Pas d'accord sur les droits TV du football avant 2 semaines

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L’assemblée générale de la Pro League a renoncé vendredi à attribuer les droits médias pour le football belge. Une nouvelle AG est convoquée le 7 février.

La ligue professionnelle de football a choisi de ne pas trancher. Réunie ce vendredi en assemblée générale extraordinaire, la Pro League devait en principe choisir à qui attribuer le prochain contrat des droits de retransmission TV du football belge. "Sur la base de la situation actuelle", elle y a momentanément renoncé.

Pierre François, le directeur général de la Pro League, se tait dans toutes les langues. Tout juste consent-il à fixer la prochaine échéance: le 7 février, date d’une nouvelle AG extraordinaire. D’ici là, l’instance qui régit le football professionnel en Belgique – les 16 clubs de la Jupiler Pro League, alias la D1A, et les 8 de la Proximus League, soit la D1B – entend "poursuivre ses concertations avec les candidats ayant soumis une offre dans le cadre de la procédure actuelle", indique-t-elle dans un communiqué laconique.

Pour rappel, l’appel d’offres porte sur onze lots, soit cinq de plus que pour le contrat de télévision actuel, conclu en 2017 et qui expire à la fin de cette saison. La durée du contrat serait en outre portée à cinq ans.

L'appel d’offres porte sur onze lots, soit cinq de plus que pour le contrat de télévision actuel, conclu en 2017 et qui expire à la fin de cette saison.

Les trois premiers lots comprennent les matchs en direct en D1A, actuellement entre les mains de VOO, Proximus et Telenet. Viennent s’y ajouter quatre lots pour les autres compétitions: D1B (Proximus), Supercoupe (RTBF et Telenet), Croky Cup (VRT, VTM et RTL) et la Super League, autrement dit le championnat de foot féminin, une nouveauté.

Restent enfin quatre paquets pour lesquels l’intérêt va croissant: les clips vidéo en "quasi direct", les résumés en ligne, les résumés à la télévision et le talk-show du lundi soir (sur lequel, pour la première fois, les chaînes de télévision payantes peuvent également faire offre).

Pour attirer le chaland et obtenir le meilleur prix, la Pro League est également prête à mieux répartir les matchs de D1A et D1B sur le week-end et le lundi soir, et à veiller à ce que les matchs de la D1A, de la D1B et de la Super League féminine se chevauchent le moins possible.

La barre des 100 millions pas atteinte

Les offres qui ont été déposées sur la table ont laissé les clubs professionnels sur leur faim. La Pro League, qui a lancé son appel d’offres début décembre, espérait franchir pour la première fois la barre des 100 millions d’euros de recettes annuelles. Le contrat actuel rapporte quelque 80 millions d’euros par an aux 24 clubs professionnels.

92
millions €
Le total cumulé des offres pour les droits TV a atteint 92 millions, soit 15% de plus que le contrat précédent. Mais les clubs professionnels sont restés sur leur faim.

Ont-ils pris leurs désirs pour la réalité? Le total cumulé des onze lots a atteint 92 millions, soit une augmentation de 15%. Mais les clubs professionnels sont fermement convaincus que leur produit vaut plus et n’ont donc pas accepté la proposition.

Les rumeurs de candidature du groupe espagnol Mediapro avaient alimenté les fantasmes, évoquant une offre d’un milliard d’euros sur dix ans, soit 100 millions par an, qui aurait suscité des froncements de sourcils du côté de l’Autorité de la concurrence. Si les rumeurs sont conformes à la réalité, Mediapro pourrait avoir abaissé son offre, la durée du contrat ayant été réduite de moitié par rapport à la proposition initiale.

Les téléphones risquent donc de chauffer d’ici le deuxième tour, le 7 février. Détail intéressant, l’assemblée générale de la Pro League demande à ses dirigeants "d’examiner la possibilité de lancer un nouvel appel d’offres, en concertation avec l’Autorité belge de la concurrence". Ce qui tendrait à confirmer que les clubs n’ont pas eu leur compte.

Le nombre et l’identité des candidats n’ont pas été rendus publics. On peut imaginer qu’en plus de l’ogre espagnol Mediapro, les "usual suspects", autrement dit les parties prenantes du contrat actuel et Eleven, voire peut-être Orange, ont fait offre.

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