Covid ou pas, les Gafa performent au-delà des attentes

Chaque année, Google paierait 11 milliards de dollars à Apple pour s'assurer que son moteur de recherche reste le premier choix sur les iPhone. Une pratique qui n'est pas du goût de l'autorité de la concurrence américaine, qui vient d'attaquer le groupe en justice. ©AFP

Retour de la pub oblige, le géant américain Google a dépassé les attentes des analystes côté chiffre d'affaires. Le groupe adresse au passage un pied de nez à ceux qui voudraient le faire plier.

Alors que Facebook, Amazon, Twitter et Apple annonçaient eux aussi leurs résultats pour le troisième trimestre ce jeudi soir, c'était surtout du côté du premier des Gafa, Google , que les regards étaient rivés.

Et pour cause, les derniers jours ont été pour le moins éprouvants pour l'entreprise avec, tout d'abord, l'ouverture d'un procès par la justice américaine lui reprochant sa position dominante dans ce qui a fait sa gloire: les moteurs de recherche. En cause? Un deal qui permet à l'entreprise de Mountainview de voir ses services proposés en priorité sur l'ensemble des iPhone de la firme à la pomme en l'échange d'une rétribution d'environ 11 milliards de dollars.

À cela, s'ajoutait mercredi, à six jours de l'élection présidentielle, l'audition par le Congrès américain de son CEO, Sundar Pichai, aux côtés des patrons des réseaux sociaux Twitter (Jack Dorsey) et Facebook (Mark Zuckerberg) quant à leurs efforts en matière de modération des contenus qui circulent sur leur plateforme respective. Les sénateurs s'en sont donné à cœur joie, qualifiant le trio de "plus grande menace à la liberté d'expression et la tenue d'élections libres et justes", a par exemple asséné le républicain Ted Cruz.

Enfin, la volonté de réguler et de taxer les géants de la tech est grandissante. Elle est renforcée par la nécessité de trouver des fonds en période de crise du coronavirus, dont les manifestations n'ont pas manqué à travers le monde ces derniers mois, en ce compris en Belgique puisque l'idée d'une taxation numérique fait partie même intégrante de l'accord de gouvernement au Fédéral.

Croissance supérieure aux attentes

Qu'à cela ne tienne, côté business, le géant a tenu bon, affichant même un insolent retour à la croissance du côté de son chiffre d'affaires, à 46,2 milliards de dollars contre 40,5 milliards au troisième trimestre de l'an dernier, au-delà des attentes des analystes qui tablaient sur 42,9 milliards. Et ce, en raison du comeback des investissements publicitaires (80% des recettes du géant) après une période de vaches maigres lors des deux précédents exercices.

C'est d'ailleurs ce qui explique que Wall Street n'a pas semblé particulièrement effrayée au lendemain de l'annonce du procès d'ailleurs, l'action Google affichant même une hausse de 3% jusqu'à vendredi dernier – et d'environ 20% depuis début 2020 –, pour clôturer en hausse de 4,4% jeudi soir.

En effet, de nombreux experts financiers et légaux sont convaincus que Google ne s'effondrera pas sous les assauts des régulateurs de tous bords. Loin de là. Certains parlent même d'actions gouvernementales faites "plus de bruit que de substance", partant du postulat que toute action à l'encontre des géants du web prendrait des années à se concrétiser.

Facebook, Apple et Amazon affichent le sourire, Twitter moins

Alphabet, maison mère de Google, n'est pas le seul géant du net à afficher un sourire en ce troisième trimestre. Apple, Facebook et Amazon ont eux aussi enregistré de meilleures performances que ce qui était attendu.

C'est ainsi que la firme à la pomme a par exemple enregistré un chiffre d'affaires supérieur d'un milliard tout rond aux prédictions des analystes, à 64,7 milliards de dollars, et ce, malgré des ventes d'iPhone influencées à la baisse par le retard des nouveaux modèles.

Du côté réseau social de Mark Zuckerberg, même son de cloche, avec 21,5 milliards de dollars de chiffre d'affaires, contre 17,65 milliards encore à la même période l'an passé, là où les spécialistes tablaient sur 19,8 milliards. Facebook a toutefois mis en garde contre une année 2021 plus difficile, marquée par "une importante dose d'incertitude".

Le géant de l'e-commerce Amazon a lui assez logiquement atteint un record de ventes à 96,2 milliards de dollars sur le troisième trimestre, contre 92,7 milliards intialement attendus par le marché, sous l'effet positif de la pandémie ayant entraîné un basculement d'ampleur vers les achats en ligne. La saison de Noël devrait d'ailleurs être "sans précédent", a annoncé le CEO, Jeff Bezos

Seul Twitter a en réalité fait un peu pâle figure jeudi soir avec la plus petite hausse jamais constatée de sa base d'utilisateurs (+ 1 million) depuis que le chiffre est publié, assez pour entraîner une chute du cours de 13% à la clôture. Une note négative qui fut rattrapée par des revenus publicitaires en forte hausse (15%) comme chez ses congénères, dopant ainsi le chiffre d'affaires à 936 millions, contre 777 millions attendus par les analystes.

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