Marc Coucke paie 80 millions pour acheter 70% du Sporting d'Anderlecht

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Marc Coucke va reprendre 70% des parts du RSC Anderlecht, contrôlé par la famille Vanden Stock-Collin. Pour éviter tout conflit d'intérêts, il va devoir vendre le KV Ostende dont il est propriétaire. Reste à voir ce que feront les minoritaires. Étienne Davignon et Alexandre Van Damme devraient rester à bord.

L'atmosphère, plutôt compassée du Stade Constant Vanden Stock, va-t-elle devenir grand-guignolesque suite au rachat du Sporting d'Anderlecht par Marc Coucke? En tout cas, le truculent propriétaire du KV Ostende, qui n'hésite pas à mettre le feu dans les business seats du club côtier, a pris tout le monde de court en concluant un accord pour la reprise de 70% du capital du club mauve et blanc. L'homme, qui met sur la table 80 millions d'euros sur la table, est la surprise du chef.

80 millions
Le montant déboursé
Le milliardaire flamand, Marc Coucke, passionné de foot et surtout de son club KV Ostende, a créé la surprise mercredi en s'offrant pour 80 millions d'euros le RSCA, ou plutôt 70% de celui-ci.

Mercredi, le conseil d'administration du RSCA s'est penché sur les candidats à la reprise et c'est donc le fondateur d'Omega Pharma qui a été retenu pour entrer en négociation exclusive pour le rachat du plus grand club de football du pays, contrôlé depuis 46 ans par les familles Vanden Stock-Collin à hauteur de 45%.

Exit les autres offres

Toutes les offres émanaient d'investisseurs belges. Exit donc celle de Johan Beerlandt (Besix), de concert avec ses actionnaires égyptiens, ainsi que celle du consortium composé du patron de Woestijnvis Wouter Vandenhaute, de deux managers belges du fonds d'investissement CVC et de l'ancien patron de bpost Johnny Thijs.

Et puis surtout, Marc Coucke laisse sur place le favori: le CEO de Ghelamco, Paul Gheysens, qui voulait reprendre le club et au passage appuyer son projet de stade national sur le parking C du Heysel en y faisant jouer Anderlecht. Mais les relations entre Ghelamco et Anderlecht se sont tendues depuis que le club a fait savoir, en février dernier, que le projet de stade de Ghelamco, tel qu'il lui était présenté, ne lui convenait pas. L'offre effectuée par Gheysens valorisait Anderlecht juste en dessous des 100 millions d'euros.

Conséquence de sa prise de pouvoir sur le club du Parc Astrid, l'entrepreneur flamand s'est engagé à revendre le KV Ostende, dont il est le propriétaire. Le règlement des licences interdit en effet à un investisseur d'avoir une influence majeure sur deux clubs évoluant au même niveau de compétition. Cette vente devra être conclue avant le 15 février 2018 au plus tard. C'est en effet la date à laquelle les clubs doivent rentrer leur dossier annuel pour obtenir leur licence professionnelle. À noter que les deux clubs se rencontreront en championnat... le week-end précédent. Autrement dit, la vente d'Ostende devra être actée avant.

Qui pourrait acquérir le club côtier? 

En coulisse, les regards se portent sur Bart Versluys, un proche de Marc Coucke. Patron du groupe de construction homonyme, dont Marc Coucke détient 50% des parts, Versluys a rénové le stade d'Ostende - rebaptisé Versluys Arena - et est son principal sponsor. En attendant, à Ostende, on ne décolère pas. Le bourgmestre Johan Vande Lanotte (sp.a) a qualifié de "gifle" pour la ville le départ de Marc Coucke.

Quid des minoritaires?

Si Marc Coucke reprend 70% d'Anderlecht, le solde restera entre les mains d'actionnaires minoritaires. Ceux-ci doivent indiquer s'ils souhaitent rester à bord ou non et selon quelles modalités.

Étienne Davignon (qui détient 2,45% des parts) resterait fidèle au club.
Alexandre Van Damme, un des gros actionnaires d'AB InBev, qui détient 16% des parts du RSCA, se réjouit de l'issue de cette saga, car à l'offre financière s'ajoute un projet sportif solide. L'homme d'affaires entend consulter les autres actionnaires mais se dit prêt à rester dans le tour de table des minoritaires.

L'argent n'étant pas trop un souci pour Marc Coucke, il y a fort à parier que la partie cash de son offre doit être intéressante pour les minoritaires qui souhaitent vendre, même si, paraît-il, elle n'était pas plus attrayante financièrement que celle de Gheysens.

Pour autant qu'ils soient en société, il était urgent, pour ces petits actionnaires vendeurs, de le faire. Dans le cadre de la réforme de l'impôt des sociétés, les règles de taxation sur les plus-values vont en effet changer le 1er janvier. Les plus-values sur actions seront exonérées de l'impôt des sociétés pour les détenteurs d'au moins 10% des actions ou si la valeur de ces actions est supérieure ou égale à 2,5 millions d'euros. En résumé, si ces petits actionnaires ne vendaient pas avant le 31 décembre, leur plus-value sur la vente du RSCA aurait été imposée à un taux équivalent à celui de l'impôt des sociétés (environ 30%).

Quel avenir pour le management du club?

Côté management, enfin, l'actuel président Roger Vanden Stock (75 ans) pourra décider s'il reste en place de manière temporaire. La question de la succession de Herman Van Holsbeeck, le manager sportif, qui a lié son sort à celui son président, est aussi réglée, puisque Marc Coucke emmènera à terme dans ses valises Luc Devroe, l'actuel directeur sportif d'Ostende, un poste qu'il a également occupé de 2007 à janvier 2011... chez le grand club rival d'Anderlecht, le FC Bruges.

Roger Vanden Stock s'est dit satisfait d'avoir trouvé cet accord: "La nouvelle majorité m'a convaincu qu'elle est vraiment préoccupée par l'avenir de ce club, de ses jeunes, de ses joueurs, de ses employés et - last but not least - de ses supporters, a-t-il commenté. Tant leur vision sportive que leur capacité financière laissent présager le meilleur pour le club."

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