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CMI va créer le premier incubateur privé dans le secteur industriel

Le groupe d’ingénierie basé à Seraing, ambitionne d’arriver à un chiffre d’affaires de deux milliards d’euros. Pour stimuler l’innovation, CMI va créer un incubateur industriel, avec un budget de 30 à 40 millions d’euros.

Plus d’un an après le départ de Bernard Serin, actionnaire majoritaire et ancien CEO de l’entreprise, CMI entend toujours atteindre les deux milliards d’euros de chiffre d’affaires, a indiqué jeudi Jean-Luc Maurange, le nouveau patron de l’entreprise d’ingénierie basée à Seraing. "J’entends souvent qu’on cherche les entreprises wallonnes qui font plus d’un milliard de chiffre d’affaires et qui sont capables de se positionner favorablement par rapport aux sociétés du nord du pays. Je pense que vous en avez une ici", s’est-il réjoui en présentant les résultats du groupe.

CMI est non seulement repassé en 2018 au-dessus de la barre du milliard d’euros, mais avec 1,308 milliard de chiffre d’affaires, la société a enregistré une progression de bon augure pour les années à venir, d’autant que les prises de commandes sont elles aussi à la hausse. "Rien que la réalisation des commandes, qui sont en général exécutées dans les deux ou trois ans, nous fait dire qu’il n’y a pas d’incertitude sur le volume du chiffre d’affaires", a encore commenté Jean-Luc Maurange, en précisant que l’entreprise visait 1,6 milliard de chiffre pour 2022, avant l’objectif ultérieur des deux milliards. Le résultat d’exploitation s’est établi à 86,3 millions d’euros, en croissance par rapport aux 65 millions de 2017.

Avec 504 millions, le secteur de la défense reste le premier pôle d’activité du groupe, qui profite encore, et jusque 2022, du contrat des tourelles de chars pour des véhicules de General Dynamics Land Systems (GDLS) Canada vendus à l’Arabie saoudite. Un contrat que le gouvernement du Premier ministre Justin Trudeau n’apprécie pas, mais qui est pour l’instant honoré.

Patriotisme économique

CMI est par ailleurs en lice pour la fourniture de tourelles de moyen calibre aux Etats-Unis. Une décision devrait intervenir fin de l’année. Si le groupe belge devait l’emporter, il s’agira toutefois avant tout d’une vitrine technologique, a précisé Jean-Luc Maurange. "Cela ne nourrira pas nos sites d’Aubange et de Loncin. Dans l’Amérique de Trump, il est totalement exclu que l’armée achète du matériel qui ne serait pas fabriqué aux USA", selon lui. Ce qui a poussé CMI à trouver des partenaires outre-Atlantique.

504 millions €
Avec 504 millions de chiffre d’affaires, le secteur de la défense reste le premier pôle d’activité du groupe.

À l’inverse, a regretté le CEO, la Belgique n’applique pas un tel patriotisme économique. Le contrat CaMo (60 engins blindés de reconnaissance et de combat Jaguar et 382 véhicules blindés Griffon) attribué pour 1,6 milliard d’euros par le gouvernement Michel au consortium français formé par Nexter, Arquus et Thales laisse en effet Jean-Luc Maurange perplexe. "On a trouvé un compromis. On ne livrera pas d’équipements et on le regrette, a-t-il souligné. Mais nous sommes positionnés sur tout ce qui est assemblage final et la maintenance. Je constate que l’industrie aéronautique semble faire face aux mêmes difficultés dans le dossier F-35 et que les retombées sont très limitées. C’est un peu malheureux. Je crois que la Belgique a loupé une occasion à travers ces deux programmes."

Environnement et éco-mobilité

Malgré ces difficultés dans le secteur militaire, CMI n’entend nullement abandonner la défense. Ce qui ne l’empêche pas de développer ses autres pôles, à savoir l’énergie, l’industrie, l’environnement et les services. Des secteurs où la société sait faire preuve d’audace et de créativité, selon son patron, qui a cité l’installation pilote de stockage d’électricité à Seraing (MIRIS) ou le projet d’éco-mobilité basé sur l’hydrogène propre à l’aéroport de Bierset (Hayrport).

"Cela ne nourrira pas nos sites d’Aubange et de Loncin. Dans l’Amérique de Trump, il est totalement exclu que l’armée achète du matériel qui ne serait pas fabriqué aux USA."
Jean-Luc Maurange
patron de CMI

Illustration de cette volonté d’innover, CMI, qui avait déjà mis en place l’année passée un dispositif d’incubation de projets en interne, va créer en 2019 une plateforme ouverte sur l’extérieur.

Il s’agira d’un outil sans équivalent dans le monde industriel, réunissant un incubateur, un accélérateur et un fonds de participation dans des start-ups et des scale-ups industrielles. Il travaillera en coopération avec d’autres incubateurs comme WSL mais aussi à Bruxelles, en Flandre et même en France. Le budget devrait s’établir entre 30 et 40 millions d’euros. CMI sera majoritaire dans l’initiative, qui sera ouverte à des partenaires publics et peut-être privés. "On veut s’appuyer sur des gens qui ont déjà fait de l’incubation et qui ont déjà une histoire et une réussite. On veut pour notre part amener la dimension industrielle. Il y a des gens qui ont très bien réussi cela dans les biotechnologies et la pharmacie. On veut le dupliquer dans le milieu industriel, le but étant que ces sociétés vivent leur vie", a conclu Jean-Luc Maurange.

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