L'utilisation des smartphones atteint son pic chez les jeunes

©Hollandse Hoogte / Joost van den Broek

Le point de bascule semble être atteint dans l’utilisation des smartphones, d’après une enquête globale de l’entreprise de sondage Kantar TNS réalisée auprès de 70.000 consommateurs dans 56 pays.

L’étude "Connected Life 2017" révèle que le temps moyen d’utilisation des mobiles et des tablettes recule pour la première fois chez les 16-24 ans, en passant de 3 heures 54 par jour à 3 heures 45. Cette diminution d’à peine dix minutes n’est pas une révolution en soi, mais signifie probablement qu’un pic vient d’être atteint et ne sera plus dépassé de façon significative chez ceux qui sont nés avec internet. Notamment parce que 34% d’entre eux indiquent, dans cette même étude, avoir la volonté de réduire leur utilisation. Des variations importantes existent toutefois en fonction des zones géographiques et des niveaux de vie.

Ces données confirment celles de l’étude semestrielle de référence, celle de Comscore Mobile Metrix, aux Etats-Unis, qui a déjà enregistré un ralentissement sensible de l’utilisation des smartphones. Après avoir quasiment doublé, entre 2012 et 2015, l’utilisation quotidienne globale chez les Américains ne progresse qu’à un rythme poussif depuis deux ans.

Connected Life 2017

Les Belges ne veulent pas des chatbots

Qu’en est-il des Belges? L’utilisation des smartphones chez les 16-24 ans a certes augmenté sur un an, mais elle reste nettement inférieure à la moyenne (3 h contre 3 h 45). Les Belges sont presque systématiquement parmi les plus réticents vis-à-vis des dernières évolutions technologiques. En prenant en compte toutes les catégories d’âge, 74% d’entre eux ne souhaitent pas dialoguer avec des machines ou des chatbots, même si cela leur fait gagner du temps. Seulement 14% se fient aux contenus visibles sur les réseaux sociaux (contre 61% des Indonésiens). Par ailleurs, seuls 19% des Belges se disent favorables à l’idée que leur smartphone puisse être utilisé pour tous types de paiements.

14%
Un peu plus d’un Belge sur 8 seulement se fie aux contenus visibles sur les réseaux sociaux.

Le climat délétère autour des réseaux sociaux depuis 2016 contribue-t-il à cette perte d’élan? Selon Michael Nicholas, Global Lead of Connected Solutions chez Kantar TNS, "nous vivons désormais dans un monde connecté, celui de la post-vérité, où le principal état d’esprit des consommateurs est la suspicion, et non plus l’adhésion."

La sollicitation permanente et toujours plus sophistiquée de l’attention des utilisateurs pourrait également avoir un effet contre-productif"Dans les pays développés, poursuit Nicholas, la connexion que les marques ont réussi à établir avec les consommateurs — que ce soit par les nouvelles technologies, le partage de contenus, le ciblage à partir des données personnelles ou le perfectionnement des techniques d’e-commerce — semble éroder la confiance et non pas la bâtir."

Malgré l’extraordinaire dynamique des dix dernières années, le rapport des consommateurs aux smartphones est donc plus évolutif que jamais, surtout à la veille de ce qui se profile comme la nouvelle grande révolution technologique, qui pourrait profondément transformer la relation aux écrans: la reconnaissance vocale.

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