Un hockeyeur d'élite sur le terrain de l'entreprise

Emmanuel Stokbroeckx et son frère Sander. ©Siska Vandecasteele

Le hockeyeur Manu Stockbroekx va créer, avec son frère Sander, une start-up destinée à aider les entreprises à se transformer sur le plan digital. " Les CEO et patrons actuels appartiennent à une génération pour laquelle la transformation digitale n’avait pas encore l’importance qu’elle a prise aujourd’hui. "

"Je suis encore en extase ", nous avoue Manu Stockbroekx (26 ans) lorsque nous le rencontrons à l’hôtel Crowne Plaza à Anvers où l’équipe de hockey belge a pris ses quartiers avant un nouveau match à marquer, espérons-le, d’une pierre noir-jaune-rouge dans l’histoire du sport national. Jeudi, les Red Lions ont réussi une remontada inouïe contre l’équipe allemande pour remporter la demi-finale de l’Euro de hockey. Au début du dernier quart-temps, nos valeureux lions étaient encore menés 0-2 avant de renverser la vapeur et de terrasser leurs adversaires sur le score phénoménal de 4-2. Au coup de sifflet final, le stade de 8.000 spectateurs était en ébullition. " Nous avons atteint 130 décibels, ce qui correspond au bruit d’un Boeing", tient à nous préciser Manu.

"Dès que les Red Lions ont bénéficié d’un encadrement professionnel, leurs performances ont grimpé en flèche."
Sander Stockbroekx

Ce samedi soir, à 20 h 30, les Red Lions jouent la finale contre l’Espagne. S’ils la gagnent, ils seront qualifiés directement pour les Jeux olympiques de Tokyo l’année prochaine. Cette victoire viendrait s’ajouter à une série de triomphes pour les hockeyeurs belges.

Leur épopée a commencé en 2016 quand ils ont raflé la médaille d’argent aux Jeux olympiques de Rio. L’année suivante, ils obtenaient à nouveau une deuxième place au Championnat d’Europe. Et l’an dernier, ils ont été sacrés champions du monde. Ce soir, ils pourraient y ajouter une couronne européenne.

Transformation digitale

Entre les entraînements et les briefings avec l’équipe, Manu a libéré un peu de son temps pour nous parler de ses projets. Il va créer, avec son frère aîné Sander (29 ans), une start-up qui s’inspire du succès de l’équipe de hockey. " Dès que les Red Lions ont bénéficié d’un encadrement professionnel, leurs performances ont grimpé en flèche, explique Sander. L’objectif est de proposer également cet encadrement professionnel aux entreprises qui ont besoin d’une transformation digitale. Développer des plateformes logicielles sur mesure appartient au passé. "

Sander a déjà foulé le terrain de l’entreprise et a décroché récemment son diplôme de master en informatique. Il vit à Londres où il a créé une start-up qui rencontre un certain succès. Dans plusieurs pays, dont la Belgique, le Royaume-Uni et les Pays-Bas, il a mis en place un système permettant aux diplomates de récupérer automatiquement leur TVA. " Ce qui leur évite de devoir gérer 50.000 tickets de caisse. "

Seuls 29% des projets de transformation digitale réussissent.

Mais à présent, il veut créer une entreprise avec son frère. Sander peut s’appuyer sur son know-how digital et son frère, faire valoir sa capacité à faire performer une équipe en partant de zéro. " Le succès de projets informatiques dépend très souvent du ressenti des personnes au sein d’une équipe. Sur quoi l’équipe doit-elle se concentrer ? Comment gérer les coups durs ? C’est important dans le sport, mais aussi dans les entreprises ", souligne Manu.

Leur plan d’attaque est le suivant : Sander conçoit un modèle qui convient aux entreprises et Emmanuel coache les équipes au sein de ces entreprises en partant de son expérience dans le hockey. "Le succès d’une transformation digitale repose sur certains facteurs critiques dans la manière de travailler. J’ai développé un modèle qui repose sur le constat que la gestion des questions liées au personnel influence de manière déterminante le succès des projets de transformation digitale, explique Sander. Des études ont montré que 80% des projets digitaux échouent parce que les gens n’ont pas été assez formés."

Appliquer la recette des Red Lions

Selon Manu, le succès des Red Lions s’explique d’abord par la mise en place d’un encadrement professionnel. Cette décision a été prise il y a dix ans avec l’engagement du Néerlandais Bert Wentink. "Il a construit une structure autour de l’équipe de hockey, avec des programmes professionnels, un coach physique, un accompagnement psychologique, etc.", explique Manu. La mentalité des joueurs a changé également. "Un an avant les Jeux à Rio, nous avons choisi de tout abandonner pour le hockey. Pour certains, c’était leur emploi, pour d’autres leurs études. Et fini de boire de la bière et de manger des frites après les matchs. On les a remplacés par des shakes de récupération. Et les jours de repos sont devenus de vraies journées de détente. Ensuite, le rêve a commencé à se réaliser. Les victoires se sont enchaînées jusqu’à aujourd’hui. Nous sommes la première équipe qui, en Belgique, réussit à engranger autant de trophées internationaux de manière consistante", souligne Manu.

Manu va régulièrement dans les entreprises parler de cette success-story. Il a également écrit un livre à ce sujet. Mais, à présent, il veut également, avec son frère, appliquer ces enseignements dans les entreprises. Selon Sander, ces dernières manquent de know-how en matière informatique et gaspillent donc trop d’argent pour bien gérer ce domaine. "Pour vous donner un exemple : une grande banque en Belgique dépense chaque année 85% de ce qu’elle avait investi initialement en informatique. Cela démontre une erreur fondamentale à la base." Seuls 29% des projets de transformation digitale réussissent, avance Sander. "C’est ridiculement bas." Cela s’explique par le fait que de nombreux chefs d’entreprise n’ont pas d’expérience à cet égard. Les CEO et patrons actuels appartiennent à une génération pour laquelle la transformation digitale n’avait pas encore l’importance qu’elle a prise aujourd’hui. "De nombreux chefs d’entreprise sont déjà contents d’avoir un département informatique. Mais la transformation digitale devrait être un point permanent à l’ordre du jour de chaque comité de direction d’une entreprise."

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