Apple de plus en plus dépendant de la Chine

Un magasin Apple à Pékin, Chine. ©AFP

Dans la guerre commerciale qui tend les relations entre la Chine et les États-Unis depuis des mois, Apple se retrouve dans une situation délicate à mesure que sa présence sur le territoire chinois augmente. Voici les chiffres de sa dépendance à la Chine.

Apple entretient des liens étroits avec la Chine. Pas le choix, puisque certains produits du géant technologique américain, comme notamment ses montres connectées et ses écouteurs sans fil, sont entièrement "made in China". Les usines de Hon Hai Precision Industry, Foxconn, Pegatron, Wistron et d'autres emploient plusieurs centaines de milliers de personnes en Chine pour assembler les produits marqués de la pomme. Une telle présence sur le territoire chinois crée une dépendance. Et cette dépendance augmente d'année en année, selon les chiffres d'Apple analysés par Reuters. 

Pour rappel, le président américain, Donald Trump, veut appliquer des droits de douane de 15% dès le 1er septembre. L'iPhone, le produit phare d'Apple, risque d'être taxé à son tour le 15 décembre. Le groupe californien est donc particulièrement vulnérable aux barrières douanières que son pays d'origine dresse.

Des sous-traitants d'Apple ont certes installé ces dernières années des chaînes d'assemblage en Inde ou au Brésil, une manière d'éviter une trop grande dépendance envers la Chine. Mais ces usines sont plus petites et ne servent qu'à répondre à la demande locale. Les sous-traitants ont en outre implanté plus de nouveaux sites sur le sol chinois qu'en dehors. Foxconn, par exemple, est passé de 19 à 29 sites en Chine entre 2015 et 2019 et Pegatron de 8 à 12 selon les données d'Apple. Au-delà des sites d'assemblage, il faut prendre en compte tous les fournisseurs du groupe californien, qui lui vendent des puces, du verre, des boîtiers en aluminium, des câbles, des cartes mères et bien d'autres composants.

Sur l'ensemble des sites de ses fournisseurs, la part de ceux installés en Chine est passée de 44,9% en 2015 à 47,6% en 2019. L'agence de presse Reuters a analysé les données publiées par Apple sur sa chaîne d'approvisionnement sur une période cinq ans. Elles concernent au total plus de 750 sites différents chaque année pour les 200 principaux fournisseurs du groupe en termes de coûts pour Apple (le groupe ne précise pas le montant qu'il verse à chacun). Apple s'est refusé à tout commentaire sur l'analyse réalisée par Reuters.

Une solution pour contourner les droits de douane?

Pour les produits électroniques, le pays d'origine "officiel" est parfois celui où est fabriquée la carte mère, explique George R. Tuttle III, un avocat spécialiste des douanes. Un tel principe pourrait permettre à des entreprises américaines de fabriquer leurs cartes mères ou d'autres composants hors de Chine tout en continuant d'y assembler leurs produits sans avoir à payer de droits de douane. Apple n'a pour l'instant présenté aucun projet de cet ordre.

Difficile de dire non aux atouts de la Chine

Le groupe rencontrerait des difficultés s'il voulait réduire la part de la Chine dans la fabrication de ses produits. La concentration de ses fournisseurs dans ce pays permet à Apple d'assembler ses engins par centaines de millions tout en limitant ses stocks à quelques jours. Il s'agit là d'un gros atout aux yeux des investisseurs. Et puis, il est difficile de trouver d'autres pays assurant une main-d'oeuvre disponible aussi abondante. Même si le groupe parvient à assembler des produits en Inde ou au Vietnam, les volumes seront insuffisants pour répondre à la demande.

Il y a peu d'endroits dans le monde qui disposent des infrastructures pour produire 600.000 téléphones par jour
Dave Evans
directeur général de Fictiv (cabinet de conseil en chaînes d'approvisionnement à San Francisco)

Apple a pour l'instant été épargné par la montée des droits de douane sur ses principaux produits: Son PDG, Tim Cook, rencontre régulièrement Donald Trump. Le groupe a souligné auprès de l'administration Trump qu'à ses yeux, les droits de douane se traduiraient par des hausses de prix payées par les consommateurs américains. Apple n'a par contre pas formellement annoncé que les prix de vente seraient relevés.

Apple élargit son cercle de clients

Apple va désormais fournir des pièces détachées, des outils de diagnostic et des manuels d'instruction aux ateliers indépendants qui réparent des iPhone défectueux, après s'être opposé pendant des années aux Etats américains qui voulaient l'obliger à le faire. Le groupe californien a déclaré jeudi que son nouveau programme, qui devrait permettre de soulager la forte demande dans les boutiques agréées et les magasins Apple, serait d'abord lancé aux Etats-Unis avant d'être déployé dans d'autres pays.

Pour Ben Bajarin, analyste chez Creative Strategies, Apple pourrait accroître les ventes de ses services et accessoires avec cette décision en encourageant les propriétaires d'iPhone à transmettre leurs anciens téléphones à leurs proches. "Cela permet de faire en sorte que le produit soit plus abordable pour un plus grand nombre de clients et augmente la base de clientèle", a-t-il déclaré. "Toutes les données semblent indiquer que lorsqu'on entre dans l'écosystème d'Apple, on n'en sort généralement pas."



Lire également

Publicité
Publicité

Echo Connect