Le krach des cryptomonnaies plus violent que l'éclatement de la bulle internet

©ANP XTRA

La chute du cours des monnaies virtuelles est depuis aujourd'hui plus forte que celle qui a touché les valeurs technologiques du Nasdaq au début des années 2000. Les cryptomonnaies atterrissent désormais à 80% en dessous de leur pic atteint en janvier dernier.

L'effet de mode est-il déjà passé pour les cryptomonnaies? En 2017, de nombreux investisseurs, souvent des jeunes, ont sauté à pieds joints dans le train de la monnaie virtuelle, engrangeant rapidement de fabuleux profits. Ils avaient été attirés par les nombreux récits de ceux ayant dégagé des gains en millier de pour cent après avoir investi aux balbutiements de la cryptomonnaies. Les monnaies telles que le Bitcoin, l’Ethereum, le Ripple ou encore le Monero étaient alors présentés comme le nouvel eldorado digital.

Mais l'euphorie est vite retombée, laissant la place à l’inquiétude avec des manipulations de cours ou encore plusieurs "braquages numériques" qui sont parvenus à dépouiller des plateformes d'échanges. De plus, l’appétit des investisseurs institutionnels grandissant, les régulateurs du marché ont multiplié les menaces de réglementation du marché.

Une monnaie qui ne représente pas d'actifs réels

Ce mardi encore, des agences américaines chargées de la régulation des marchés financiers ont mis à l'amende ou porté plainte contre des acteurs proposant aux investisseurs de parier sur des cryptomonnaies, accentuant ainsi leur volonté de mettre de l'ordre dans ce secteur émergent. Le gendarme de la Bourse, la SEC, a ainsi infligé une amende de 200.000 dollars (réels) au gestionnaire du fonds spéculatif Crypto Asset Management (CAM) qui se présentait comme "le premier fond d'actifs virtuels régulé aux Etats-Unis". Timothy Enneking avait levé 3,6 millions de dollars en quatre mois fin 2017 "en assurant frauduleusement que son fonds était régulé par la SEC et était enregistré auprès de l'agence", accuse l'autorité des marchés US. Mais CAM opérait comme une société d'investissement et n'était pas enregistrée en tant que tel, affirme la SEC.

Il faut dire qu'il est très difficile, voire impossible de juger de la "valeur intrinsèque" d'une monnaie numérique. Selon la plupart des investisseurs expérimentés, Warren Buffett en tête, cette valeur est nulle, puisque les pièces ne représentent pas d'actifs réels et ne livre aucun flux de trésorerie ou de dividendes. De plus, il y a à présent environ un millier de monnaies virtuelles différentes. En fait, n'importe quelle internaute peut décider à tout moment de "frapper" sa propre cryptomonnaie. 

Une chute de 80% depuis le début de l'année

Un outil permet d'avoir une vue claire sur l'évolution de la monnaie virtuelle. Il s'agit du MVIS CryptoCompare Digital Assets 10 Index (MVDA10). L'indice est ce mercredi est 80% plus bas que son pic atteint en janvier de cette année (voir infographie).

©MVAD10

C'est un recul plus important que celui de l'indice Nasdaq entre mars 2000 et mars 2003 où il avait lâché 78% dans le tristement célèbre éclatement de la bulle internet. Avec la chute, les investisseurs attirés par des gains faramineux ne juraient que par les actions des sociétés technologiques, persuadés qu'internet allait changer le monde.

Les partisans des monnaies virtuelles arguent du fait que la panique actuelle va faire place aux gains, à l'image de ce qui s'est passé avec les entreprises du Nasdaq. A la différence que les entreprises présentes sur l'indice à dominante technologique de la Bourse de New York sont des actifs réels qui génèrent des revenus, des profits et des dividendes.

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Contenu sponsorisé

Partner content