interview

Marc Coudron, président de la fédération de hockey: "Je ne pense pas qu'il y ait d'autres sports où la Belgique brille autant"

Thomas Briels et Alexander Hendrickx tenteront de renouveler leur titre de champion d'Europe du 4 au 13 juin prochain. ©BELGA

Vendredi prochain, les Red Lions débuteront l'Euro de hockey, un mois avant les Jeux olympiques. Rencontre avec Marc Coudron, le président de la fédération belge de hockey, quelques jours avant l'été le plus important du hockey belge.

Les fans de foot décomptent les jours avant le rendez-vous européen. Ceux de hockey encore un peu plus. Dès vendredi, soit une semaine avant les débuts des Diables, ce sera aux Lions et aux Panthères de s'exprimer sur le terrain pour le titre de champion continental à Amsterdam. La balle est plus petite, mais les ambitions sont tout aussi grandes. Et les chances sont réelles, en tout cas pour les Messieurs, dont le CV est proche de la perfection. En cinq ans, les Red Lions ont décroché une médaille d'argent aux JO, le titre de champion du monde et celui d'Europe. "Il n'y aura pas d'autre ambition que la première place. Mais l'objectif reste avant tout les Jeux. L'Euro servira de préparation finale", glisse Marc Coudron, le président de la fédération de hockey belge. "Pour les Dames en revanche, c'est le rendez-vous de l'été. L'ambition est de réaliser un top 5, qui est qualificatif pour la Coupe du Monde."

"Il y a des choix à faire. Si nous augmentons les salaires ou les primes ce sera au détriment de l'encadrement."

Sur le toit du monde

Le palmarès pourrait donc continuer à s'embellir pour le petit pays qui est devenu une référence mondiale depuis quelques années. "Quand on ajoute à tous ces résultats les récompenses individuelles de joueurs comme Van Doren ou Vanasch, je ne pense pas qu'il y ait d'autres sports où la Belgique brille autant."

Derrière pourtant, la fédération s'en sort avec des moyens relativement modestes et un budget annuel autour de 8 millions d'euros. Les joueurs et joueuses nationaux sont défrayés entre 1.200 et 2.000 euros par mois. En cas de titre continental, il n'y aura pas de prime spécifique. "Tout simplement parce que nous ne disposons pas des moyens. Il y a des choix à faire. Si nous augmentons les salaires ou les primes, ce sera au détriment de l'encadrement ou des stages", explique le président.

"Il ne faudrait pas une troisième saison blanche, le hockey n'y survivrait pas."

La pandémie a évidemment compliqué les choses. Forcée de mettre fin à l'ensemble des compétitions depuis presque deux saisons (sauf en division d'honneur), la fédération n'a eu d'autre choix que de venir en aide aux clubs en allégeant leur cotisation, une source importante de revenus pour la fédération. "Nous avons toujours eu une gestion saine qui nous permettait depuis près d'une décennie d'économiser chaque année. Nous avions environ 150.000 euros de réserve en cas de coup dur. Aujourd'hui, nous n'avons plus d'économies. Il ne faudrait pas une troisième saison blanche, le hockey n'y survivrait pas. Mais c'est le cas pour l'ensemble du sport en Belgique." Malgré la crise, le sport au stick s'en sort bien et la fédération a même enregistré une hausse du nombre de membres d'environ 2%. Bien loin toutefois des 7 à 8%  de croissance annuelle, enregistrée depuis plus de 10 ans. Le sport est également parvenu à attirer la semaine dernière Deloitte comme nouveau sponsor. Une jolie réussite à un moment où les entreprises ont pourtant tendance à éviter ce genre de dépense.

Après 16 ans à la tête de la fédération de hockey, Marc Coudron se retirera dans quelques semaines. ©Saskia Vanderstichele

Le hockey a ses écrins

La pause forcée n'a d'ailleurs pas empêché la fédération d'enchaîner les projets. D'ici quelques mois, le hockey national devrait avoir son premier stade. Il prendra place dans l'ancienne enceinte du club de football de Wavre et pourra accueillir dans un premier temps jusqu'à 4.500 spectateurs. Le hockey est également sur le point d'inaugurer son centre de formation à Wilrijk, sur le site qui a accueilli l'Euro 2019. "Et nous avons obtenu le feu vert pour un stade national à Uccle dans les années à venir", sourit Marc Coudron.

C'est une jolie manière pour le président de mettre fin à son mandat. Le 19 juin prochain, le patron du hockey belge depuis 16 ans rangera le stick. Il avait espéré reprendre la tête de la fédération internationale de hockey (FIH), mais il a finalement été battu de justesse (63 votes conte 61) lors des élections, la semaine dernière. "Il y a effectivement de la tristesse, mais c'est le jeu. Je suis surtout déçu pour les petites nations du hockey, qui étaient la priorité de mon programme."

Belgique sportive

Quand il parle de petites nations, il ne pense certainement plus à la Belgique. En hockey comme ailleurs, notre pays est pour lui un modèle d'excellence sportive. "Cela m'insupporte d'entendre dire que nous sommes un petit pays. Qui oserait dire que la Nouvelle-Zélande est un petit pays du sport quand on voit les All Blacks, leur équipe de rugby ? Ils ont pourtant moins d'habitants que la Belgique. La réussite du hockey n'est pas la seule. Il y a le football, le volley, Nina Derwael, Nafi Thiam, le basket... Si la Belgique est si forte dans autant de sports, ce n'est pas un hasard. Nous avons désormais atteint une maturité que nous n'avions pas il y a encore une quinzaine d'années. L'ensemble des fédérations régionales et nationales travaillent admirablement bien ensemble. Il faut le dire quand les choses ne vont pas. Mais quand cela tourne bien, il faut aussi le souligner."

Le résumé

  • Les Red Lions et les Red Panthers disputeront l'Euro de hockey la semaine prochaine.
  • Les hommes espèrent sortir de l'été avec l'or continental et aux JO.
  • En quelques années, la Belgique est devenue une référence mondiale du hockey.
  • Selon Marc Coudron, les bons résultats s'expliquent par l'excellente politique sportive belge.

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