interview

"40% des smartphones vendus en Belgique sont des Samsung"

Serge Vandriessche, directeur de la division mobile chez Samsung Benelux ©Samsung Mobile

L'affaire de l'"explosif" Note 7 semble désormais oubliée pour Samsung qui connaît à nouveau la croissance dans le mobile. Reste qu'au niveau B2B, c'est le rival Apple qui mène la danse en Belgique. Le géant sud-coréen entend donc accélérer la marche et... inverser la tendance.

En marge des scandales auxquels son top management doit faire face, le géant sud-coréen vient d’annoncer des bons résultats pour le troisième trimestre. L’ombre de son explosif "Note 7", ce "phablette" (pour smartphone d’une taille proche de la tablette) présentant des risques de combustion qui avait été banni par certaines compagnies aériennes et avait forcé Samsung à un rappel massif, semble disparaître peu à peu. 

Place à une nouvelle image. En tout cas, c’est l’idée. Et pour ceux qui en douteraient, l’entreprise a été jusqu’à offrir son nouveau smartphone phare à quelque 200 passagers d’un vol La Corogne - Madrid Barajas la semaine passée histoire d’inverser la vapeur. Serge Vandriessche, directeur de la division mobile pour la Belgique et le Luxembourg chez Samsung Electronics, revient sur la santé de la firme.

Avez-vous souffert de cette histoire de Note 7 au niveau belge?
Nous n'avons pas livré cet appareil dans le pays à l’époque, ce qui a constitué un véritable avantage. Nous avons évité tous les problèmes qu'a connu Samsung à l’international, à savoir la nécessité pour les clients de ramener leur appareil en magasin, ce qu'ils n'ont pas toujours accepté, voire la limitation par voie logicielle de leur niveau de batterie pour limiter les risques.

Le profil
  • En Belgique, Samsung compte une centaine de collaborateurs, pour 300 au niveau Belux.
  • L'entreprise occupe une part de marché de plus 40% dans le pays avec ses smartphones.
  • En parallèle de la division mobile, dont Serge Vandriessche est directeur, la firme travaille aussi sur deux autres axes que sont l’éléctronique grand public et l’IT.

Récemment, vous avez dévoilé son remplaçant. Aviez-vous des craintes?
Honnêtement, oui. Nous avons eu des doutes au début quant aux problèmes d'image autour de ce nouvel appareil, mais les précommandes enregistrées ont vite effacé tout cela. Par rapport au modèle précédent, elles ont augmenté de près de 30%.

Comment l’expliquer?
La communauté d'utilisateurs qui s'est constituée autour de ce smartphone y est très attachée. En fait, nos études ont établis que le Note détient le score le plus élevé du secteur en matière d’attachement. Plus de 85% des gens qui en ont eu un en leur possession, pensent à racheter le même lors de leur prochain choix d'appareil.

Doit-on y voir la victoire des "phablettes" comme genre à part et désirable?
Peut-être... Le fait est que nous y avons toujours introduit nos innovations les plus récentes, et ce, avant même qu'elles n'apparaissent dans notre modèle plus grand public qu'est le Galaxy. Et ça, je pense qu'un certain public l'a reconnu, voire le cherche.

40%
Si Samsung détient une part de marché de 23 à 24% en volume au niveau mondial, cette part dépasse les 40% en Belgique.

Qui achète ces grands smartphones?
Il n'y a pas vraiment de client type. Beaucoup de gens pensent que ce genre d’appareil est réservé aux hommes d'affaires, mais ce n'est pas le cas. Tout dépend de l'utilisation recherchée. Certains choisissent des phablettes comme un grand téléphone pour consommer du média, alors que d'autres vont plutôt tirer parti du stylet et des annotations.

Comment se portent vos activités?
Si nous occupons une part de marché de 23 à 24% en termes de volumes au niveau mondial, cette part est bien plus élevée en Belgique où nous avons une part de marché supérieure à 40%. Nous sommes numéro un sur le marché aujourd’hui.

Notre part de marché dans le mobile est plus élevée en Wallonie qu’en Flandre
Serge Vandriessche
Directeur Mobile chez Samsung Belux

Constatez-vous des différences entre nord et sud au niveau de vos ventes?
Oui, clairement. Notre part de marché est plus élevée en Wallonie qu'en Flandre.

Qu’est-ce qui l’explique?
Nous n'avons pas encore réalisé d'étude sur ce point, mais des facteurs tels que les salaires plus bas (éliminant de facto Apple qui n’offre que des smartphones dans la tranche onéreuse, NDLR) jouent surement.

