À la marge du système éducatif, 19 forme les profils digitaux de demain

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Pas de professeurs ni de diplômes, mais des étudiants courtisés par les plus grandes entreprises. Voici la recette de 19, la plateforme de formation digitale qui souffle sa première bougie.

En 2020, il y aura 300.000 postes à pourvoir dans l’écosystème digital belge. Pour répondre à cette demande, les initiatives se multiplient aux quatre coins du pays pour tenter de rattraper le retard belge en matière de compétences digitales. 19, une école d’un nouveau genre, tente de répondre à une partie de la problématique.

Les entreprises ont plus de mal à trouver des bons profils que des clients.
Stephan Salberter
Directeur de 19

"Nous voulions proposer une alternative au système d’éducation traditionnel. Nous ne sommes pas la solution par excellence, mais nous sommes une des solutions pour un certain type de profil", explique Stephan Salberter, directeur de la plateforme 19. Des profils dont raffolent les grandes entreprises belges qui peinent à recruter les profils tech dont elles ont besoin. "Les entreprises nous expliquent qu’elles ont plus de mal à trouver des bonnes ressources que des clients".

Épreuve de la piscine

40% des participants ont uniquement fini leurs études secondaires et 15% n’ont même pas de diplôme secondaire.

Pour ne garder que les meilleurs profils, Stephan Salberter et ses équipes imposent aux candidats étudiants l’épreuve de "La Piscine", un stage de quatre semaines, sept jours sur sept, qui permet de tester la motivation de chacun et d’établir une sélection. Charles-Antoine Van Beers est lui aussi passé par là: "Après avoir arrêté mes études en mathématiques, j’ai tenté l’aventure 19. Après huit mois, j’étais en stage en entreprise et quatre mois plus tard j’étais engagé comme consultant en intelligence artificielle dans une filiale de Belfius" se réjouit-il.

Totalement gratuit et flexible, 19 attire et reçoit énormément de demandes. Pour sa deuxième promotion, la plateforme a reçu 2.000 demandes sur son site, convoqué 300 candidats, et en a retenu 127 qui ont fait leur rentrée début octobre.

Des sponsors avec un accès direct aux participants

Pour voir le jour et financer ses activités, 19 a créé un fonds auquel ont souscrit une série d’entreprises comme GBL, Deloitte, Belfius, Proximus, Solvay, et UCB. Ces entreprises ont un contrat de sponsoring de trois ans avec un accès privilégié et direct aux participants du cursus proposé par la plateforme 19.

École 19 à Bruxelles - Premier jour de sélection 1/3

Basée sur le modèle créé par Xavier Niel à Paris, 19 fait maintenant partie d’un réseau mondial utilisant la même plate-forme et méthode d’apprentissage. "On voulait une solution impactante pour créer des profils localement et ne plus devoir aller les chercher à l’étranger."

Mais, plus que ça, 19 se situe à la marge du système éducatif traditionnel. 40% des participants ont uniquement fini leurs études secondaires et 15% n’ont même pas de diplôme secondaire. "Nous sommes là pour leur offrir une deuxième chance". Petit bémol pour le pourcentage de femmes au sein des promotions qui plafonne à 13%, même si ce dernier est en augmentation grâce des événements spécifiques mis sur pieds pour tenter d’attirer plus de profils féminins.

Un jeu pour un job

La plateforme ressemble à un jeu vidéo qui se joue par niveau. Le tout se fait de façon collaborative entre les participants pour créer une émulation positive. Le but du jeu étant évidemment de décrocher un job au bout du parcours. Et le moins que l’on puisse dire, c’est que ça fonctionne. À Paris, dans l’école 42, grande sœur de la version bruxelloise, 70% des participants finissent dans des grands groupes français. Une preuve, selon Stephan Salberter, que le diplôme n’est plus un sésame pour entrer dans les grandes entreprises. "Les corporates sont aussi en train d’évoluer et voient dans les types de profils que nous produisons une opportunité de les incorporer pour se réinventer eux-mêmes."

Côté Bruxellois, les premiers chiffres arrivent. La plateforme a déjà placé 42 de ses ouailles en stage en entreprise et six d’entre eux ont même déjà signé un contrat en bonne et due forme. D’ici avril 2020, ils seront 90 de plus en entreprise avec de grandes chances de tous obtenir un emploi.

Avec ses deux premières promotions, l’initiative dirigée par Stephan Salberter et fondée par John Bogaerts et Ian Gallienne devrait mettre 250 profils qualifiés sur le marché. Une goutte d’eau face à la demande, mais qui a le mérite d’exister et ne demande qu’à se multiplier au vu du succès rencontré.

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