachée aux règles de fair-play financier. Soit.

Les règles du fair-play financier n’ont nullement empêché la Champions League de ressembler de plus en plus à un petit club très fermé.

Depuis son rachat en 2008 par l’Abu Dhabi United Group, le club si cher à Vincent Kompany est entré dans une nouvelle dimension, rejoignant des géants comme Barcelone, le Real Madrid ou le Bayern. Une chose est sûre, les règles du fair-play financier n’ont nullement empêché la Champions League de ressembler de plus en plus à un petit club très fermé où les riches deviennent toujours plus riches. Une situation dénoncée par l’économiste Geert Noels qui effectue le parallèle avec le monde économique où les grandes sociétés tendent à écraser de leur poids les PME. Ou à rapidement racheter les meilleures d’entre elles...

Une solution pour éviter de telles dérives serait de s’inspirer de certaines règles du basket américain qui visent à rééquilibrer les rapports entre les grands et les petits clubs. C'est une piste parmi d'autres. En tout cas, l'UEFA serait bien avisée de revoir certaines modalités de son fair-play financier afin d'éviter tout nouveau camouflet de la sorte à l'avenir.

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