interview

Marc Coucke: "Le potentiel de croissance des revenus est énorme"

©Jonas Lampens

Installé dans une loge du stade Constant Vanden Stock, un Coca en main, Marc Coucke explique sa nouvelle vie de président d’Anderlecht.

Quand il reprend une entreprise, un nouvel actionnaire y injecte souvent de l’argent. Allez-vous le faire à Anderlecht?

Par principe, non. Car je pense que quand on perd chaque année 10 millions, faire une augmentation de capital de 10 millions ne résout rien et le problème se repose l’année d’après. Ce n’est donc pas nécessaire car je suis confiant d’atteindre le break-even opérationnel dès la saison prochaine. J’ai autour de moi une équipe fantastique et le retour des sponsors est extraordinaire. 80% de ce que j’ai annoncé est en route alors que des décisions déjà prises ne produiront leur impact qu’en 2019-2020, je pense à certains contrats avec des fournisseurs. Cela peut faire quelques millions de différence.

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Des clubs de la même envergure qu’Anderlecht génèrent bien plus de chiffre d’affaires que lui (45 millions d’euros, NDLR). Le Sporting doit pouvoir faire aussi bien, non?

Si on le compare à des clubs comme Benfica, Porto, l’Ajax, Bâle ou Salzbourg, c’est évidemment insuffisant. Or, le potentiel de revenus est énorme. Il n’y pas de raison que le top 3 belge ne puisse pas faire aussi bien que le trop 3 portugais. Le PIB est bien plus élevé, l’économie est en meilleure santé, l’intérêt pour le football y est aussi grand. Quand je suis arrivé il y avait un plan à 5 ans pour la croissance des revenus. J’ai dit très bien, mais ce plan, il faut le réaliser en trois mois. Je crois qu’on générera dès la saison prochaine plus de revenus en sponsoring que prévu par ce plan. Prenez, par exemple, le cas de l’arrivée de Christophe Hardiquest au restaurant Saint Guidon, cela va doper le nombre de couverts et de revenus à chaque match.

Que manquait-il sous l’ancienne direction pour générer plus de revenus?

La vision, le leadership. Avant, on pouvait avoir une perte opérationnelle en se disant que la vente de joueurs et la participation à la Ligue des Champions permettraient de combler le déficit. Aujourd’hui, nous sommes repartis d’une feuille blanche et nous avons fait passer le message à nos sponsors que ce temps-là était terminé.

À Ostende vous avez créé un business club pour les sponsors. N’est-ce pas ce qui manque à Anderlecht?

Absolument. À Ostende, je crois qu’on a fait le plus grand business club de PME de Belgique. Nous allons faire de même à Anderlecht. Il y aura deux business clubs. On va élargir la tribune d’honneur pour avoir un business club des grandes sociétés avec de plus grands salons, alors que dans la tribune d’en face nous allons créer un business club dédié aux PME avec accès direct aux gradins ainsi que des salles pour se rencontrer.

Qu’en est-il du fameux dossier du stade?

Notre position n’a pas changé. Il y a trois scénarios: mettre un troisième anneau à notre stade actuel, nous installer ailleurs dans la commune, comme à Neerpede, ou dans une autre commune bruxelloise. Je ne privilégie aucune piste et n’en écarte aucune. Quand on sait que 1,2 million de Belges se disent intéressés par Anderlecht, loin devant les autres clubs, il y a clairement du potentiel pour un stade de 35.000 places, contre 21.000 aujourd’hui. Cela dit, avec les investissements que nous allons y faire, le club peut encore grandir dans le stade actuel pendant plusieurs années.

©Jonas Lampens

À côté de ces aménagements, n’y a-t-il pas d’autres sources de revenus potentielles à exploiter comme le merchandising, les espaces dans le stade, etc.?

Oui mais on ne peut pas tout faire à la fois. Pour le merchandising, l’e-commerce, etc., les investissements vont suivre. De même, il est capital de développer les revenus du stade quand il n’y a pas de match. J’ai été actionnaire du club de Lille ce qui m’a permis d’analyser les avantages et les désavantages d’un grand stade moderne. Nous, nous allons devoir mieux exploiter nos espaces pour permettre aux entreprises d’y organiser des présentations de produits, des séminaires, etc., et, pour les fans, d’y organiser par exemple leur mariage, tout ceci en jouant sur la particularité des lieux: un stade foot, ce n’est pas un endroit comme un autre!

