Trois nouveaux "fablabs" pour susciter et accueillir l'innovation à Bruxelles

Un "fablab" est un endroit ouvert, dédié aux entrepreneurs et déjà équipé en PC, imprimantes 3D, etc. ©Dieter Telemans

CityDev, l’ex-Société de développement régional de Bruxelles (SDRB), a obtenu de Fadila Laanan, la secrétaire d’État bruxelloise à la Recherche scientifique, le budget nécessaire à la mise sur pied d’un réseau de trois "fablabs". Au total, ceux-ci pourraient déboucher sur la création d’une centaine d’emplois dans l’innovation.

Les "fablabs", contraction de "fabrication laboratories", sont nés au MIT (Massachusetts Institute of Technology) de Boston il y une vingtaine d’années. L’idée, qui s’est entre-temps largement répandue dans le monde, est d’encourager et de démocratiser l’innovation en permettant à tous, diplômés ou pas, de développer des produits innovants à l’aide d’outils numériques.

Open source et smart city

Le concept repose sur les opportunités qu’offrent les métiers innovants qu’exercent (ou qu’exerceront) les "Makers" décrits dans un ouvrage publié en 2013 par le journaliste américain Chris Anderson (1). Selon lui, c’est dans l’environnement urbain qu’aura lieu la prochaine révolution industrielle fondée sur les logiciels "open source" et les "smart cities".

CityDev va créer trois nouveaux "fablabs" à Bruxelles.

Le premier, dans l’immeuble Da Vinci à Evere, pourrait être opérationnel dès cette année et déboucher sur la création de 90 emplois.

Transforma aidera à la mise en place d’une communauté d’entrepreneurs.

À l’heure actuelle, il y a un peu plus de 400 "fablabs" dans le monde, dont une bonne dizaine en Belgique. Chez nous, le premier a été créé à Gand en 2012. Bruxelles, Louvain-la-Neuve, Gembloux (voir "L’Echo" du 23 janvier dernier), Namur, Liège, Mons, Courtrai, Malines… ont suivi.

En général, les "fablabs" sont équipés d’imprimantes 3D, de fraiseuses, de machines à découper et de PC équipés des logiciels ad hoc.

Da Vinci, Newton et Greenbizz

Les trois "fablabs" que va lancer CityDev (le premier est d’ores et déjà en gestation) seront installés dans les bâtiments Da Vinci à Evere, Newton à Anderlecht et Greenbizz à Bruxelles-Ville.

Le premier, au Da Vinci, pourrait être opérationnel cette année encore grâce au concours de Transforma, une PME spécialisée dans le "coworking" (collaboration entre acteurs économiques sur un même site).

200.000 €
C’est le budget moyen nécessaire pour faire tourner chacun des futurs "fablabs" bruxellois.

"Le coworking est une bonne base pour monter un fablab, dit Benjamin Cadranel, administrateur général de CityDev. Transforma dispose de l’expérience nécessaire pour que ce projet aboutisse à la mise en place d’une vraie communauté d’entrepreneurs."

Les deux autres seront installés à Greenbizz, l’espace d’économie verte du site Tivoli dans le quartier du canal à Bruxelles-Ville (inauguration en 2016), et dans un nouveau bâtiment qui doit encore être construit à côté du parc d’entreprises Newton, à Anderlecht.

Emploi et budget

Le "fablab" de Da Vinci pourrait, après mise en route, donner du travail à 90 personnes (65 équivalents temps plein).

Le budget nécessaire pour mettre sur pied et faire tourner un "fablab" est de l’ordre de 200.000 euros par an (équipement, maintenance, encadrement), mais il faut en déduire la participation (variable) des utilisateurs. Un comité de suivi supervisera le démarrage du "fablab" de Da Vinci.

(1) "Makers, la nouvelle révolution industrielle", Chris Anderson, Pearson, 2013.

1- Le mini-réseau de "fablabs" que vous avez décidé de financer s’inscrit-il dans un programme à long terme?

La décision que le gouvernement a prise à mon initiative concerne avant tout un premier projet pilote d’implantation d’un "fablab" soutenu par la Région dans le quartier emblématique de Tivoli. Après la phase de développement de ce "fablab", nous examinerons les possibilités d’élargissement du concept. Pour reprendre une expression imagée, il s’agit du premier étage d’une fusée qui en comptera peut-être plusieurs.

2- CityDev parle de jobs innovants. Vous parlez de réduction de dépendance et d’outils de réinsertion sociale. Êtes-vous sur la même longueur d’ondes?

Absolument. Vous remarquerez que je souligne également le haut potentiel d’innovation et de développement économique que porte le projet. C’est fondamental pour la Région. Vous évoquez simplement ici un autre axe majeur du potentiel des "fablabs" qui me tient particulièrement à cœur: celui de la proximité et de l’accessibilité pour un large public.

3- À votre avis, combien d’emplois pourrait créer ce projet (on parle de 65 ETP rien que pour Da Vinci)?

Le nombre de "fablabs" augmente partout dans le monde. Mon objectif est d’inscrire la Région bruxelloise dans un processus en pleine expansion, riche en capacités de développement et de création d’emplois. Je suis très optimiste sur les vocations que cela suscitera.

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