Les Chinois ne veulent plus investir dans la Silicon Valley

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Les start-ups américaines sont orphelines des fonds chinois qui s'étaient étendus depuis 2013. L'Europe pourrait profiter de ce repli, conséquence de la guerre économique entre les Etats-Unis et la Chine.

La guerre commerciale entre les États-Unis et la Chine a des retombées jusque dans la Silicon Valley. Premières victimes, des start-ups américaines basées dans la région de San Francisco qui avait été financées lors de leurs premiers tours d’investissement par des fonds chinois. Ces derniers ne désirent plus réinvestir dans des sociétés basées en Californie et se retirent petit à petit du marché américain. En cause, des deals scrutés à la loupe par les autorités américaines et un patriotisme économique exacerbé de chaque côté.

Des milliards en moins en un an

560
millions de dollars
Les investissements de Alibaba, Baidu et Tencent dans des start-ups américaine ont chuté de 87% en un an et sont passés de 4,7 milliards de dollars à 560 millions de dollars pour 2019.

Les investissements dans des start-ups américaines incluant au moins un investisseur chinois ont chuté en 2019, passant de 236 à 163 investissements en seulement un an. Cela représente une diminution d’apport de capital de 4,3 milliards de dollars en seulement 12 mois. Encore plus parlant, l’impact du retrait de Baidu, Alibaba et Tencent, les trois géants technologiques chinois.

Alors que ces trois groupes mondiaux aux moyens démesurés ont commencé à investir massivement à partir de 2013 dans des start-ups technologiques comme la messagerie instantanée Snapchat ou l’application de transport Lyft, le trio se retire progressivement du marché américain. Leurs investissements dans des start-ups américaines ont chuté de 87% en un an et sont passés de 4,7 milliards de dollars en 2018 à un faible 560 millions de dollars pour 2019, selon des données compilées par PitchBook et relayées par le Financial Times.

Certains investisseurs chinois implantés localement ont quitté le territoire et cessé leurs activités.

Au-delà du climat extrêmement tendu entre les États-Unis et la Chine, les investisseurs chinois se refusent désormais à s’engager dans des investissements qui pourraient se voir apposer un refus par le CFIUS, le comité sur les investissements étrangers aux États-Unis. Ce dernier a intensifié son activité et a notamment refusé un investissement de plus d’un milliard de dollars à Alibaba, qui avait des vues sur MoneyGram, une entreprise de transfert d’argent. Au point même que certains investisseurs implantés localement ont quitté le territoire et cessé leurs activités, comme le fonds d’investissement Sinovation Ventures qui vient de fermer ses bureaux aux États-Unis pour se concentrer sur investissements en Chine.

L'Europe en embuscade

Ce retrait chinois des terres américaines pourrait profiter aux start-ups européennes à la recherche de fonds. L’un des géants chinois, le groupe Tencent, a récemment redirigé une partie de ses activités vers l’Europe et prévoit d’investir une enveloppe de 10 milliards de dollars dans des start-ups européennes rapidement.

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