Wouter Vandenhaute, le visionnaire qui se rêvait président mauve

Wouter Vandenhaute, qui a débuté comme journaliste sportif, est un véritable entrepreneur en série. ©jonas lampens

Fan de sport et entrepreneur reconnu, le nouveau président du RSCA est une figure bien connue en Flandre. Il a l’avantage d’être un véritable fan du club bruxellois.

Au revoir Marc Coucke. Bonjour Wouter Vandenhaute. Le Sporting a donc un nouveau président. Wouter qui? Hormis les plus grands fans du blason bruxellois, les francophones à connaître le nouveau président sont probablement peu nombreux. Le constat est un poil différent au nord du pays. Comme on dit dans la langue de Vondel, Wouter Vandenhaute est un "Bekende Vlaming". Il faut dire que son parcours professionnel n’a rien à envier à celui de son prédécesseur.

Gantois d’origine, Wouter Vandenhoute est un véritable entrepreneur. Il n’a toutefois pas le profil classique du CEO sorti tout droit de la Vlerick Business School. Il a commencé sa carrière comme journaliste sportif. Le fait que son grand-père ait été rédacteur en chef de la 'Gazet van Antwerpen' durant dix ans doit sûrement y être pour quelque chose. Mais le job lui a surtout permis de travailler directement dans le milieu du sport, sa première grande passion. Fan de football, Wouter Vandenhaute est rapidement devenu une référence pour relater les exploits dans les stades. Presse écrite, radio, télé et même commentateur, le Gantois touche à peu près à tous les supports. Avec succès. Son expertise reconnue lui permet de mettre sur le gril les plus grands. Dans son tableau de chasse de footballeurs interviewés, on trouve notamment Marco Van Basten ou Ruud Gullit.

Producteur à succès

"Il est motivé par le plaisir et par la possibilité de faire la différence. C’est ce qui le stimule. Bien plus que par l’argent que ses investissements pourraient lui rapporter."

Au fil du temps, son amour pour les médias se précise envers la télévision. L’homme ne se limite plus au sport et se lance dans la production en créant Woestijnvis. Durant des années, la maison de prod va alimenter en émissions ludiques la VRT, puis ses concurrents du privé. Ses plus gros succès se nomment ‘De slimste mens ter wereld’ ou ‘de Mol’ qui dispose de sa version adaptée dans cinquante pays. Même si le deal ne se fera pas sans difficulté, la société de production est finalement revendue à Telenet. La même année, Woestijnvis enregistre un chiffre d’affaires de plus de 26 millions d’euros. La fin d’une aventure. La page "média" de sa vie n’est néanmoins pas tout à fait tournée. Depuis 2011, Wouter Vandenhaute est le président De Vijver Media.

Depuis quelques années, le sport a repris une belle place de son agenda. Il y a deux ans, il a lancé sa propre agence de football qu’il doit désormais revendre en raison de ses nouvelles fonctions à Anderlecht. Mais durant la décennie écoulée, c’est surtout dans le monde du cyclisme, son autre passion, qu’il s'est fait un nom. Il y a quelques années, les classiques flamandes perdent de leur superbe et ont du mal à se renouveler. L’entrepreneur y voit une opportunité et lance ‘Flanders Classics’, désormais considéré comme une institution de la petite reine. L’entreprise est aujourd’hui derrière l’organisation d’un paquet de cyclocross et de six des plus grandes classiques du nord, dont Gand-Wevelgem, Het Nieuwsblad et le Tour des Flandres. Pour raviver le succès de ces monuments, le patron a revu la manière de les organiser mais surtout de les présenter au public, en retravaillant notamment les retransmissions télévisées. Le renouveau est un carton avec, par exemple, plus d’un million de spectateurs repartis sur les 260 km du tour des Flandres.

Faire la différence

"Il est visionnaire, amoureux du sport, engagé, travailleur et garde une dose d’humilité."
Thierry Tacheny

Que ce soit dans la production ou le sport, à chaque fois, la motivation de l’entrepreneur est la même : changer la donne en s’amusant. "Il est avant tout passionné. Il est motivé par le plaisir et par la possibilité de faire la différence. C’est ce qui le stimule. Bien plus que par l’argent que ses investissements pourraient lui rapporter", explique une source qui le connaît bien. Son expertise du monde du sport et de l’entrepreneuriat semble difficilement contestable. Deux bons points pour gérer un club de football.

Reste à savoir si le cœur du nouveau président est bien mauve, ce qui a souvent été reproché à Marc Coucke. "Il est fou d’Anderlecht. Il est abonné depuis ses dix ans. Ça fait donc environ cinquante ans qu’il va au stade", nous explique-t-on. "Anderlecht était d’ailleurs son ambition. C’était ce club et pas un autre", glisse-t-on encore. Bonne nouvelle pour ce travailleur acharné: le travail n‘y manquera pas. Son profil est donc, sur papier, plutôt bien calibré pour la fonction. "Il est visionnaire, amoureux du sport, engagé, travailleur et garde une dose d’humilité ", énumère Thierry Tacheny, l’homme des médias avec qui il a travaillé durant plusieurs années. Le portrait dressé est propre. Aucun défaut à pointer, vraiment ? "Il a tellement confiance en ses intuitions qu’il a parfois des difficultés à écouter les autres", admet l’homme des médias. "Mais c’est le propre des personnes éclairées."

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