portrait

Denis Ladegaillerie, le patron qui aime la musique mais pas les disques

Le fondateur et CEO de Believe veut faire entrer en bourse sa firme musicale. Le label français a la particularité de ne travailler que sur le format numérique.

"Ce qui compte, ce n'est plus les partenariats avec les chaînes de télé, c'est 'comment est-ce qu'on comprend les algorithmes de Spotify, les algorithmes de Tiktok'." La citation va sans doute faire mal aux fans de musique de la vieille école. Elle vient pourtant de Denis Ladegaillerie, un monsieur qui sait assez bien de quoi il parle. Ce Français de 40 ans est le fondateur de Believe, une société musicale indépendante. À l'inverse de ce qui se fait habituellement dans le milieu, la firme française a choisi de ne travailler que sur la version numérique de la musique. Believe se charge donc de la distribution et offre une série de services aux artistes, mais uniquement sur le net, entre Spotify, Apple Music et autre YouTube.

500
millions d'euros
L'entrée en bourse de Believe pourrait permettre une levée de fonds de 500 millions d'euros.

Un concept qui marche et qui pourrait bien attirer les investisseurs. C'est du moins ce qu'espère son patron. Denis Ladegaillerie a décidé d'entamer les démarches pour faire entrer sa société en bourse. Cela se fera sur le parquet de la Bourse de Paris d'ici quelques mois avec au passage une solide levée de fonds. Selon certains analystes cités par Reuters, l'opération pourrait permettre de récolter 500 millions d'euros.

Spécialiste du web musical

Ce serait là une bien jolie étape pour cette société qui n'a même pas encore atteint l'âge de la maturité. Sa création date de 2005, à l'époque où on parlait sur MSN et où Dailymotion se préparait à concurrencer YouTube. Bref, une autre époque. Mais Denis Ladegaillerie n'a pas lancé Believe sur un coup de tête. Diplômé de Sciences Po Paris et titulaire d'un master en droit de l'Université de Duke, aux États-Unis, Denis Ladegaillerie a fait ses gammes dans le secteur pendant un long moment avant de se lancer. Après des débuts comme avocat à New-York, il rejoint Vivendi en 2001. Son boulot? Développer l'offre numérique. Il était notamment en charge d'eMusic, l'un des tout premiers sites de vente de musique en ligne sous format mp3.

Le profil

  • 1997: Diplôme en droit de l'Université de Duke, aux États-Unis.
  • 2000: Entrée chez Vivendi.
  • 2001: Chief Strategy pour le département numérique de Vivendi aux USA.
  • 2005: Lancement de Believe.
  • 2021: Lancement des démarches pour faire entrer Believe à la Bourse de Paris.

Stratégie d'acquisitions

C'est à son retour en France qu'il lancera Believe pour se lancer sur un marché énorme, mais aussi très largement dominé par trois mastodontes: Sony, Warner et son ancien employeur Vivendi. Face aux géants, Believe s'organise. Le distributeur indépendant commence petit avant d'enchaîner les rachats de concurrents. De quoi permettre à la firme musicale de travailler avec quelques pointures, notamment dans le monde du rap. En 2015, la société a ainsi racheté Musicast, qui se charge entre autres de la distribution de PNL et Jul. La stratégie de rachat s'est d'ailleurs particulièrement intensifiée ces derniers temps puisque sur les six derniers mois, Believe a repris 18 labels. L'entreprise compte aujourd'hui plus de 1.200 travailleurs dans 44 pays.

"Le groupe distribue plus d'un tiers de la musique numérique mondiale en volume et sert plus d'un million d'artistes à travers le monde", assure le patron. L'année dernière, le chiffre d'affaires pointait à 441 millions d'euros. Selon les estimations du CEO, il devrait être en hausse de 20% cette année. Il faut dire que la musique numérique a le sérieux avantage de résister plutôt bien aux virus qui s'attaquent aux humains.

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