Et si Amazon installait son futur siège au Canada?

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20 villes ont été présélectionnées par le géant du commerce en ligne pour l'implantation de son second siège social. 19 sont américaines et sont en lice aux côtés de la ville canadienne de Toronto. Amazon promet de rendre son verdict d'ici la fin de l'année.

L'appel d'offres d'Amazon pour la construction d'un deuxième QG, le bien nommé HQ2, n'est pas passé inaperçu. Le groupe de Seattle a vu 238 villes se battre pour espérer décrocher cette timbale en or massif. Certains candidats ont même promis des milliards de dollars d'avantages fiscaux pour faire pencher la balance de leur côté. Finalement, le géant du commerce électronique a choisi 20 villes et régions en Amérique du Nord

50.000
Le nombre d'emplois que ce projet pourrait créer
Le projet HQ2 d'Amazon prévoit un investissement de cinq milliards de dollars (4,2 milliards d'euros) susceptible de créer 50.000 emplois bien rémunérés.

Toronto, un choix risqué

Parmi les heureux élus figure la ville canadienne de Toronto, la seule de la liste qui se trouve en dehors des Etats-Unis. Elle y côtoie aussi bien les grandes métropoles que sont New York, Los Angeles, Chicago et Washington D.C. que des agglomérations plus modestes telles que Raleigh, en Caroline du Nord, et Columbus, dans l'Ohio.

"Il pourrait y avoir des conséquences d'un point de vue politique à décider d'investir en dehors des Etats-Unis. De quelle manière une entreprise de la taille d'Amazon répliquera à ce genre de menace? Telle est la question".
Shauna Brail
Université de Toronto

En retenant Toronto, Amazon devra peser le pour et le contre entre les avantages offerts par le Canada. D'un côté, la politique migratoire canadienne, plus ouverte et centrée sur la recherche de personnel high tech très qualifiée, et la couverture maladie universelle du pays voisin ont de quoi séduire.

Mais, ce choix s'avère risqué par les temps qui courent. Il se trouve que le locataire de la Maison-Blanche encourage les entreprises US à investir davantage sur le territoire national. Le choix canadien exposerait Jeff Bezos et son groupe à une pluie de tweets incendiaires, voire pire. "Il pourrait y avoir des conséquences d'un point de vue politique à décider d'investir en dehors des Etats-Unis", a dit Shauna Brail, directrice du programme des études urbaines de l'Université de Toronto. "De quelle manière une entreprise de la taille d'Amazon répliquera à ce genre de menace? Telle est la question".

La surenchère aux avantages

Amazon avait annoncé en novembre qu'il ouvrirait un deuxième "corporate office" à Vancouver, une ville canadienne assez proche de Seattle, une décision indépendante du dossier HQ2. Pour ce dernier, Toronto n'a pas proposé d'avantages financiers, tandis que le New Jersey pourrait aller jusqu'à sept milliards de dollars de crédits d'impôt si Amazon optait pour Newark et tenait ses promesses en matière d'emploi.

Dans la banlieue d'Atlanta, les autorités proposent de dégager une grande friche industrielle afin de créer une nouvelle bourgade baptisée Amazon et d'élire Jeff Bezos maire à vie. Atlanta, Austin, Boston, Dallas, Denver, Indianapolis, Miami, le comté de Montgomery (Maryland), Nashville, la Virginie, Philadelphie et Pittsburgh figurent aussi sur la "shortlist" d'Amazon.

Apple a pour sa part annoncé mercredi qu'il comptait ouvrir un second campus aux Etats-Unis dans le cadre d'un programme d'investissement quinquennal de 30 milliards de dollars. La firme à la pomme doit ainsi créer 20.000 emplois, attestant de la puissance toujours plus grande des sociétés high-tech dans l'économie américaine.

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