30% des investissements cloud réalisés en Belgique inutiles?

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Encore peu mature, la technologie cloud semble rester un point sensible pour les grandes entreprises belges. Les CIO belges auraient du mal à gérer la consommation et les dépenses liées au cloud.

Les grandes entreprises belges investissent des montants conséquents dans leurs infrastructures cloud. Selon l’indice Insight Intelligent Technolgy qui publie les résultats de son enquête pour la deuxième année consécutive, les entreprises belges de plus de 500 personnes investissent en moyenne 14,64 millions d’euros par an dans le cloud. Un montant qui reste pourtant largement inférieur à la moyenne européenne qui tourne autour de 33 millions d’euros. La Belgique est donc en retard en termes d’investissements et cela s’explique par plusieurs facteurs mis en lumière dans l’enquête réalisée par Insight.

Architecture et consommation

Ce retard belge s’explique notamment par la difficulté à déterminer la bonne architecture à mettre en place et dans laquelle investir. Les 100 CIO belges interrogés font, par exemple, part de leurs problèmes à identifier s’il vaut mieux investir dans un cloud privé, public ou hybride. Ils expliquent aussi avoir des difficultés à gérer les coûts liés à une infrastructure cloud et la consommation qui en découle. Un constat qui se traduit en un chiffre extrêmement interpellant: 30% des montants investis dans le cloud par les grandes entreprises belges le sont pour des services liés au cloud qui ne sont pas utilisés ensuite.

14,64 millions €
Chaque année, les grandes entreprises belges dépensent en moyenne 14,64 millions d’euros pour leur infrastructure cloud.

À l’échelle d’une entreprise de plus de 500 personnes et qui réalise au minimum 50 millions de chiffre d’affaires, cela représenterait une perte de 4,4 millions chaque année. Un montant faramineux qui semble trop gros pour être vrai. Pourtant, Insight persiste et explique: "Le cloud reste un moteur critique pour les entreprises agiles et numériques, mais il faut trouver la bonne approche", selon Wolfgang Ebermann, président d’Insight EMEA. "La sous-exploitation de la technologie est un problème depuis plusieurs décennies, et il n’est pas étonnant de retrouver le même problème dans le cloud. En déployant les bons instruments de contrôle, les organisations peuvent toutefois optimiser la consommation du cloud et faire en sorte de ne payer que pour les services qu’elles utilisent."

Le cloud serait donc toujours ce mirage dont les grandes entreprises ont énormément de mal à saisir les opportunités et la gestion qu’il convient d’en faire? Du côté du terrain, le son de cloche est différent. Patrick Devis, CIO de Belfius, reste bouche bée devant le ratio et le montant de 4,4 millions. "Trente pourcents, cela me paraît gigantesque. Ce n’est clairement pas le cas chez Belfius. Surtout que le cloud permet une agilité, notamment lors des tests peu coûteux, qui évite de s’engager dans des investissements trop lourds sans savoir où l’on va. Si 30% des investissements sont consacrés à des services qui ne sont pas utilisés, cela traduit une méconnaissance flagrante des besoins réels de l’entreprise." Si le ratio de 30% présenté par l’étude d’Insight pose question, la méconnaissance du cloud en lui-même et le brouillard qui entoure les investissements qui y sont liés semblent bien réels.

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