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Un trio de choc amorce le sauvetage d'Anderlecht

Marc Coucke n'entend pas lâcher son projet anderlechtois et réinjecte des moyens pour redonner au club son lustre d'antan. ©Photo News

L'opération, emmenée par Coucke et deux ex-concurrents, consiste en une restructuration de dettes et une injection de capital majeures pour un total de 93 millions d'euros.

Ces dernières années, les Mauve et Blanc ont touché le fond ou presque en raison d'une combinaison de résultats sportifs décevants ayant mis les revenus sous pression, et d'une structure historique de coûts élevés. Logiquement, la situation a amené le navire Anderlecht dans le rouge, fort d'une perte nette cumulée de plus de 63 millions d'euros au cours des saisons 2018-19 et 2019-20; assez pour anéantir la tirelire du club à l'endettement déjà très élevé.

Les contours d'un plan de sauvetage ont été esquissés en avril déjà, mais la finalisation aura pris plusieurs mois in fine.

Conclusion: seule une bouée de sauvetage pouvait lui permettre aujourd'hui de remonter à la surface et, surtout, de respirer pour penser à une relance sportive et commerciale. Anderlecht avait déjà esquissé en avril les contours d'une telle opération, mais la finalisation aura pris plusieurs mois in fine. Pendant ce temps, les rumeurs les plus folles ont circulé, jusqu'à la vente du club par Marc Coucke. Dont il n'est rien. Que du contraire même.

Grâce à une opération de restructuration de dettes, l'homme d'affaires flamand va annuler 51 millions d'euros de dettes d'un coup. D'une part, via la conversion de 17 millions de dettes en capital, d'autre part, via un report de paiement pour 33 millions d'euros à l'aide d'une clause dite de "retour à meilleure fortune". En substance, l'argent en question n'est pas perdu pour Coucke, mais ne lui sera remboursé que si le club dispose de suffisamment de fonds. En attendant, il ne perçoit pas d'intérêts. L'arrangement doit encore recevoir le blanc-seing de la commission de ruling.

Résultat, le RSCA se retrouve quasiment désendetté, avec pour seul fardeau un emprunt bancaire de moins de dix millions à son bilan. Financièrement, un monde de différence donc.

Duo inattendu

Mais cela ne s'arrête pas là. Le club le plus titré de Belgique bénéficiera également d'une injection de capital de quelque 42 millions d'euros. Dont plus de la moitié (24 millions) provient d'un duo inattendu, formé par Wouter Vandenhaute, président du club, et Geert Duyck.

10
millions d'euros
Le RSCA se retrouve quasiment désendetté, avec pour seul fardeau un emprunt bancaire de moins de dix millions à son bilan.

Geert qui? Inconnu du grand public, ce Ouest-Flandrien est l'un des Belges les plus puissants de la City, à Londres, où il officie en tant que managing partner du géant du capital-investissement CVC. Il a ainsi été l'architecte de pléthore de deals dépassant le milliard de dollars. En Belgique, il a par exemple été aux premières loges d'opérations autour du groupe d'éclairage Massive, du spécialiste de la cordonnerie et des services rapides Mister Minit, de StarBev (ex-AB InBev), de Taminco (ex-UCB) et de Bpost.

De son côté, Wouter Vandenhaute est, lui, ce que l'on qualifie au nord de "BV", soit ces "Flamands connus". Homme d'affaires et producteur de télévision, il a commencé sa carrière en tant que journaliste sportif avant de faire atterrir quelques succès audiovisuels tels que les émissions "De Slimste Mens ter Wereld" et "De Mol" ou encore le thriller "Loft". Sa maison de production, Woestijnvis, est depuis passée dans le giron de Telenet .

Cocasse anecdote, les deux hommes aujourd'hui associés à 50-50 – via la société "Mauvavie" –, se sont connus il y a quatre ans alors qu'ils faisaient offre sur Anderlecht… pour perdre face à Coucke. Qu'à cela ne tienne, autrefois concurrents, le trio se retrouve aujourd'hui coéquipiers.

Actionnaires B en soutien

Le reste de l'injection, soit 18 millions d'euros, provient par ailleurs des actionnaires existants: Coucke et son co-investisseur Joris Ide donc, mais aussi les actionnaires dits "B" du club. Il en va là de Michael Verschueren, d'Étienne Davignon, de la famille Beerlandt et des filles de la famille Vanden Stock, ex-propriétaire d'Anderlecht.

Après ces opérations, Coucke et Ide resteront de loin le premier actionnaire et détiendront toujours plus de la moitié du club. Mais Wouter Vandenhaute et Geert Duyck deviendront également actionnaires de référence avec une participation de plus de 25%.

Duyck ne fera par contre pas son entrée au conseil d'administration, ni son bras droit et homme fort du bureau de Bruxelles de CVC Steven Buyse d'ailleurs, qui monte également au capital via l'apport de cinq des 18 millions évoqués.

Donvil démissionne

En parallèle, on apprend qu'un audit interne sera lancé au sein du club belge le plus titré dès lundi. L'exercice doit déboucher sur un nouveau business plan début décembre, à approuver par le conseil d'administration et les actionnaires. L'opération sera dirigée par le directeur sportif du RSCA, Peter Verbeke.

Le CEO d'Anderlercht, Jos Donvil, qui n'a pas joué un rôle actif dans les grandes tractations aujourd'hui dévoilées, a par ailleurs proposé sa démission, nous dit-on.

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