Du mobilier design à partir de déchets en plastique

©ESSENSCIA

La start-up The One Project propose des solutions clés en main pour un recyclage des plastiques en circuit court. Parmi celles-ci, l’utilisation d’une imprimante 3D géante transportable.

Des centaines de kilos de déchets plastiques du festival Tomorrowland transformés en mobilier: c’est la carte de visite que peuvent montrer les créateurs de The One Project, une start-up bruxelloise qui propose des solutions clés en main pour un recyclage des plastiques en circuit court.

À cette occasion, une imprimante 3D géante transportable, présentée comme unique au monde, a été utilisée pour créer des chaises à partir de dizaines de milliers de gobelets en PET récoltés lors de l’événement. Mais il ne s’agit que d’une possibilité parmi d’autres. La philosophie de The One Project, c’est en effet de proposer des solutions à la carte aux gros utilisateurs de plastique. Leurs cibles? Les festivals, les sociétés de boisson, la construction, les firmes pharmaceutiques, les designers de mobilier.

 

Fondée il y a moins d’un an par Harold van der Straten Ponthoz et Philippe Merillet, la start-up, qui ne compte pour l’instant que deux personnes, se présente comme un petit consortium. "On a constaté que dans le secteur du plastique, il y a déjà pas mal de sociétés qui travaillent dans la collecte, la transformation, la revalorisation, fait valoir Harold van der Straten Ponthoz. Mais il n’y a pas de synergies entre elles. Notre concept, c’est de regrouper ces différentes expertises pour proposer à des clients une véritable solution de revalorisation et de transformation de leurs propres déchets en circuit court. On réfléchit à un produit fini. En fonction de ce besoin final, on établit la chaîne de revalorisation."

essenscia plaide pour plus de recyclage et des plastiques innovants

Le Parlement européen a approuvé jeudi une résolution invitant la Commission et les Etats membres à en faire davantage pour produire et utiliser les plastiques de manière responsable et durable. L’industrie devrait commencer à prendre des mesures pour faire en sorte que tous les emballages plastiques soient réutilisables ou recyclables dans des conditions économiquement efficaces d’ici 2030, selon ce texte porté par l’eurodéputé Mark Demesmaeker (N-VA), qui a précisé qu’il ne s’agissait pas "d’un plaidoyer contre le plastique".

Le recyclage et la mise au point de plastiques innovants étaient par ailleurs au centre des premiers "Belgian Pastics Days" organisés par la fédération sectorielle essenscia, où l’imprimante 3D géante de The One Project a été exhibée. Essenscia a créé au début de l’année une division, PolyMatters, dédiée aux plastiques. Dirigée par Saskia Walraedt, celle-ci a succédé à Federplast, structure coupole entre essenscia et Agoria.

Une des options, c’est donc le recyclage avec une imprimante 3D XXL. Une deuxième start-up, Colossus, basée à Genk, a été créée par les deux jeunes entrepreneurs juste pour le développement et la commercialisation de l’imposant engin, installé dans un container. Pour finaliser son projet, Colossus s’est tourné vers différents partenaires, dont la société IMA de Houthalen-Helchteren et l’entreprise néerlandaise Dutch Filaments, aujourd’hui reprise par Mitsubishi Chemical.

Il existe certes des imprimantes aussi massives, mais pas mobiles, et travaillant avec d’autres matériaux (souvent non recyclés) que le PET et avec des délais d’impression plus long. "On peut imprimer un fauteuil en 4 heures, contre une centaine chez un concurrent suédois spécialiste de l’impression 3D", précise le jeune entrepreneur.

Du mobilier pour kot

L’imprimante container servira de base pour un "printing service" proposé par The One Project – ce qui nécessitera une levée de fonds –, tandis que de son côté, Colossus tentera de vendre la technologie à d’autres, tout en poursuivant le développement.

Outre Tomorrowland, la petite société a aussi valorisé des déchets plastiques chez AB InBev en les transformant en bancs. Au festival Pukkelpop, elle a travaillé avec une troisième start-up, Tridea, spécialisée dans le recyclage des bouteilles en PET en filaments pour imprimante 3D classiques. "Nous avons des projets avec la salle de concert luxembourgeoise La Rockal. On en a aussi avec Coca-Cola dans les universités, pour créer du mobilier pour les kots. Et Besix s’intéresse aussi à l’imprimante pour faire des moules", se réjouit Harold van der Straten Ponthoz.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Contenu sponsorisé

Partner content