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Un jackpot à 15 millions pour les mauves et blancs

Le Sporting d’Anderlecht joue ce soir sa place dans les poules de la Ligue des Champions. En cas de qualification, il verrait son budget dopé de près de 50%.

Un match "à quinze millions d’euros." "Le match le plus important de la saison"… La presse sportive en fait ses choux gras: ce mardi soir, le Sporting d’Anderlecht abattra une carte cruciale pour son avenir sportif et financier. En cas de qualification face au Partizan de Belgrade, le champion de Belgique aura accès aux poules de la très lucrative Ligue des Champions de l’UEFA (Union européenne de football) le saint des saints du foot qui regroupe les 32 meilleurs clubs d’Europe.

Une qualification permettrait en effet de faire entrer dans les caisses du club jusqu’à 15 millions d’euros (voire plus) et de doper ainsi ses revenus de près de 50%. Comment se répartit ce jackpot, considérable à l’échelle belge? Sur base des chiffres de la dernière édition, le club mauve et blanc serait sûr de toucher une prime de participation de 7,1 millions d’euros, quels que soient ses résultats lors des six matchs de poules qu’il disputera. Chaque victoire vaut 800.000 euros, un match nul 400.000. Si le Sporting devait obtenir les mêmes résultats que le Standard de Liège la saison précédente (une victoire, deux nuls et trois défaites), il toucherait 1,6 million d’euros. À cela s’ajoutent les recettes du "market pool" (droits télévisés et de sponsoring), soit 3 à 3,5 millions d’euros. Sans compter les recettes aux guichets que l’on peut estimer dans le cas du Sporting à environ 2 à 2,5 millions, et celles de la location des loges et des busines seats.

Combler les pertes

"Pour un club comme le nôtre, dont le budget oscille entre 35 à 40 millions, être sûr, dès l’été, de toucher 15 millions signifie que la saison est financièrement réussie", expliquait en mai à "L’Echo" Herman Van Holsbeeck, le manager des Mauves. L’homme parle d’or. Le Sporting a en effet terminé ses deux derniers exercices dans le rouge avec une perte de 3,8 millions en 2008 et de 5,5 millions en 2009, deux exercices marqués par une absence de la Ligue des Champions. Certes d’autres facteurs interviennent dans le bilan du club (comme, par exemple, les transferts entrants et sortants de joueurs) mais le poids de la Ligue des Champions est considérable. Surtout dans le contexte actuel où le Sporting doit faire face à de nombreux défis. D’abord, l’agrandissement de son stade afin de le rendre conforme aux normes de confort de l’UEFA: un investissement de plus de 40 millions d’euros. Certes, le Sporting est récemment passé du statut d’asbl à celui de SA, une opération qui lui a permis de lever 10 millions d’euros afin d’agrandir ses infrastructures, mais participer à la Ligue des Champions permettrait de limiter le recours à l’emprunt. Ensuite la construction de son centre de formation de joueurs qui nécessite un investissement de quelque 15 millions.

Enfin cette manne devrait lui permettre de rester crédible sur le plan sportif. Car ces deux dernières décennies, le fossé s’est creusé entre le meilleur club belge et les grands clubs européens. Il y a 20 ou 30 ans, Anderlecht figurait dans le top 20 des clubs financièrement les plus puissants. Aujourd’hui, c’est à peine s’il figure dans le top 200. La Ligue des Champions devrait donc lui permettre de dégager des moyens nécessaires pour attirer des joueurs chevronnés. Revers de la médaille: l’épreuve est une vitrine exceptionnelle pour les stars du ballon rond en quête d’horizons rémunérateurs et de défis sportifs. En cas de qualification et de bonnes performances en poules, le club risque de se voir pillé de ses stars comme le marocain Mbark Boussoufa, l’argentin Lucas Biglia ou le jeune prodige Romelu Lukaku.

Fair-play financier

L’occasion est d’autant plus belle d’accrocher à nouveau le wagon du foot européen de haut niveau que le président de l’UEFA, Michel Platini, est récemment parvenu à faire adopter le principe du "fair-play financier". Une mesure décidée suite aux excès du foot business.

Les géants européens dépensent en effet sans compter pour attirer les plus grandes vedettes creusant leur endettement à une vitesse vertigineuse (les plus grands affichent des ardoises de plusieurs centaines de millions d’euros) et provoquant une véritable bulle qui risque de faire éclater tout le système le jour où leurs puissants mécènes délaisseront leur danseuse. Désormais, les clubs ne pourront plus dépenser plus d’argent qu’ils ne peuvent en générer. Le règlement entrera en vigueur progressivement et les premières sanctions s’appliqueront en 2014.

Bref, pour un club comme Anderlecht, géré en bon père de famille, l’apport de La Ligue des Champions conjuguée à la rigueur financière imposée par l’UEFA est une occasion unique de redorer son blason sur la scène footballistique européenne.

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