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"Nous conseillons d'accélérer l'exposition aux valeurs technos"

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Pour Johan Van der Biest, gestionnaire d’un fonds technologique chez Candriam, la correction actuelle du secteur est d’ordre technique et constitue un point d’entrée pour y investir.

Ca ne va pas fort pour les valeurs technologiques cotées en Bourse, ces derniers jours. Durant les cinq dernières séances de cotation, les actions du secteur technologique européen ont subi une perte de l’ordre de 4%, d’après l’indice Stoxx sectoriel de référence. Il s’agit de la pire performance en Europe. Au cours du mois écoulé, la perte des technos européennes atteint 5,35%, ce qui constitue l’une des plus nettes contre-performances sectorielles.

Aux Etats-Unis aussi, le secteur technologique souffre. Le Nasdaq, indice de référence de ces valeurs à Wall Street, a sous-performé par rapport au Dow Jones la semaine dernière et au début de cette semaine.

Pourquoi cette correction des valeurs technos? Il s’agirait d’un arbitrage par rapport à des secteurs tels que l’industrie ou la finance qui devraient bénéficier davantage de la réforme fiscale adoptée le week-end dernier au Sénat américain. Cette réforme prévoit de diminuer le taux nominal de l’impôt des sociétés aux Etats-Unis.

+19,26%
Depuis le début de l’année, les valeurs technologiques ont déjà gagné 19,26%, ce qui a pu inciter certains à vendre pour placer leurs gains à l’abri.

Or, relève Johan Van der Biest, gestionnaire spécialisé dans les valeurs technologiques chez Candriam, "des sociétés telles que Microsoft  ou Apple  bénéficient déjà d’un taux d’imposition réduit car leurs résultats sont optimalisés au point de vue fiscal, ce qui n’est pas le cas du secteur financier américain, par exemple, dont le taux d’imposition est plus élevé et qui bénéficiera donc davantage de la réforme".

Faut-il pour autant en conclure que la mise en route de cette réforme fiscale va provoquer une liquidation des valeurs technos en Bourse? "Ce serait exagéré car il y a pas mal de sociétés technologiques qui vont bénéficier de la baisse des taxes sur les capitaux qu’elles détiennent aux Etats-Unis et qu’elles pourront rapatrier", explique M. Van der Biest. "Il s’agit plutôt d’un prétexte pour prendre des profits sur le secteur technologique, qui a surperformé sur cinq, dix ou quinze ans. Donc, la réforme fiscale joue un rôle dans la baisse actuelle mais ce n’est pas la raison principale."

"Rien de négatif"

Est-ce alors à dire que les affaires des entreprises technologiques se portent moins bien? "Les fondamentaux sous-jacents n’ont pas changé", tranche Johan Van der Biest. "On ne constate pas d’augmentation des inventaires de semi-conducteurs (ce qui traduirait une baisse de la demande qui ne parviendrait plus à absorber la constitution des stocks, NDLR), on ne voit pas la demande finale diminuer, il n’y a pas non plus de baisse des revenus du secteur et on n’observe pas de profit warnings (avertissements sur résultat, NDLR, soit une baisse des prévisions bénéficiaires des entreprises elles-mêmes). En résumé, il n’y a rien de négatif dans les résultats du secteur: les catalyseurs à long terme n’ont pas changé et les indicateurs clés n’indiquent pas de détérioration. De plus, les indicateurs conjoncturels n’indiquent aucune dégradation de la croissance économique mondiale qui, au contraire, est synchronisée entre toutes les régions de la planète pour la première fois depuis longtemps."

Conclusion de ce spécialiste du secteur technologique: "Il s’agit plutôt d’une correction technique."

Une correction due à des valorisations exagérées? "Il est vrai qu’actuellement, le secteur est ‘"over-owned’ (surpondéré dans les portefeuilles d’investissement, NDLR)", constate M. Van der Biest. "Tous les gestionnaires d’actifs sont surpondérés en IT (technologies de l’information, NDLR). Or, c’est un secteur qui s’est bien comporté en 2017." Depuis le début de l’année, l’indice Stoxx des valeurs technologiques européennes a gagné plus de 19%.

Opportunité d’achat

"Il suffit que quelques gestionnaires décident de vendre pour que d’autres se disent qu’il est temps de protéger les gains acquis depuis janvier, que ce soit sous prétexte de la réforme fiscale ou autre", poursuit Johan Van der Biest.

Selon ce dernier, la baisse récente des cours des technos constituerait dès lors plutôt une opportunité d’achat. "C’est ce que nous conseillons à nos clients", confie M. Van der Biest. "Nous sommes à l’aise avec les catalyseurs à long terme et avec le climat économique mais il faut tenir compte du fait qu’une correction plutôt technique peut intervenir et, si cela survient, nous conseillons d’accélérer cette stratégie d’exposition aux technologiques."

Parmi les titres européens qui ont le plus souffert dans le secteur technologique européen au cours du mois écoulé, on trouve notamment Dialog Semiconductor , STMicroelectronics  , Logitech International , ASM International , ASML Holding , Infineon  ou encore AMS .

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