Et les droits TV? Y a-t-il moyens de les augmenter?

Je suis convaincu que les clubs de la D1A peuvent atteindre le cap des 100 millions d’euros (contre 80 aujourd’hui, NDLR) car les droits sur le mobile sont sous exploités. Pour les opérateurs télécoms, le contenu est le roi. Et le contenu football est une énorme plus-value pour eux.

"Je peux amener énormément de valeur ajoutée à Anderlecht et au football Belge"
Marc Coucke

Vous n’avez jamais imaginé de vendre vos droits TV seul comme le Standard a pensé le faire il y a quelques années?

Ce ne sera jamais ma première option. La meilleure façon de grandir comme club, c’est avec le foot belge en général.

Votre réputé modèle de formation, le projet Purple Talent, pourrait-il intéresser des clubs étrangers, y compris chinois?

Ce ne sera pas facile. L’idée de commercialiser notre modèle de formation doit être regardé de près avec les bonnes infrastructures. Mais il faut voir si une "commercialisation de Neerpeede" peut se faire sans mettre en danger son but premier qui est de faire éclore des joueurs depuis la formation.

Peut-on imaginer une introduction en Bourse d’Anderlecht?

J’aime bien la Bourse vous le savez (il rit): Fagron, Mithra, Omega Pharma… Il y a des périodes dans la vie d’une société où la Bourse peut amener une certaine valeur ajoutée. Alors pourquoi pas pour Anderlecht d’ici x années si on juge que c’est opportun. Il faudra garder un esprit ouvert pour tout, y compris sur la structure du capital.

Michel Preud’homme nommé coach et vice président du Standard

L’ancien gardien international belge Michel Preud’homme sera l’entraîneur du Standard de Liège pour les quatre prochaines années, un club dont il devient également vice-président, a annoncé le présidentdes Rouches, Bruno Venanzi.

Preud’homme, 59 ans, succède au Portugais Ricardo Sa Pinto qui, cette saison, a conduit le club liégeois à la deuxième place du championnat après avoir remporté la Coupe de Belgique.

Celui qui avait été désigné meilleur gardien de la Coupe du monde 1994 avait déjà entraîné le Standard qu’il avait conduit au titre de champion en 2008, après 25 ans d’attente.

Preud’homme intègre en outre le conseil d’administration du club dont il devient vice-président.

Après avoir aussi entraîné La Gantoise, le FC Bruges, le FC Twente (Pays-Bas) et Al Shabab (Arabie saoudite), l’ancien Diable Rouge s’était octroyé une année sabbatique la saison passée, malgré des négociations avec les Girondins de Bordeaux (où il possède une maison), en France.

Passons aux coûts. Quels sont les gros postes sur lesquels agir? Vous avez mentionné le scouting…

Je ne les visais pas en particulier. Les économies potentielles sont un peu partout. On se disait qu’on pouvait se permettre ce genre de coûts car on allait vendre un joueur. Ce n’est pas ma vision.

Quid du personnel, beaucoup plus important que celui d’un club comme le FC Bruges. Allez-vous prendre des mesures?

Oui, mais cela se fait tout le temps sans trop de problèmes. On avait par exemple des "scouts" sur le payroll…

Votre CEO, Jo Van Biesbroeck, est considéré comme un homme de l’actionnaire Alexandre Van Damme. Si on vous suit, il va définitivement rester à bord…

Evidemment, c’est un excellent manager. C’est un CEO qui arrive très vite à exécuter un objectif stratégique, qui propose des réunions créatives de manière continue. Si vous restez 10 minutes avec lui, il vous dresse le "cash planning" des 5 prochaines années. Il est vraiment top à tous les niveaux.

Être patron d’Anderlecht, c’est le meilleur poste de networking de Belgique?

ll ne me manquait pas un réseau. C’est plutôt le dernier challenge de ma carrière. J’ai de nouveau un boulot. Je prends ma mallette tous les jours et je vais à Neerpeede.

Enfin, allez-vous prendre des responsabilités à la Pro League après le départ de Roger Vanden Stock de la présidence?

Il y a une grande réunion le 5 juin. Tout le monde m’a dit "c’est dangereux de dire que tu es candidat" alors j’ai dit OK je suis candidat. Je pense que je peux amener énormément de valeur ajoutée au football belge.

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