Quid du haut de gamme? Cela marche?
Pour ce qui est du Note, il difficile de comparer les résultats d'une année à l'autre vu les circonstances; par contre, nous avons enregistré près de 10% de ventes supplémentaires de notre nouveau Galaxy S par rapport au modèle précédent – pour lequel nous avions récupéré des clients du Note.

Dès lors, l'enjeu est de conserver votre avance face à d’autres grands noms comme Apple ou le plus récent Huawei...
Oui, mais nous sommes confiants.

Le Samsung Galaxy Note 8, nouveau cheval de bataille du géant sud-coréen qui entend faire oublier les soucis de son "explosif" prédécesseur. ©AFP

L’on assiste aujourd’hui à une tendance: des smartphones aux prix flirtant avec la barre symbolique des 1.000 euros. Est-ce un phénomène amené à s’installer?
Les prix, c'est quelque chose de difficile à expliquer, mais il faut bien comprendre que l'innovation a un coût. De notre côté, nous réinvestissons chaque année près de 7% de nos revenus totaux dans la recherche et le développement. Alors oui, c'est clair qu'il y a une limite à ce que les gens veulent payer, mais le prix qui est fixé par la Corée se doit d'intégrer cette composante de R&D...

Et puis ces mille euros ne concernent que les appareils haut de gamme qui s’adressent à un public particulier et dont les innovations viennent ensuite améliorer l’ensemble de nos modèles existants après quelques années.

La prochaine révolution? Les écrans flexibles. Vous pourrez transformer votre tablette en ordinateur portable en la pliant en deux.
Serge Vandriessche
Directeur Mobile chez Samsung Belux

En parlant améliorations, après les écrans sans bord, le rechargement sans fil, la reconnaissance faciale ou de l’iris, les doubles caméras,... what’s next?
Je pense que l'on a atteint un certain palier aujourd'hui. Nous allons plutôt connaître pendant un moment des évolutions que des révolutions. Par contre, à terme, je pense que ce qui risque de changer beaucoup de choses, ce sont les écrans flexibles. Vous pourrez par exemple plier une tablette en deux pour la transformer en petit ordinateur portable, la partie inférieure se transformant en clavier.

Quand pensez-vous que nous verrons cette technologie arriver chez nous?
Si cela existe déjà, nous ne disposons pas encore de calendrier pour ce qui est d’une production de masse.

Quid des montres connectées?
Les ventes sont bonnes et continuent à se développer chaque année.

Et des casques de réalité virtuelle?
Pour ce qui est du grand public, la percée n'a pas encore eu lieu, notamment à cause d’un manque de contenu disponible à l’heure actuelle, surtout au niveau des jeux vidéo. Par contre, au niveau business, les ventes se portent bien.

Nous avons encore du pain sur le planche pour devenir numéro un en B2B.
Serge Vandriessche
Directeur Mobile chez Samsung Belux

Ce créneau business, ne l’avez-vous pas longtemps délaissé côté smartphones?
Il est vrai que l’on a encore du pain sur la planche pour devenir numéro un en B2B...

Position occupée par Apple... Pourquoi?
Nous avons fait le choix de nous concentrer plutôt sur le marché résidentiel ces dernières années. Il faut bien comprendre que le marché business a longtemps été dominé par de nombreux acteurs tels que Windows et ses Windows Phone, Blackberry et Apple. Désormais, avec la disparition des deux premiers acteurs, Apple a vraiment pris de l'avance.

Quel est le remède?
Les produits, mais avec la particularité que leur cycle de vie se doit d'être plus long pour des entreprises. En effet, on ne peut décider après un an de retirer un produit du marché. En parallèle, il y a toute la partie logicielle où nous avons véritablement une carte à jouer en matière de sécurité des données et des applications. C’est pourquoi, nous allons renforcer notre équipe rapidement pour attaquer le marché B2B.

Résultats

Bénéfice record et changements de têtes

Milieu de semaine, Samsung Electronics a annoncé un bénéfice record de près de neuf milliards d’euros au troisième trimestre, en hausse de près de 150% en un an, dopé par une demande solide pour ses puces mémoires et l’appétit des consommateurs pour son appareil de nouvelle génération, le Galaxy Note 8. Résultat, le géant sud-coréen entend doubler les dividendes qui seront versés aux actionnaires en 2018, et ce pour trois ans. Un tableau idyllique… qui masque quelque peu un vaste remaniement au sommet du groupe suite à la récente incarcération du vice-président et héritier de l’empire, Lee Jae-yong, condamné en août à cinq ans de prison pour corruption, abus de bien sociaux et parjure. Trois des plus hauts profils de Samsung viennent d’être remplacés.

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