Agfa Gevaert face à une nouvelle restructuration

Pascal Juéry a succédé fin janvier à Christian Reinaudo à la direction générale du groupe Agfa. ©doc

Plombé par des exceptionnels, le bénéfice d'Agfa Gevaert se mue en 2019 en une perte de 48 millions d'euros. Quant à son activité Offset, elle pâtit de l'épidémie du coronavirus. Agfa annonce donc de nouvelles mesures pour redresser la profitabilité de l'activité.

~Le nouveau CEO d'Agfa Gevaert , Pascal Juéry, se targue d'un solide flux de trésorerie et un fonds de roulement substantiellement réduit. "En conséquence, la dette financière nette a diminué de 38 millions d'euros, malgré la mise en œuvre de mesures de réduction des risques de retraite", lit-on dans un communiqué.

Touché par le coronavirus

Tous les voyants ne sont pourtant pas au vert. Le groupe affiche un chiffre d'affaires en hausse à 2,24 milliards d'euros. Il reste cependant sous les 2,27 milliards attendus. L'Ebitda ajusté est quasi stable à 180 millions d'euros, pour un Ebit qui se tasse légèrement à 124 millions, là où les analystes tablaient aussi sur 125 millions d'euros.

38 millions
euros
La dette financière nette a diminué de 38 millions d'euros.

Trois des quatre divisions réalisent un bénéfice. L'activité Offset Solutions se retrouve à la peine avec un Ebit négatif de 1,4 million, contre un gain de 19,7 millions en 2018.

Outre un recul de la demande pour les solutions d'impression analogique, le groupe note aussi un impact du coronavirus sur cette activité. Un "plan global" pour la division Offset Solutions, spécialisée dans les méthodes d'impression analogique, est donc envisagé.

"Puisqu'une grande partie des plaques d'impression sont produites en Chine, le coronavirus aura un impact sur l'entreprise. La chaîne de valeur a été perturbée et l'épidémie retarde notre alliance avec notre partenaire Lucky Huagang Graphics". Le communiqué ne précise pas l'impact sur l'emploi.

Les bénéfices disparaissent

Pascal Juéry, qui a succédé à Christian Reinaudo, affirme que désormais sa priorité est "d'armer cette activité contre les vents contraires" et d' "améliorer la profitabilité de la division".

Rappelons qu'a l'automne 2018, le groupe avait déjà décidé de fermer son site américain de Branchburg (New Jersey) avec un impact sur 125 emplois. Le recul de la demande avait déjà été avancé, tout comme le besoin de prendre une telle mesure pour rester compétitif "dans un marché mondial en forte évolution constante". 

"Puisqu'une grande partie des plaques d'impression sont produites en Chine, le coronavirus aura un impact sur l'entreprise."
Pascal Juéry
CEO

Le résultat net du groupe s'établit dans le rouge à -48 millions d'euros. Sans effets exceptionnels, dont des éléments comptables, un bénéfice de 19 millions d'euros aurait été enregistré.

La restructuration et autres éléments non récurrents ont entraîné une charge de 112 millions d'euros, contre une charge de 66 millions d'euros un an auparavant. Ajoutez à cela des coûts de financements (38 millions d'euros) et les taxes (28 millions).

Rappelons que fin janvier, Agfa avait annoncé la vente de son activité HealthCare à Dedalus. "Le produit de la vente nous permettra de poursuivre la mise en œuvre des stratégies de nos autres divisions, de faire face aux passifs à long terme et de récompenser nos actionnaires", explique Pascal Juéry. Il ne précise toutefois pas le montant rapporté par cette vente.

Enfin, le groupe ne donne aucune indication sur les résultats attendus pour 2020.

A la publication des résultats, les réactions des analystes étaient mitigées. Certains s'interrogeaient sur le manque de clarté face à l'impact du coronavirus. 

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