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Quand la gloire des JO déteint sur les fédérations

Avec ses bons résultats enchaînés depuis des années, Nafi Thiam attire les sportifs vers l'athlétisme. ©Photo News

Depuis des années, l'athlétisme et le hockey profitent des succès de ses stars pour attirer toujours plus. Les membres affluent. Les défis techniques aussi.

La course pour l'or se poursuit. Ce jeudi, les Red Lions et Nafi Thiam ont, en l'espace de quelques minutes, porté à trois le nombre de disciplines remportées par des Belges à Tokyo. Deux exploits de plus qui ont fait vibrer le pays. Et qui feront affluer les foules sur les pistes et terrains synthétiques.

"L'évolution est régulière avec, à chaque fois, des hausses plus significatives après les Jeux."
Frederic Kimmlingen
Directeur technique de la ligue francophone d'athlétisme

Sans surprise, l'engouement du grand public est la conséquence la plus visible de la réussite de nos représentants belges. Du côté de la ligue francophone d'athlétisme, l'effet est visible depuis 2008. "On est passé d'environ 8.000 licenciés à 15.000 aujourd'hui", explique Frédéric Kimmlingen, le directeur technique de la ligue francophone d'athlétisme.

"L'évolution est régulière avec, à chaque fois, des hausses plus significatives après les Jeux." La croissance est d'ailleurs particulièrement visible du côté féminin, avec désormais une équité proche de la perfection entre les hommes et femmes. "Il y a évidemment Thiam qui est un exemple. Mais en 2008, c'étaient déjà des femmes qui prestaient au plus niveau avec d'excellents résultats pour Kim Gevaert et Tia Hellebaut", explique Frédéric Kimmlingen.

L'engouement ne se limite toutefois pas au saut en hauteur, au sprint ou à l'heptathlon. "En athlétisme, les enfants font toutes les disciplines jusque 14-15 ans. Ils sont parfois venus parce qu'ils ont apprécié une épreuve particulière, mais il n'est pas impossible qu'après avoir tout testé, ils préfèrent une autre discipline. Ou qu'ils soient particulièrement doués dans un sport auquel ils n'avaient pas pensé", explique encore le directeur technique.

"Alors qu'avant on devait démarcher, désormais ce sont souvent directement les sponsors qui nous sollicitent pour travailler avec nous."
Serge Pilet
CEO de la fédération de hockey belge

Démarchées par les sponsors

La situation est comparable du côté du hockey, avec un boom encore plus prononcé. "Cela a débuté en 2008 avec la première qualification aux Jeux de Pékin des Red Lions", explique Serge Pilet, le CEO de la fédération belge de hockey (ARBH). "La médiatisation a fait connaître le sport massivement". Comme pour l'athlétisme, les conséquences se voient aussi dans le nombre de membres, en croissance moyenne de 10% par an. "Nous sommes aujourd'hui 53.000 contre environ 20.000 en 2007. Même l'année dernière, nous avons encore enregistré une légère hausse malgré la crise", assure Serge Pillet.

L'arrivée massive de joueurs a également suscité un intérêt grandissant des marques. "Alors qu'avant on devait démarcher, désormais ce sont souvent directement les sponsors qui nous sollicitent pour travailler avec nous." L'intérêt de marques comme Deloitte, Delhaize ou Matexi a ainsi permis à la fédération d'accroître ses revenus. "Par exemple, le budget que nous pouvons allouer à toutes les équipes nationales est désormais de 4 millions d'euros par an. Il y a huit ans, il était de seulement 2,5 millions", illustre le CEO.

Fédé cherche entraineurs

L'arrivée massive de nouveaux membres et licenciés ne se fait toutefois pas sans certaines contraintes. Du côté de l'athlétisme, il est ainsi difficile de trouver assez d'entraineurs qualifiés. "Il suffit de voir l'âge de quelques-uns de nos entraineurs les plus connus. Chaque année, nous devons former de nouveaux coachs. Ce n'est pas toujours simple d'en trouver assez et la pandémie a encore un peu plus compliqué la situation", assure Frédéric Kimmlingen.

Pour le hockey, le principal défi se situe autour de la gestion des infrastructures. "Un terrain de hockey est un investissement d'environ 1 million d'euros, ce qui est un budget conséquent. On compte habituellement 500 membres par terrain. Pour les clubs en Flandre et Wallonie, s'étendre n'est en général pas trop problématique, mais il y a de vraies difficultés à Bruxelles", explique Serge Pilet. C'est principalement le cas à Uccle. La commune compte à elle seule 5.000 membres, répartis dans une poignée de clubs, avec souvent seulement deux terrains pour plus de 1.000 membres. Faute de place, la plupart des clubs du sud de Bruxelles doivent refuser de nouveaux membres. "Mais l'aspect positif est que des communes un peu partout en Belgique nous contactent spontanément pour entamer les démarches pour lancer un club", explique Serge Pilet.

Le résumé

  • Les succès de Thiam et des Red Lions ont une influence sur la pratique de leur sport.
  • De plus en plus de sportifs s'inscrivent aux fédérations d'athlétisme et de hockey.
  • La hausse entraîne des difficultés techniques, notamment dans la formation des entraineurs.
  • Du côté du hockey à Bruxelles, les infrastructures ont du mal à suivre.

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