Publicité

Pandora Papers: le Standard de Liège se finance dans les paradis fiscaux

Le Standard de Liège a conclu un accord relatif à ses droits TV avec SFFF en mars 2018. ©BELGAIMAGE

En difficulté financière et face aux refus des banques, le Standard de Liège a été chercher des fonds dans les îles Vierges britanniques et aux Samoa.

Ce nouvel épisode des Pandora Papers, l'enquête tentaculaire menée par le consortium journalistique international ICIJ (dans lequel se trouvent De Tijd, Le Soir et Knack), nous emmène chez Mercury Management Inc, une société boîte aux lettres fondée en 1993 sur les îles Vierges britanniques qui a déménagé sur Samoa en 2017. L'entreprise a également un compte en banque à Dubaï et une domiciliation fiscale sur l'île de Guernsey.

7,25%
Le Standard de Liège a eu recours aux services du fonds Star Football Finance Fund, auquel il rembourse un taux de 7,25%.

Derrière Mercury se cache un trust appartenant à une famille pakistanaise active dans le textile. L'entité fait partie des 14 "limited partners" confidentiels de Star Football Finance Fund (SFFF), un fonds lancé pendant l'été 2016 par la société d'investissement londonienne J. Stern & Co afin de prêter de l'argent aux clubs professionnels.

L'activité n'est pas philanthropique: les échéances sont serrées et les taux d'intérêt atteignent 7 à 8%. Les clubs les utilisent souvent comme "avances" sur les droits TV et indemnités de transferts.

Venanzi confirme

Dans un document datant d'avril 2018, on apprend que le Standard de Liège a eu recours aux services de cette société, à laquelle il rembourse un taux de 7,25%. Les Rouches avaient conclu un accord relatif à leurs droits TV avec SFFF en mars 2018. Ceux-ci avaient été vendus pour 4,61 millions d'euros, le club liégeois s'engageant à rembourser 5 millions d'euros au fonds l'année suivante, une fois les droits effectivement versés par la Pro League.

"Notre club respecte toutes les règles légales, y compris en matière de lutte contre le blanchiment d'argent."
Bruno Venanzi
Propriétaire et président du Standard

"Vos informations sur notre transaction avec Star Football Finance Fund sont correctes. Nous avons remboursé le prêt dans le délai convenu", confirme le propriétaire et président du Standard, Bruno Venanzi. "Nous aurions préféré travailler avec les banques traditionnelles et à des taux d'intérêt plus favorables, mais les banques belges ne le font plus pour les clubs de football."

Financement alternatif

Bruno Venanzi affirme ignorer d'où provient l'argent de ce fonds et ses liens avec des constructions dans les îles Vierges et aux Samoa. "Je tiens à souligner que notre club respecte toutes les règles légales, y compris en matière de lutte contre le blanchiment d'argent", ajoute-t-il.

Contacté par l'ICIJ, Star Football brandit le secret professionnel et indique avoir toujours respecté la réglementation financière. Le fonds aurait été récemment liquidé, officiellement parce qu'il ne pouvait plus continuer à opérer au Luxembourg après le Brexit, en 2021.

L'épisode illustre comment les clubs de football, privés de prêts par les banques, ont recours à des sources d'argent alternatives. Selon des sources bien informées, c'est pour cette raison que Venanzi a créé une société distincte pour le stade de Sclessin. Pour ces biens immobiliers, les banques sont encore prêtes à accorder des prêts à des taux d'intérêt normaux.

La société distincte, qui louera le stade au club, a récemment reçu une injection de capital de 3 millions d'euros.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Messages sponsorisés

Messages sponsorisés