reportage

Les start-ups wallonnes font le show à Las Vegas

©Photo News

Elles viennent de la Louvière, Liège, Verviers ou Wavre et sont actives dans les drones, l’iOt ou les caméras 3D. Les jeunes pousses wallonnes présentes aux Consumer Electronic Show à Las Vegas prouvent que la Wallonie n'est pas la dernière en matière de nouvelles technologies.

Vous venez d’où?”, demande le taximan depuis l’aéroport de Las Vegas. "De Bruxelles", je réponds. "Ha, vous êtes venues avec la pluie", s’amuse-t-il. Cela fait six mois que Sin City n’avait pas vu une goutte de pluie et elle n’est clairement pas préparée pour ça. Les rues débordent d’eau en l’absence d’égouts et les hôtels calfeutrent tant bien que mal les nombreuses fuites des plafonds.

S’il n’y avait pas les 180.000 participants annuels du Consumer Electronic Show, Las Vegas serait déserte en cette période de l’année.

Mais ce mardi, pour l’ouverture du plus rassemblement mondial de l’électronique grand public, le trafic est dense sur le Strip, le fameux boulevard où se bousculent tous les hôtels-casino de luxe. "Demain, on prend le tram pour venir", assure l’un des participants belges qui est présent sur le stand de l’Agence wallonne pour l’Exportation (Awex). "On a mis 1h20 pour faire deux kilomètres ce matin", regrette-t-il.

En quête de visibilité

"Notre top priorité ici, c’est de trouver des distributeurs pour le produit final. Il y a des gens du monde entier qui sont présents mais nous visons principalement l’Amérique du Nord et l’Europe."
Régis Coli
Patron de la société ACAS Technologie

Il accompagne Régis Coli, le patron de la société ACAS Technologie, basée à La Louvière, qui a créé Okido Play, un bracelet connecté, une "aide à la vigilance" qui permet aux parents de définir via l’application web, une série de paramètres dont un périmètre qu’ils jugent acceptables lors d’une sortie au supermarché, à la foire … "Notre top priorité ici, c’est de trouver des distributeurs pour le produit final. Il y a des gens du monde entier qui sont présents mais nous visons principalement l’Amérique du Nord et l’Europe", nous explique-t-il.

Quelques mètres plus loin, un petit attroupement s’est formé autour de Big Boy Systems. Anais Caroff, Samuel Meirlaen et Mikael Bhar ont créé la première caméra 3D image et son. Le brevet a été déposé dès 2005 et la société, basée à Wavre, s’apprête à lever des fonds en Belgique. Contrairement au "360 degrés", la réalité immersive offerte par Big Boy permet de revivre l’expérience de quelqu’un et de ressentir réellement des sensations, notamment en se basant sur le son binaural qui est celui qui se rapproche le plus de l’audition humaine. Le résultat est assez bluffant.

J’aurais voulu être un DJ

La société liégeoise ALX Sytems a développé des solutions de drones autonomes. Les secteurs d’activités sont nombreux : services secrets, détection des menaces terroristes, surveillance de personnes, contrôle frontalier, réserves naturelles.  "Il y a très peu de partenaires matériels dans le drone qui survivent très longtemps. On a du faire notre propre manufacture. Mais plus fondamentalement, ce qui nous intéresse, c’est de vendre le software. Mais ici, au CES, on cherche des partenaires hardware sur qui compter pour établir nos solutions", nous explique Geoffrey Mormal, l’administrateur délégué d’ALX Systems.

Juste à côté de ALX Systems, il y a la verviétoise HLO et son CEO, Edwin Joassart, bonnet vissé sur le crâne. Depuis ce matin, la startup fondée fin 2014 par plusieurs membres du collectif musical Herrmutt Lobby agace un peu ses voisins avec sa PlayGround Table, un nouvel instrument multijoueurs basé sur l’application musicale Playground, qui balance du son électro plus ou moins non-stop. N’importe qui, moi compris, peut en quelques instants se transformer en véritable DJ. Son principal objectif au CES est de trouver des partenaires commerciaux le lancement au printemps prochain de la Playground Table en Europe et aux USA.

Avec son application mobile, la société n’est pas loin du million de téléchargement sur l’Apple Store. 60% de ses utilisateurs se trouvent en Asie (Chine, Japon). "Ca a été une grande surprise pour nous, car nous n’avons fait aucune communication autour", raconte Edwin Joassart. Le modèle économique d’HLO est à double face. D’un côté, elle travaille avec des artistes pour récupérer leur musique (BtoC) et l’intégrer dans l’application et de l’autre, elle distribue cette musique au plus grand nombre (BtoB).

Pour poursuivre son développement, HLO cherche également à lever entre 500.000 et un million d’euros. "On cherche spécifiquement du smartmoney dans l’industrie de la musique ou des arts", conclut-il. Avis aux amateurs. 

Lire également

Publicité
Publicité
Publicité
Publicité

Contenu sponsorisé

Partner content