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Claire Munck (BeAngels): "Nous voulons être l'acteur de référence pour le financement des start-ups"

Claire Munck, CEO de BeAngels, espère atteindre les 1.000 membres pour son réseau d'investisseurs d'ici 3 ans. ©saskia vanderstichele

BeAngels, qui souffle ses 20 bougies, est devenu l'un des réseaux d'investisseurs privés les plus importants d'Europe. Il veut encore s'étendre, notamment au nord du pays.

Les données chiffrées dans le milieu des "business angels", ces investisseurs privés qui investissent dans des sociétés à la recherche de fonds, ne sont pas monnaie courante. Il n’est donc pas toujours évident de mesurer et comprendre l’impact des investissements individuels. Alors, quand BeAngels, le plus important regroupement d’investisseurs privés du pays, s’attelle à compiler ses statistiques sur les 20 dernières années pour célébrer ses 20 ans d’existence, cela vaut la peine d’y jeter un coup d’œil.

"Près de 500 millions d’euros ont été créés en valeur par les entreprises de notre portefeuille."
Claire Munck
CEO de BeAngels

Depuis la fusion des différents réseaux d’investisseurs en 2008 pour former BeAngels, l’impact du groupement d’investisseurs a changé plusieurs fois de dimension pour aujourd’hui se positionner comme acteur de référence pour le financement des jeunes pousses belges.

Un rendement moyen de 19,9%

"Au-delà du rôle évident de soutien que nous jouons auprès des entreprises, cela reste du capital-risque et c’est une classe d’actifs à part entière", recontextualise d'emblée Claire Munck, CEO du réseau BeAngels. Ses investisseurs ont d'ailleurs pu compter sur un rendement moyen de 19,9% sur les dix dernières années d’activités du réseau.

"Notre impact est aujourd’hui très important. Près de 500 millions d’euros ont été créés en valeur par les entreprises de notre portefeuille. Cela représente environ 1.200 emplois, ce n’est pas rien."

4,8 millions
d'euros
BeAngels a participé à 46 levées de fonds pour un total de 4,8 millions d’euros en 2020.

L’impact se mesure aussi auprès des entrepreneurs en recherche de fonds qui constatent que lorsque BeAngels est à bord pour une levée de fonds, le soutien public et bancaire est beaucoup plus aisé à obtenir. "Beaucoup d’entreprises sont trop jeunes pour les fonds de capital-risque. Le financement privé permet de compléter et d’obtenir le soutien public pour ces entreprises."

Élargir la présence en Flandre

Les chiffres dévoilés par BeAngels permettent de constater qu’une grande majorité des investissements se font à Bruxelles et en Wallonie, seulement 6% des entreprises financées sont situées en Flandre. BeAngels est historiquement francophone, la grande majorité de ses investisseurs aussi.

L’un des objectifs du réseau et de sa patronne est de devenir rapidement un véritable acteur national. "Cela évolue dans le bon sens. Le dernier investissement de notre fonds Scale, Moonbird, est une entreprise flamande."

Ces investissements n’ont pas été ralentis par la pandémie puisque le réseau d’investisseurs est passé de 33 participations à des levées de fonds pour un montant total de 3,1 millions d’euros en 2019 à 46 levées de fonds pour un total de 4,8 millions d’euros en 2020.

"Les business angels sont de plus en plus formés et savent aujourd’hui que quand ils investissent dans une jeune entreprise ils devront la suivre pendant deux ou trois tours de table."
Claire Munck
CEO de BeAngels

Un profil d'investisseurs qui évolue

Avec 370 membres, le réseau est l’un des plus importants d’Europe. Il s’est étoffé au cours des dernières années avec un profil d’investisseur qui s’est rajeuni et investit différemment. "Il y a 8 ans, le montant moyen investi par tour de table par un business angel tournait autour de 50.000 euros alors qu’aujourd’hui c’est plutôt 25.000 euros." Le montant diminue, mais le nombre d’investissements par investisseur augmente en parallèle.

"Les business angels sont de plus en plus formés et savent aujourd’hui que quand ils investissent dans une jeune entreprise ils devront la suivre pendant deux ou trois tours de table." BeAngels a développé un programme de formation pour accompagner les investisseurs en herbes. Dans le même temps, le réseau a multiplié les possibilités d'investissement avec notamment la création des investissements groupés dans les entreprises qui remportent un franc succès auprès de ses membres.

Claire Munck a fixé un objectif ambitieux de 1.000 membres dans les 3 ans pour devenir cet acteur de référence en Belgique et en Europe.

Les investisseurs ont évolué, comme les dossiers que BeAngels leur propose: ce sont aujourd’hui, dans leur grande majorité, des start-ups technologiques avec un taux de survie sur les 5 dernières années qui frôle les 80%.

Fort de ces chiffres, le réseau doit maintenant s’étendre et veut renforcer ses liens à l’étranger. "Dans 5 ans, on veut être l’acteur incontournable du financement privé autant pour les entrepreneurs que les investisseurs." Claire Munck a fixé un objectif ambitieux de 1.000 membres dans les 3 ans pour devenir cet acteur de référence en Belgique et en Europe.

3 questions à Olivier Verdin, CEO d'AppTweak, cofondateur de 87 Seconds et de Wooclap.

Vous avez fait appel deux fois au réseau BeAngels pour financer vos entreprises. Pourquoi s'adresser à un réseau d'investisseurs ?

Dans une levée de fonds, il y a évidemment un aspect financier, mais il ne faut négliger l’accompagnement et la méthodologie de travail que peut offrir ce type de réseau. Cela professionnalise la société qui cherche des fonds. Cela ouvre des portes aussi par la force du réseau. On a par exemple bénéficié de 100.000 dollars à dépenser chez Amazon Web Services. Pour une start-up, ce n’est pas négligeable.

L'accès aux financements est-il toujours un frein pour les jeunes entreprises en Belgique?

Trouver du financement n’est plus un problème en Belgique. Trouver les premiers 200.000 euros, c’est facile. Les pouvoirs publics aident énormément. C'est par la suite qu'il y a encore parfois des soucis. Quand on dépasse les 5 millions d'euros, c'est moins évident.

Quelle qualité un entrepreneur recherche chez un investisseur privé, au-delà de son apport financier ?

On cherche plus que ça évidemment. Pour ma part, je cherche de la diversité, des gens qui ont été managers, d’autres entrepreneurs, j'aime avoir une parité dans mes conseils d’administration. Je cherche du challenge bienveillant. Le but est d’avoir une équipe qui vous challenge, mais qui est dans le même bateau que vous.

Le résumé

  • Le plus important réseau d'investisseurs privés en Belgique a 20 ans.
  • Avec 370 membres et 46 levées de fonds réalisées pour un total de 4,8 millions d’euros en 2020, son impact économique est de plus en plus important.
  • BeAngels veut atteindre les 1.000 membres dans les 3 ans et devenir l'acteur national de référence du financement privé.

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