Avec son million d’utilisateurs, Coronalert devient intéressant

©BELGA

L'application Coronalert vient de passer le million d’utilisateurs. Un cap qui permet d'atteindre un premier seuil intéressant dans la lutte contre la propagation du virus.

1 million de téléchargements. Ce mardi, l'application Coronalert a dépassé un cap. Ses responsables avaient comme premier objectif d'atteindre au moins 15% de téléchargements parmi les 7,5 millions de smartphones actuellement en circulation sur le territoire belge.  L'objectif est donc tout près d'être atteint. "Nous sommes déjà probablement plus proche des 1,05 million car il y a toujours un décalage entre la réalité et les chiffres communiqués par les opérateurs", explique Axel Legay, professeur à l'UCLouvain, en charge du projet. Le spécialiste s'attend d'ailleurs à voir le nombre de téléchargements encore grimper. "On constate que les téléchargements sont continus depuis un certain temps. Je ne dis pas qu'on va d'office atteindre les deux millions, mais la tendance est bonne", explique le responsable.

"L'application pourrait diminuer les infections de 8% à partir d’un tel niveau d’utilisation."
Axel Legay
Professeur à l'UCL en charge du projet Coronalert

8% d’infections en moins

Si le spécialiste a le sourire, c'est parce que le seuil atteint devrait permettre de voir l'intérêt concret de l'application. "Selon l'étude de référence de Christophe Fraser, un professeur d'Oxford , l'application pourrait diminuer les infections de 8% à partir d'un tel niveau d’utilisation. Le résultat grimpe ensuite rapidement pour chaque utilisateur supplémentaire", glisse le responsable. "On a beaucoup entendu dire que 60% d’utilisateurs étaient nécessaires pour voir un effet. Le chiffre venait de la même étude mais il a été mal interprété. Il se basait sur l’absence d'autres mesures ce qui n'est évidemment pas le cas en Belgique, puisque le tracing est un outil à côté d'autres comme la bulle, le port du masque et les mesures locales", rappelle Axel Legay.

"On ne peut ni interdire ni rendre obligatoire l'application."
Alexis Legay

Autre bonne nouvelle, les crispations autour du traitement des données et la vie privée semblent aujourd’hui se dissiper peu à peu . "Nous sommes le plus transparent possible. Le code source est accessible et un audit externe vient d’être réalisé par Nviso. Il est visible sur notre site internet. On reçoit des centaines de questions par jour mais elles portent essentiellement sur l'intérêt médical et sur la bonne manière d'utiliser l’application. C'est positif."

Comment fonctionne Coronalert, l'app de contact tracing belge?

Utilisation réfléchie

Les réticents sont toutefois encore bien présents. C'est notamment le cas de GSK. Si en Belgique, aucune recommandation n'a été faite, les responsables de l’entité britannique ont récemment invité leurs travailleurs à ne pas utiliser l'application de tracing locale au travail. La société a mis en place des moyens de protection comme des plexiglas permettant de se tenir à moins 1,5 mètre. Elle redoute donc les faux positifs.  Une position qui permet de rappeler que l'application n’est qu'un outil parmi d’autres pour lutter contre la pandémie. Suivant les situations, son utilisation doit donc être adaptée. Couper temporairement le Bluetooth de son téléphone (et donc le fonctionnement de l'app) n'est pas forcément une pratique à bannir. "C’est comme si un médecin gardait son application active lorsqu'il travaillait dans son service Covid. Forcément, elle va constater un risque de contamination. Mais le médecin est protégé autrement, il n'a pas besoin à ce moment de l'application. Mais s'il va au restaurant le soir avec des amis, mieux vaut qu'il la réactive."

Selon Alexis Legay, le monde de l'entreprise fait plutôt partie des partisans de l'application. "Il suffit de voir les relais d'Agoria et d'une série d'acteurs comme la SNCB. En réalité, nous avons même plutôt dû freiner certaines entreprises qui souhaitaient aller trop loin en imposant l'app. Pour rappel, on ne peut ni l'interdire ni la rendre obligatoire", glisse le spécialiste.

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