portrait

David Marcus, le "serial entrepreneur" de la Silicon Valley

David Marcus prend les rênes de Facebook Financial, la nouvelle division du réseau social qui regroupe toutes les initiatives de paiement du groupe. À 47 ans, l'homme ajoute encore une ligne à un CV déjà bien rempli.

Alors que la France et la Suisse se disputent sa nationalité, c'est dans la Silicon Valley que David Marcus trace sa route. "Pour beaucoup d’entrepreneurs, David est un modèle, l’archétype du serial entrepreneur", affirme un ami d'enfance, Arnaud Grobet, d'Emakina.

À 47 ans, il prend ainsi la direction de Facebook Financial qui répond aux ambitions du réseau social de se développer dans le paiement.

Marcus n'est ni un novice en matière de paiement, puisqu'il est l'ancien président de Paypal, ni un inconnu pour Facebook depuis qu'il a tapé dans l'oeil de Mark Zuckerberg en 2014 qui lui a offert le lancement de Messenger et du Libra, le projet de monnaie virtuelle.

Un esprit d'entrepreneur

"L’entrepreneuriat, on l’a ou on ne l’a pas."
David Marcus

"Serial entrepreneur", dites-vous? "Je pense que la trajectoire dépend beaucoup plus de l’esprit que l’on a que de l’endroit où on se situe. L’entrepreneuriat, on l’a ou on ne l’a pas", explique-t-il.

Né à Paris, il n'a que 8 ans quand il décide s'adonner aux joies du codage informatique. À 10 ans , la famille déménage pour Genève et 6 ans plus tard, il crée une petite société qui revend des montres Swatch d'occasion.

Vite, il lâche la faculté d'économie de Genève. Un bref passage dans une banque "comme papa", mais son truc à lui, c'est entreprendre.

À 23 ans, il fonde GTN Telecom, un opérateur helvétique. Il tente sans succès de se lancer dans la reconnaissance vocale. Il se tourne alors vers les SMS Premium et devient l'homme derrière les SMS payants de l'émission "La Nouvelle Star".

Puis lui vient une idée: et si le téléphone devenait un instrument de paiement.

85.000
EUROS
À 23 ans, David Marcus souscrit un emprunt de 100.000 CHF (environ 85.000 euros) et se lance à l'assaut du marché des télécoms en créant GTN Telecom.

Un jour, une invitation

David Marcus met femme et enfants dans un avion, direction la Silicon Valley où il créé Zong, une plateforme de micropaiements permettant la facturation par téléphone d'un achat sur internet (via un code pour payer envoyé par SMS)

Trois ans plus tard, Ebay jetait son dévolu sur Zong pour l'intégrer à sa filiale de l'époque Paypal. Marcus en deviendra CEO trois années durant.

"Et un jour, Mark Zuckerberg m’a invité à dîner", aime-t-il raconter. Au programme de ce rendez-vous: Facebook Messenger. "Il m’a exposé sa vision du 'messaging', m’a convaincu de l’opportunité de créer une vraie plateforme et m’a proposé d'en prendre la tête."

Lorsque Zuckerberg envisage sa propre cryptomonnaie, c'est naturellement vers Marcus qu'il se tourne. Depuis Facebook, s'est quelque peu détourné du projet Libra. Depuis le printemps, le Libra est géré par une association indépendante genevoise qui l'a revu à la baisse: plutôt qu'une monnaie mondiale unique, on parle désormais d'une monnaie adossée aux monnaies régionales existantes.

Facebook et ses ambitions

Aujourd'hui, il regroupe les divisions Facebook Pay, WhatsApp Pay, Novi (le futur portefeuille virtuel utilisant aussi le Libra) sous l'appellation Facebook Financial (F2), avec à sa tête David Marcus.

Pour Facebook, l'objectif est d'affiner l'infrastructure de paiements et de transferts d'argent, de simplifier et de rendre plus efficace les opérations des clients.

Steve Job, mon modèle

Dans une interview à un média suisse, David Marcus reconnaissait que Steve Job, fondateur d'Apple, était un modèle.  "Je me sens proche de sa manière de refuser les concessions sur la vision et l'expérience utilisateur."

85.000 euros pour se lancer

En lâchant la faculté, David Marcus veut se lancer dans le monde du travail. Il entre ainsi dans une banque mais sans conviction. Un an plus tard, il souscrit un emprunt de 100.000 CHF (environ 85.000 euros) et se lance à l'assaut du marché des télécoms en créant GTN Telecom.

L'avantage américain

Si ses racines sont européennes, David Marcus ne nie pas qu'être entrepreneur aux Etats-Unis à des avantages. "Il est peut-être plus compliqué pour un Européen de bouger. Aux Etats-Unis, on apprend la mobilité très tôt. A 18 ans, selon les opportunités, vous pouvez partir dans une université à l’autre bout du pays. En Europe, nous n’avons pas cette culture. Et il sera toujours plus difficile de créer sa start-up en Europe du fait de la taille des marchés. Le marché numérique européen n’existe pas encore."

Le profil

  • David Marcus nait à Paris le 12 avril 1973 d'une mère iranienne et d'un père roumain avant de s'installer à Genève.
  • En 1996, il crée GTN Telecom puis  Echovox, une société spécialisée dans les médias mobiles.
  • En 2008, il part pour la Californie où il fonde Zong, filiale d'Echovox qui facture sur GSM les achats en ligne.
  • En 2011, PayPal (eBay) rachète Zong 240 millions de dollars. Marcus devient président de PayPal.
  • En 2014, Zuckerberg lui offre la responsabilité du lancement de "Messenger".
  • En 2019, il est aux commandes du lancement du Libra et de Novi, le portefeuille vituel.
  • Il prend désormais la direction du regroupement des activités "paiement" de Facebook.

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