Mastercard choisit la Belgique pour son centre de cybersécurité européen

Mastercard dispose déjà d'un centre de lutte contre la cybercriminalité au Canada. L’intérêt spécifique de celui de Waterloo sera sa position centrale par rapport à ses interlocuteurs européens en matière de cybersécurité.

Mastercard accentue ses investissements sur son site de Waterloo pour créer son premier centre, en Europe, consacré à la lutte contre la cybercriminalité. Le nouveau centre sera opérationnel dans moins d'un an.

Avec 87 milliards de transactions en 2019, Mastercard est en première ligne face aux tentatives de piratages, escroqueries ou vols de données. Face à l’augmentation de la cybercriminalité, l'entreprise historique de paiement, qui se mue de plus en plus en une entreprise de technologie au sens large, a choisi la Belgique pour installer son hub européen chargé de lutter contre ce fléau.

Situé à Waterloo, au siège européen de Mastercard, ce centre est le premier du genre dans lequel l’entreprise investit hors d’Amérique du Nord. Il fera office de centre unique de cybersécurité pour le continent européen. On y trouvera des experts en sécurité physique et en cybersécurité, mais pas seulement.

Inauguration officielle début 2021

Lors d'une annonce similaire concernant l'ouverture d'un centre de cybersécurité à Vancouver (Canada) il y a quelques jours, le montant de 510 millions de dollars d'investissement avait été évoqué par des sources proches de l'entreprise. Pour son nouveau centre européen sur le site de Waterloo, Mastercard n’a pas voulu dévoiler les montants précis qui seront investis sur le site ni le nombre exact de personnes qui y seront affectées "pour des raisons évidentes de sécurité". Le centre sera lancé de manière provisoire au printemps et sera inauguré officiellement début 2021.

Les services financiers seront toujours la cible privilégiée des pirates en raison du vaste ensemble de données et de références propres aux clients dont nous avons la responsabilité.
Javier Perez
Président pour l’Europe de Mastercard

Le maître mot de l’opération, selon le patron belge de Mastercard Henri Dewaerheijd, c’est "la collaboration". Mastercard veut se rapprocher physiquement des institutions, comme les différents centres nationaux de renseignements sur la cybercriminalité, les groupes sectoriels, les forces de l’ordre et les banques centrales d’Europe. L’objectif est de lutter rapidement en cas de menace, mais surtout de prévenir les futures attaques.

"Les services financiers seront toujours la cible privilégiée des pirates en raison du vaste ensemble de données et de références propres aux clients dont nous avons la responsabilité", explique Javier Perez, président pour l’Europe de Mastercard.

Agir plus vite tout en protégeant la vie privée

Mastercard dispose déjà de ce type de centre sur le continent américain. L’intérêt spécifique de celui-ci est sa position centrale par rapport à ses interlocuteurs européens en matière de cybersécurité. La présence d’un centre de ce type en Belgique et aux portes de Bruxelles devrait permettre de réduire les lignes de communication entre les équipes internes de Mastercard et à l’extérieur, avec les clients, les partenaires et les parties prenantes de l’opérateur.

L’objectif pour Mastercard et Henri Dewaerheijd, son patron belge, est "d’améliorer le temps de réaction et l’efficacité lors d’événements mondiaux, de catastrophes naturelles, d’incidents de service et de sécurité, tout en garantissant le respect des lois sur la protection de la vie privée au niveau mondial."

Faire front commun

Ce type d’infrastructure traduit une tendance claire dans le domaine, personne ne peut lutter seul contre un phénomène mondial et en croissance permanente comme la cybersécurité. Les données de ses clients et partenaires étant au cœur du business de Mastercard, l’entreprise ne peut se permettre de prendre le sujet à la légère et se doit de faire front commun avec l’ensemble des forces vives dans le domaine.

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