Dans les pas de Collibra, Soda lève 11,5 millions d'euros

Les fondateurs de Soda, Tom Baeyens et Maarten Masschelein, souhaitent doubler les effectifs en un an. ©rv

Le spécialiste en gestion de données a bouclé sa première levée de fonds. La start-up suit ainsi les pas de Collibra. Normal, son CEO était un artisan de la référence belge.

Il y a deux ans l’Écho rédigeait un article intitulé "sept entreprises innovantes à suivre absolument". Tout était dans le titre. Dans le tas, on retrouvait notamment Bsit, E-Peas ou Wooclap. Autant d’entreprises qui, deux ans après, ont confirmé l’intérêt suscité à l’époque. Dans le lot, il y avait aussi Shape, dont on n’avait plus vraiment entendu parler. Après s'être faite discrète au point de changer de nom pour Soda, l’entreprise de gestion de données revient. Et elle le fait avec la manière. La jeune pousse vient de boucler une levée de fonds en série A. L’opération s’élève à 11,5 millions d’euros. Elle s’est faite auprès d’une jolie bande d’investisseurs, dont Singular et Point Nine Capital. Ce dernier est un fonds allemand, spécialiste pour dénicher les pépites au début de leur histoire. L’investisseur, qui a notamment misé sur Revolut au même moment de son développement, avait déjà injecté 2,6 millions d’euros dans Soda en 2020.

"Aujourd’hui, plus de 35% des revenus d'Amazon sont issus de la vente via les recommandations. Des ventes possibles uniquement via le bon traitement de données."
Tom Baeyens
CTO et cofondateur de l’entreprise

Soda est donc spécialisée dans la gestion de données. Difficile de faire plus flou comme descriptif. Concrètement, elle s’attèle à monitorer, classer, éviter les erreurs et surtout, sortir le meilleur de toutes les informations dont dispose une entreprise. "On reprend souvent l’exemple d’Amazon. Aujourd’hui plus de 35% de ses revenus sont issus de la vente via les recommandations. Des ventes possibles uniquement via le bon traitement de données", explique Tom Baeyens, CTO et cofondateur de l’entreprise. Exploiter correctement ses données peut donc faire la différence pour une entreprise. "Mais on sait qu’à un moment ou l’autre, cela va bloquer", sourit Tom Baeyens. "Il va y avoir des fautes ou des mauvaises interprétations. Il faut donc mettre en place des systèmes pour les gérer au mieux." C’est le rôle de l’entreprise.

Peti frère de Collibra

Le parcours ressemble à celui de Collibra, qui fut en 2019 la première licorne belge à voir le jour. La ressemblance n’a rien d’un hasard. Maarten Masschelein, l’autre cofondateur et le CEO de Soda, fut l’un des premiers employés de Collibra. Il travailla durant deux ans pour la licorne belge à New York. En 2018, à la question de savoir si on pouvait s’attendre à une évolution comparable pour son entreprise, la réflexion le fit rire. C’est toujours le cas aujourd’hui, alors que le chemin emprunté est toujours aussi semblable. Il reste toutefois encore quelques bornes avant que la comparaison soit prise avec sérieux. "Nous sommes sur un marché très compétitif où peu d’acteurs tiendront à long terme", temporise Maarten Masschelein.

"Nous sommes sur un marché très compétitif où peu d’acteurs tiendront à long terme."
Maarten Masschelein
CEO et cofondateur de Soda

Quelques semaines seulement après sa création en 2018, Soda a pu compter sur le soutien d’Innoviris. Le fonds de la capitale a l’habitude de donner un coup de pouce aux toutes jeunes boites innovantes. Les 500.000 euros de soutien ont permis à Soda de structurer son offre et entrer sur le marché. "On travaille forcément avec des entreprises actives dans le numérique.  Elles ont en général une certaine taille, mais on travaille également avec des fintechs, des vendeurs en ligne et des start-ups. La question de l’exploitation des données touche toutes les entreprises", explique Maarten Masschelein.

Doubler les effectifs

Le montant levé est remarquable pour une si jeune entreprise. Il n’aura toutefois pas fallu longtemps à ses fondateurs pour trouver des investisseurs intéressés. "Dès que nous avons commencé notre recherche, cela a été très vite. En réalité, c’était presque les investisseurs qui cherchaient à nous convaincre", sourit le CEO. La levée de fonds servira à accélérer la cadence. "Nous sommes aujourd’hui 18. L’ambition est de rapidement doubler les effectifs", assure-t-il.

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