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La Silicon Valley s'inquiète pour le financement de ses start-ups

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Pour la troisième année consécutive, le nombre de levées de fonds a reculé pour les start-ups nouvellement créées.

Ce n’est pas encore l’éclatement tant redouté d’une nouvelle bulle Internet, mais le ralentissement commence à inquiéter dans la Silicon Valley. En 2017, les levées de fonds réalisées par les nouvelles start-ups devraient de nouveau reculer, et ainsi retomber à leur plus bas niveau depuis 2011. Sur les trois dernières années, le nombre d’opérations a été divisé par deux, selon les données collectées par le cabinet PitchBook.

"C’est une tendance qui dure depuis trois ans donc il n’est plus possible de l’expliquer par des facteurs macroéconomiques ou à court terme, souligne Victor Basta, fondateur du fonds d’investissement Magister Advisors. Encore plus inquiétant, cela intervient alors que les valorisations sur les marchés actions ont atteint des niveaux sans précédent partout dans le monde.", 

Ce repli ne concerne pas que les États-Unis. L'Europe et l'Asie sont également concernées.

Toutes logées à la même enseigne?

Les sociétés plus avancées dans leur développement s’en sortent mieux. Ainsi, les sommes récoltées par l’ensemble des groupes technologiques non cotés affichent une baisse beaucoup plus modeste. Cela s’explique en partie par plusieurs opérations supérieures à un milliard de dollars, qui compensent les difficultés des jeunes pousses.

Cette évolution est notamment alimentée par l'activité de nouveaux types d'investisseurs, comme le groupe internet japonais Softbank, qui a lancé au printemps un fonds de 100 milliards de dollars.

“Pour les entrepreneurs qui se lancent maintenant, il va être plus difficile de mener leur première levée de fonds”, confirme Fred Wilson, associé au sein du fonds Union Square Ventures. “La bulle a commencé à se dégonfler en 2015”, poursuit-il, parlant d’un “retour à la normale”. Selon lui, l’introduction en Bourse de Facebook, en mai 2012, a en effet provoqué un afflux de business angels: les employés du réseau social devenus millionnaires et voulant réinvestir leur nouvelle fortune.

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Depuis, ce mouvement de correction a été amplifié par le repli des “exits” (vente ou introduction en Bourse), qui s’est accéléré depuis deux ans. Ces opérations doivent normalement permettre aux investisseurs de redéployer leurs capitaux vers de nouvelles start-ups.

Victor Basta avance une autre explication: avec l’essor des smartphones et le transition du web des ordinateurs vers les supports mobiles. Les fonds ont massivement investi dans des start-ups concevant des applications. Le secteur est désormais plus mature. Si certains nouveaux entrants parviennent encore à percer, les succès restent rares face aux positions déjà établies, par Google et Facebook notamment. “Depuis 2014, les levées de fonds des entreprises qui utilisent le mot mobile dans leur descriptif ont fortement chuté”, souligne Victor Basa.

D’autres secteurs précédemment en vogue sont aussi touchés, comme les logiciels dans le cloud pour les entreprises ou la fintech. En revanche, les start-ups spécialisées dans l’intelligence artificielle et dans la voiture autonome séduisent de plus en plus les investisseurs.

Principales levées de fonds de 2017

WeWork: 4,4 milliards de dollars
Du jamais vu sur le secteur des nouvelles technologies. En août, WeWork a officialisé une levée de fonds de 4,4 milliards de dollars, apportés par le groupe japonais Softbank. La société new-yorkaise est désormais valorisée à un peu plus de 20 milliards de dollars. WeWork est spécialisée dans le partage de bureaux, notamment pour les jeunes professionnels et les start-up. Elle revendique plus de 50.000 clients et plus d'un milliard de dollars de recettes annuelles. Et tente de se diversifier dans la location de logements. Cependant, de nombreux doutes subsistent sur son modèle économique et le véritable potentiel du marché.

Lyft: 2,1 milliards de dollars
Surfant sur les difficultés d’Uber, Lyft a mené deux tours de table cette année. D’abord, 600 millions de dollars en avril. Puis, 1,5 milliard en décembre, notamment auprès de CapitalG, un fonds d’investissements de Google. La plate-forme de VTC a récemment gagné des parts de marché aux Etats-Unis grâce aux multiples polémiques touchant de son grand rival. Elle vient de se lancer à Toronto, première étape d’une stratégie de développement à l’international qu’elle avait mis de côté il y a plusieurs années. Lyft est aussi très actif dans le domaine des voitures autonomes et vient de lancer une expérimentation à Boston.

Airbnb: 1 milliard de dollars
En attendant une introduction en Bourse anticipée pour 2018, Airbnb a conclu une levée de fonds d’un milliard de dollars en mars. Avec une valorisation de 31 milliards, le site de location de courte durée n’est devancé que par Uber aux Etats-Unis. L’entreprise de San Francisco assure avoir atteint la rentabilité fin 2016. Et prédit de rester dans le vert cette année. Cet apport d’argent frais doit lui permettre de financer des acquisitions de start-up et de poursuivre ses efforts de diversification. Airbnb souhaite se transformer en agence de voyages, permettant de réserver le logement, des activités et les billets d’avions.

 

 

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