interview

"Nous voulons devenir plus que l'eBay de la facturation" (Wim De Ridder, CEO d'Edebex)

©JONATHAN VAHSEN

Edebex change de CEO et veut accélérer sa croissance. Wim de Ridder, ancien de Petercam et Western Union, a rejoint l’entreprise il y a 4 ans et devient aujourd’hui le nouveau CEO d’une fintech qui affiche une croissance à deux chiffres mais qui en veut beaucoup plus.

Vous prenez la tête d’Edebex après 4 années en tant que COO. Quelle vision avez-vous d’une entreprise que vous connaissez comme votre poche?

Le but d’Edebex sera toujours le même, résoudre les problèmes de facturation et de trésorerie des entrepreneurs. Notre plateforme est comme un site de rencontres entre entreprises. D’un côté, on retrouve les entrepreneurs qui sont en recherche de fonds de roulement ou de cash et de l’autre, on retrouve ceux qui ont un surplus de cash dans leur société et ne retrouvent plus aujourd’hui une bonne rentabilité à court terme.

Concrètement, cela fonctionne comment?

Sur la plateforme, il y a une entreprise qui cherche à vendre une facture et une autre qui va l’acheter. Celui qui achète donne immédiatement du cash au vendeur et Edebex s’occupe du suivi de la transaction jusqu’au bout. L’acheteur bénéficie de son côté d’une rentabilité qui peut aller jusqu’à 6% par an sur le montant de la facture.

Edebex a souvent été associé, à tort, à une gestionnaire de facture en ligne, pourquoi?

Vous avez raison et pourtant cela ne correspond pas à ce que nous faisons. J’aime bien définir Edebex comme l’eBay des factures. Il y a trois différences entre nous et un acteur de gestion de factures en ligne. Premièrement, nous analysons la facture du point de vue du débiteur. Deuxièmement, nous ne demandons pas de signer de contrat d’engagement avec obligation de traiter ses factures via notre plateforme. Troisièmement, une fois que la facture est vendue elle devient la propriété de celui qui a accepté de la payer.

Quels avantages offrent le digital à la gestion de son cash-flow et de ses factures en souffrance?

Pour moi, le plus important à retenir, ce sont tous les bénéfices qu’on arrive à générer avec une solution digitale. Cela veut dire pour nous qu’il faut être accessible à tout moment pour l’entreprise, il faut être rapide et offrir une liberté totale d’engagement. La digitalisation offre aussi la transparence et l’instantanéité. Des éléments impossibles à proposer sans une digitalisation du processus.

Quelle ambition avez-vous pour Edebex en tant que nouveau CEO?

Mon ambition est de capitaliser sur nos acquis pour devenir le game changer dans le secteur de la facturation. Nous sommes sur le chemin vers le sommet de l’Everest, mais pour l’instant nous ne sommes qu’au niveau du camp de base. Pour arriver à cela, nous devons consolider les technologies que nous avons développées et automatiser nos processus de façon plus intensive. Nous traitons 300 millions d’euros de factures chaque année et nous visons le demi-milliard à court terme. Nous allons aussi bientôt cibler les grandes entreprises avec une offre spécifique pour élargir notre champ d’action. Nous avons une croissance de 20% et je compte bien la maintenir.

Avec 300 millions de factures qui passent par vos mains chaque année, vous devez avoir une vue d’ensemble des trésoreries des PME belges. Quelle conclusion en tirez-vous?

Depuis fin 2018, nous avons mis en place un monitoring qui nous permet aujourd’hui de faire certaines observations. Nous constatons que les délais de paiement ont augmenté depuis le début de l’année et que notre assureur-crédit dégrade les notes de plus d’entreprises qu’au préalable. Nous identifions cela comme des signes avant-coureurs d’une prochaine récession.

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