Wanty change de braquet et se développe dans le Hainaut

L'équipe tout juste rebaptisée Intermarché-Wanty-Gobert Matériaux s'entraîne actuellement dans la province d'Alicante. Et pour cause, elle fait son entrée dans la cour des grands, cette année, avec une première participation au World Tour. ©Photo News

Fort du succès du premier magasin de vélos inauguré en 2017 à Tournai, un deuxième va ouvrir ses portes à Binche. Le groupe de construction vise plus large, Flandre inclue.

Alors que la nouvelle saison de cyclisme sur route pointe le bout de son nez, Wanty passe à la vitesse supérieure dans le vélo. Le groupe de construction prépare en effet l'ouverture d'un deuxième point de vente dans son fief de Binche, aux côtés de ses partenaires, a-t-on appris. Inauguration prévue pour février.

Fort de quelque 350 mètres carrés, ce nouvel écrin sera plus petit que son homologue tournaisien (1.000 m2), inauguré en 2017 déjà. Ce qui tient à la nature temporaire du lieu. Et pour cause, l'entreprise projette, à moyen terme, de démolir la concession moto acquise pour héberger le commerce à ce stade afin d'y placer un édifice flambant neuf, certes, mais aussi et surtout plus grand.

350
mètres carrés
Le nouveau magasin de Binche ne comptera que 350 mètres carrés dans un premier temps. Le bâtiment sera reconstruit à terme.

Objectif? Permettre l'émergence d'autres activités en parallèle du magasin, évoque Christophe Wanty, administrateur délégué du groupe de construction fondé par son grand-père, Maurice. C'est ainsi que l'on pourrait voir débarquer à l'avenir un club de sport par exemple, comme c'est déjà le cas à Tournai où sont aussi hébergées les activités de l'équipe cycliste que sponsorise le groupe. Des discussions ont été entamées en ce sens avec différentes parties déjà.

Engouement

Après tout, c'est que l'activité se porte bien. Le chiffre d'affaires du point de vente tournaisien a même quasiment dépassé les deux millions d'euros sur l'année écoulée, évoque le chef d'entreprise. Ce qui l'explique? Outre une crise du coronavirus qui a dopé l'usage du deux roues, un positionnement assez unique où se mêlent produits de pointe et merchandising autour de l'équipe Wanty-Gobert Matériaux, de même qu'accessibilité aux mêmes mécaniciens que pour l'équipe pro ou encore possibilité pour les fans de croiser les coureurs de temps à autre.

Bien, mais peut mieux faire, prévient par contre Christophe Wanty. Car force est de constater qu'aujourd'hui, le féru de cyclisme doit parfois enchaîner les kilomètres pour pouvoir atteindre les cavernes d'Ali Baba hennuyères du clan Wanty - dites les "Want You Bike". C'est pourquoi d'autres développements géographiques sont à l'étude pour les magasins, nous dit-on. En Wallonie, mais aussi en Flandre. "Après tout, une grande partie des coureurs belges de l'équipe sont originaires du nord du pays. Cela ferait donc sens d'y être présent", avance le patron du groupe de construction aux 1.500 employés pour 225 millions d'euros de chiffre d'affaires - un niveau atteint grâce à l'acquisition du cinacien Ronveaux fin 2018.

"Une grande partie des coureurs belges de l'équipe Wanty-Gobert sont Flamands. Cela ferait donc sens d'être présent au nord."
Christophe Wanty
Administrateur délégué de Wanty

Sponsoring

L'actualité ne s'arrête pas là dans le vélo pour Wanty. L'enseigne alimentaire Intermarché a en effet fait son entrée au rang des sponsors de l'équipe cycliste, ont fait savoir les parties en ce début d'année. Elle remplace dorénavant sur les maillots le groupe wallon Circus (désormais Ardent), connu pour ses salles de jeux et ses casinos. Ce dernier reste toutefois sponsor, comme n'en témoignera plus qu'un logo sur les cuissards des coureurs.

Au passage, une subtilité est à noter: les sponsors ne seront plus en réalité de simples sponsors. Comme en témoigne une récente constitution de société dont nous avons eu vent, ils sont désormais actionnaires de l'équipe, nouveauté liée au rachat bouclé fin de semaine dernière de la licence de la célèbre équipe CCC, qui remportait le Tour de France 2011, de même qu'a compté en ses rangs des pointures comme Philippe Gilbert ou Greg Van Avermaet, notamment.

Pour mener à bien l'opération, il aura fallu lever des fonds dont ne disposaient pas la précédente structure, fonctionnant sous forme d'ASBL, évoque Christophe Wanty. C'est ce qui explique ce récent passage en société. D'ailleurs, un second tour de table est attendu dans les mois à venir, nous dit-on.

Cour des grands

Voilà pour l'aspect technique. Pour le reste, cette licence fraîchement acquise permet à l'équipe Intermarché-Wanty-Gobert Matériaux de faire ses premiers pas dans la cour des grands, en participant à l'UCI World Tour. La prestigieuse compétition regroupe des classiques du cyclisme tels que la Flèche Wallonne, Liège-Bastogne-Liège, le Tour des Flandres, Milan-San Remo, Paris-Roubaix ou encore le Tour de France.

De quoi faire fibrer dans les mois à venir la série d'entrepreneurs wallons qui soutiennent financièrement l'équipe, et que sont Philippe Stassen, Pascal Lenoble (Euro Trafic), Giovanni Fadel (Full Services) et Martin Staelens (Intermarché).

Mais aussi l'administrateur du groupe Wanty, Benoît Soenen, aussi actionnaire. Tout comme Christophe Wanty et son père, Michel, de même que Ronald Gobert. Le Français Patrick Vrignon (BTP Consultants) complète la liste.

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