D’ici 2022, le secteur technologique perdra 12.000 emplois

Selon Marc Lambotte, CEO d'Agoria, 5% des travailleurs du secteur, soit 16.000 personnes, sont absents. Ils sont soit en quarantaine soit malades. ©BELGA

Prévoyant une perte de chiffre d’affaires de 7,5% en 2020, la fédération des entreprises technologiques Agoria appelle à soutenir surtout les entreprises en bonne santé avant la crise.

Sans surprise, l’analyse conjoncturelle semestrielle de la fédération technologique Agoria n’est guère réjouissante. Au cours des six premiers mois de l'année, le chiffre d'affaires du secteur a diminué de 6,5% et les exportations de 15%. Pendant le confinement du printemps, le recul du chiffre d’affaires a même été de -13,5% et les exportations de -28% par rapport à la même période en 2019.

Pour l’ensemble de l’année, Agoria s’attend à un recul de 7,5% du chiffre d’affaires, soit 122 milliards d’euros contre 132 milliards en 2019, après cinq années consécutives de croissance. Les baisses les plus importantes concerneront le secteur automobile (-18%), la construction mécanique (-13%) et l'électronique (-11,5%). Seul le secteur des services informatiques connaîtra une croissance de 2%.

Conséquence: l’emploi trinque. Alors qu’il a crû de 20.000 unités entre 2015 et 2019, 3.200 emplois ont été perdus entre janvier et juin. Au total, ce sont quelque 12.000 postes qui devraient disparaître à l’horizon 2022 sur un total de près de 313.000 fin juin.

-7,5%
de chiffre d'affaires
En 2020, Agoria s’attend un recul de 7,5% du chiffre d’affaires, soit 122 milliards d’euros contre 132 milliards en 2019

Car si Agoria prévoit bien une reprise en 2021, anticipant une croissance "réaliste" de 6,5% en ligne avec les prévisions du Bureau du Plan et de la Commission européenne qui concernera tous les secteurs (surtout la construction mécanique et l’automobile), cela ne suffira pas à rétablir le niveau d’emploi d’avant la crise sanitaire.

Pour redresser la barre, Agoria, citant une étude d’ING, note d’abord que la baisse du PIB a été proportionnelle à la sévérité du confinement: les pays les plus souples comme la Suède ont été moins touchés que les plus restrictifs comme l’Espagne, la Belgique se situant à mi-chemin. À tenir à l’œil alors qu’un nouveau confinement total est évoqué.

"Il faut allouer les moyens aux entreprises saines avant la crise, car ce sont elles qui peuvent contribuer au redressement."
Marc Lambotte
CEO d'Agoria

"Mais nous devons surtout tirer des leçons des erreurs du passé, affirme Marc Lambotte, CEO d’Agoria. Après la crise de 2008 et 2009, des milliers d'emplois ont disparu parce que nous n'avons pas accordé suffisamment d'attention à notre compétitivité."

Il plaide pour une mise en œuvre rigoureuse des décisions relatives à la loi sur la compétitivité et pour que la sécurité fiscale soit garantie, notamment pour l'impôt sur les sociétés. "Il faut allouer les moyens aux entreprises saines avant la crise, pas aux canards boiteux, car ce sont elles qui peuvent contribuer au redressement, dit-il, citant un proverbe néerlandais dit: 'Nous n'avons pas à abreuver un cheval mort!'"

Il insiste sur la formation continue et la reconversion alors que seuls 8,2% des 25-64 ans suivent des formations continues, bien loin de tous nos voisins. Marc Lambotte relance aussi l’appel lancé ce week-end dans ces pages pour plus de mobilité sur le marché du travail, suggérant par exemple aux chômeurs temporaires de travailler dans les entreprises d’Agoria. Actuellement, 5 % des employés du secteur, soit 16.000 personnes, sont soit en quarantaine, soit malades.

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