Grâce au soutien de Google, Collibra rejoint la cour des très grands

Felix Van de Maele, le fondateur de Collibra ©Collibra

En levant 100 millions de dollars, la scale-up belge Collibra vient d’atteindre une valorisation dépassant le milliard de dollars, dix ans seulement après sa création.

La Belgique a enfin sa première licorne tech. On ne parle pas d’un conte pour enfants version 2.0 mais bien d’un sérieux coup de maître effectué par Collibra. Cette pépite bruxelloise spécialisée dans la "data governance" est entrée depuis ce mardi dans la cour des très grands.

L’entreprise belge est presque devenue une habituée des levées de fonds à plus de sept chiffres.

Elle vient tout juste de lever 100 millions de dollars auprès de CapitalG, un fonds d’investissement dans lequel on retrouve des pointures comme Alphabet, la maison mère de Google. En plus de ces nouveaux investisseurs, la société s’est également assuré le soutien de plusieurs autres acteurs, dont Iconic Capital, déjà actionnaire de l’entreprise et dans lequel on retrouve des capitaux de Mark Zuckerberg.

L’entreprise belge est presque devenue une habituée des levées de fonds à plus de sept chiffres. Il y a un an, c’étaient pas moins de 50 millions d’euros qui étaient injectés dans l’entreprise, à l’origine spin-off de la VUB.

Mais ce nouvel apport a sans doute une saveur particulière pour les dirigeants de l’entreprise. Avec cet argent frais, la société dispose désormais d’un capital de plus d’un milliard de dollars, tout juste dix ans après avoir été lancée. Un seuil symbolique atteint en seulement une décennie, et qui offre à Collibra le statut de première "licorne" tech de Belgique.

La Flandre n’y croyait pas

Cette success story a été portée principalement par un homme: Felix Van de Maele. Une fois son diplôme en poche, il décide de lancer Collibra sous forme de spin-off. Alors que certains s’interrogeront sur son manque d’expérience du monde de l’entreprise, lui préfère mettre en avant son rapport au monde universitaire. De quoi lui donner "un regard frais et du crédit",expliquait-il, il y a quelques mois, dans nos colonnes.

Ostendais d’origine, il choisira la capitale pour poser ses cartons et développer ses idées. À l’époque, la Région bruxelloise croit en lui et accepte d’investir dans son projet. L’homme avait d’abord tenté de convaincre sa région d’origine, mais sans succès.

Installée entre la Belgique, les Etats-Unis, la Pologne et la Grande-Bretagne, Collibra voit son chiffre d’affaires annuel croître chaque année en flèche. L’année dernière, il était ainsi en hausse de 80%. En septembre dernier, l’entreprise belge était également reprise pour la deuxième fois consécutive dans le "Forbes Cloud 100", le classement du célèbre magazine américain reprenant les entreprises les plus importantes au monde dans le secteur.

L’entreprise compte des centaines de clients dans tous les secteurs. La société est, par exemple, parvenue à convaincre les plus grandes banques américaines de travailler avec elle, peu de temps après la crise.

Aujourd’hui, plus de 450 personnes travaillent pour l’entreprise belge. Mais le groupe n’a certainement pas encore fini de grandir. Pour s’assurer une croissance, Collibra a besoin constamment d’élargir ses troupes. Pour 2019, la scale-up table sur le recrutement de 200 personnes.

Ce n’est que le début

Les fonds levés devraient permettre à l’entreprise de continuer à améliorer sa technologie et continuer à accélérer sa croissance. Collibra ne devrait donc pas en rester là. Son patron a d’ailleurs encore pas mal d’ambitions. Il y a quelques mois, il confiait déjà à L’Echo "viser un chiffre d’affaires de 200 millions d’euros d’ici deux à trois ans". Il l’assure, cet objectif n’a pas changé. Cette année, Collibra mise déjà sur 100 millions d’euros de chiffres d’affaires.

4 questions à Félix van de Maele, CEO de Collibra

1 - Pourquoi aviez-vous déjà besoin d’un nouvel apport d’argent seulement un an après avoir levé 50 millions?

En réalité, nous n’avions pas absolument besoin de nouveaux fonds pour le moment. Ce qui n’est pas plus mal. Il est toujours plus intéressant de négocier une levée de fonds supplémentaire à un moment où ils ne sont pas indispensables. Nous avons reçu plusieurs offres. Celle de CapitalG était particulièrement intéressante. Cela avait du sens de les faire entrer dans notre capital. Google est aujourd’hui l’entreprise travaillant avec du big data la plus importante au monde. Leur expérience sera très utile. Avoir dans ses actionnaires un nom comme Google est également utile pour la notoriété. On souhaite utiliser cet argent pour continuer à développer notre produit et croître rapidement.

2 - Pourquoi une croissance rapide est-elle indispensable?

Nous sommes sur un marché spécifique, dominé par seulement quelques gros acteurs. Aujourd’hui, nous sommes l’un des leaders sur le marché. Nous devons le rester. Mais cela passe par des investissements importants pour continuer à nous développer. Nous comptons notamment engager 200 personnes supplémentaires.

3 - Vous affichez une croissance à deux chiffres depuis plusieurs années. Cette évolution peut-elle durer encore longtemps?

Oui, je pense que nous allons continuer à croître très rapidement. L’année dernière, nous avions une croissance de 80%. L’année d’avant, de 120%. Nous sommes sur un marché où il y a encore énormément de potentiel. Je considère que nous ne sommes encore qu’une start-up. Nous avons donc encore une grande marge de progression.

4 - Votre implantation belge a-t-elle toujours de l’importance?

Oui, bien sûr. Le marché américain est effectivement devenu l’une de nos priorités. Notre siège à New York est celui qui compte le plus de travailleurs sur les 450 que nous comptons. Mais l’Europe et donc la Belgique restent très importantes dans notre développement. Notre site belge est spécifiquement dédié au développement. C’est un lieu stratégique pour l’entreprise et nous ne comptons pas le modifier.

 


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