Ces appels aux secours qui parasitent le système eCall, et inversement

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Le système embarqué eCall, qui permet à une voiture accidentée d’appeler automatiquement les secours, essuie les plâtres. Sur 700 appels passés en France depuis le début de l’année, 200 étaient "fantômes", apprend-on.

Depuis le 31 mars, tous les nouveaux véhicules européens – voitures et fourgonnettes – doivent être équipés du système eCall. En cas d’accident, la voiture équipée envoie automatiquement un appel au 112, transférant aux services d’urgence un ensemble de données sur l’état du véhicule et sa localisation précise. Avec l’effet de réduire potentiellement de moitié le temps d’arrivée des ambulanciers, donc de sauver des vies.

Le principe est simple, mais l’atterrissage l’est moins, apprend L’Echo à bonnes sources. Des signaux d’alerte arrivent de France, où les constructeurs automobiles n’ont pas attendu le 1er avril pour tester le système. À l’été dernier déjà, une cinquantaine d’appels eCall fantômes par jour arrivaient dans les centres de traitement des appels d’urgence de l’Hexagone, et leur cause n’était pas clairement identifiée. Paris a alerté la Commission européenne du problème à plusieurs reprises.

Sur les quatre premiers mois de l’année, quand 500 appels-tests étaient émis, les centres de traitement des appels d’urgence français recevaient 200 appels supplémentaires d’origine inconnue, sans qu’aucune donnée de localisation ne soit transmise, précise aujourd’hui une source à la Commission européenne. Ces "ghost eCalls" "ont peut-être été générés par de vieux téléphones mobiles mal configurés", indique-t-elle.

Des secours muets

Le problème est réel mais il doit être relativisé, poursuit la même personne: "Si vous considérez 200 faux eCalls sur quatre mois pour l’ensemble de la France, cela représente entre un et deux faux eCall par jour pour l’ensemble du pays."

Mais le corollaire de ce problème de parasitage de l’eCall, c’est que du point de vue de la personne qui appelle les secours depuis son téléphone portable, le parasite, c’est l’eCall…

"Ces téléphones mettent apparemment en œuvre les parties pertinentes qui configurent le type d’appel d’urgence de manière erronée, ce qui n’est pas prévu dans le standard. Ce qui met tous les bits des différentes catégories de services d’urgence à 1 au lieu de 0, avec comme résultat que le réseau mobile, en cas de réception d’un appel d’urgence de ces combinés, interprète par erreur qu’il s’agit d’un eCall", détaille-t-on à la Commission.

Au lieu de tomber sur un opérateur, la personne en détresse se retrouve ainsi confrontée pendant de longues minutes à des tonalités de modem.

"Des tests de conformité ont été mis à jour pour assurer que les nouveaux combinés ne génèrent plus de faux eCalls."

Nous n’avons pas d’information sur l’existence ou non d’un problème hors de la France. En Belgique, on ne note pas de problème particulier. "Nous recevons seulement quelques appels eCall par semaine, il est trop tôt pour dire combien sont faux", indique-t-on à la Direction 112 du SPF Intérieur. Pour la Belgique, entre le 1er et le 19 avril, sur les trois centres 112 (Gand, Namur, Bruxelles), il y a eu… un appel eCall.

Trop tôt donc pour tirer le moindre bilan statistique. Mais la Commission européenne indique que des solutions de transition sont sur la table pour prévenir ce genre de problèmes à l’avenir. "Des tests de conformité ont été mis à jour pour assurer que les nouveaux combinés ne génèrent plus de faux eCalls", nous indique-t-on.

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