analyse

Après l'ère des pères fondateurs, Alphabet doit faire le ménage

Sundar Pichai.

Avec le départ attendu de Larry Page et Sergey Brin, c’est une nouvelle ère qui s’entame pour Alphabet, la maison mère de Google. La nomination de Sundar Pichai au poste suprême est un geste fort qui pourrait avoir beaucoup de conséquences sur le futur du géant de la Tech.

Même si le changement était très attendu depuis plusieurs mois, c’est une annonce qui fera date dans l’histoire de l’entreprise. Sergey Brin et surtout Larry Page sont les fondateurs et penseurs d’Alphabet , la maison mère de Google telle que nous la connaissons.

Pourtant, depuis plusieurs mois Larry Page s’était fait plus rare sur le campus de Mountainview où Google a son quartier général. Selon plusieurs sources internes à l’entreprise, il n’y mettait plus aucune implication et ne prenait même plus part aux meetings. D’autres sources évoquent la peur des deux fondateurs de devoir potentiellement être invités à comparaître devant le congrès américain concernant diverses affaires de fuites de données.

©AFP

Cette manœuvre leur éviterait cette peine puisqu’ils n’auront plus de rôle officiel de management au sein de l’entreprise. Les deux fondateurs vont tout de même conserver un rôle majeur dans l’entreprise. Car si techniquement ils ne seront que membre du board d’Alphabet, ils vont conserver un pouvoir de décision extrêmement puissant notamment grâce au système des "Dual-class stock" qui leur confèrent une mainmise sur toute décision du board concernant l’avenir de l’entreprise. Ils restent donc les patrons du nouveau CEO de l’entreprise et peuvent valider ou invalider les stratégies qu’il voudra mettre en place.

Pour résumer, c’est Sundar Pinchai le nouveau boss, mais il a deux parrains encombrants sur le dos. Une structure qui correspond finalement bien à celle, assez complexe, que présente Alphabet.

©Marijn De Reuse


Quelles conséquences structurelles?

Lors de sa création en 2015, Alphabet ressemblait à une simple holding de Google mise sur pied pour séparer les projets futuristes et parfois farfelus des cofondateurs des activités classiques de Google. C’est à ce moment-là que Sundar Pinchai a été intronisé CEO de Google. Avec ses nouvelles attributions, c’est le début d’une nouvelle ère chez Alphabet avec peut-être enfin l’arrivée de changements structurels qui pourraient augmenter la confiance des investisseurs et diminuer les pertes.

Le premier de ces changements pourrait être le paiement d’un dividende. Avec 121 milliards de dollars en banque, Alphabet en a les ressources et pourrait se permettre de le faire à l’instar de ses voisins historiques de la Silicon Valley.

Sundar Pinchai est le nouveau boss, mais il a deux parrains encombrants sur le dos.

Ensuite, c’est une plus grande transparence qui est attendue notamment concernant ses activités principales comme Google Cloud Platform, Google Maps et YouTube. Alphabet ne dévoilait jusqu’à présent quasi aucun détail sur l’évolution de ses activités. Dans ses dernières annonces de résultat, l’entreprise expliquait simplement que la partie Cloud et YouTube étaient dans le peloton de tête des plus gros pourvoyeurs de revenus. Des commentaires jugés amplement insuffisants par les observateurs boursiers. Plus de transparence, c’est aussi ce que réclament les employés de Google après le licenciement jugé abusif de quatre d’entre eux fin novembre pour un "militantisme excessif".

Enfin, on pourrait s’attendre à une clarification de la structure. Avec maintenant un seul responsable de la structure de tutelle et de sa principale branche d’activité, la logique de séparation qui prévalait entre Google et les activités parentes de l’entreprise comme Waymo – la division consacrée aux voitures autonomes – ne fait plus beaucoup sens. Alphabet devrait également se délester de certaines activités qui font partie des différents paris tentés par Alphabet. On estime que les différents paris d’Alphabet lui ont déjà coûté plus de 11,6 milliards de dollars de pertes depuis début 2016. Un chiffre que voudra inverser une personnalité aussi pragmatique que le nouveau patron du géant mondial de la Tech.


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