Des Mouscronnois vous font jouer à Mario Kart… en vrai

©Battle Kart

Grâce à un concept unique au monde à la limite entre karting et jeu vidéo, la jeune pousse BattleKart a attiré 40.000 gamers en deux ans. Fort de ce résultat, elle entend accélérer son développement et viser de nouveaux marchés.

Dans ce zoning industriel de la région de Mouscron, il est possible de prendre part à une expérience d’un genre nouveau: le karting en réalité augmentée.

Au volant d’un bolide électrique modifié pour embarquer une tablette, les participants peuvent s’adonner à toute une série de jeux projetés sur le sol en temps réel: un Mario Kart en vrai, une version revue et corrigée de Snake (du nom du célèbre jeu vidéo popularisé par le finlandais Nokia), un jeu de foot, un jeu où les engins sont débridés et dérapent facilement, ou encore un autre dont but est de recouvrir d’encre colorée la surface d’un damier géant avant les autres.

Pour rendre tout cela possible, un système de 336 capteurs de positionnement a été mis en place afin de permettre la localisation en temps réel des karts. Le système renvoie le résultat de son analyse 270 fois par seconde, ce qui permet des interactions entre réalité et virtuel, un véritable exploit technique qui permet de conserver une "précision de l’ordre du centimètre", se félicite le jeune patron âgé de 28 ans.

"L’idée est venue durant mes études", se souvient Sébastien Millecam, fondateur et patron de BattleKart. C’était entre 2010 et 2012. À ce moment, il décide d’en faire son sujet de TFE et obtient la note de 19 sur 20. Puis, après un passage en incubateur et une levée de fonds d’un million d’euros en 2014, il décide de se lancer pour de bon dans l’aventure.

40.000
En à peine deux ans d’existence, le concept de BattleKart a attiré près de 40.000 gamers, dont une majorité de Français. Résultat, les demandes de franchise se multiplient.

Aujourd’hui, près de trois ans plus tard, le concept attire chaque jour plus de monde. Depuis un lancement officiel en 2015, les pistes de ce lieu pour le moins original ont accueilli près de 40.000 personnes.

Un succès qui se fait notamment sentir en France, d’où viennent deux participants sur trois, d’après les chiffres de l’entreprise. Pour le reste, il en va aussi bien de Wallons que de Flamands, voire même parfois de touristes venus de loin. Et à ce sujet, Sébastien Millecam raconte volontiers, non sans une certaine fierté, l’histoire d’un groupe d’Allemands venus en avion jusqu’à Brussels Airport où ils ont loué une voiture pour foncer ensuite directement chez BattleKart à une centaine de kilomètres de là… avant de repartir comme ils étaient venus le jour même.

Un bel accomplissement que ce rayonnement à l’étranger, mais qui n’empêche pas que BattleKart touche aussi un public particulier: les entreprises. De par la possibilité de personnaliser l’entièreté de l’espace et des activités proposées, le lieu est rapidement devenu un rendez-vous prisé pour les événements d’entreprises ou de team building. Rien que sur un an, ce créneau a représenté aux alentours de 30% du chiffre d’affaires.

Unique au monde

Pour l’heure, vu la capacité limitée des pistes, l’endroit n’accepte bien souvent que des PME ou des équipes. Se pose dès lors la question d’un agrandissement, les murs devenant trop étroits face au succès croissant de la boîte. La jeune pousse mouscronnoise envisage donc de changer de locaux et de construire un nouveau complexe, histoire de doubler ses possibilités d’accueil. C’est aussi l’occasion d’être plus visible, reconnaît Sébastien Millecam, le bâtiment occupé actuellement par BattleKart étant niché à l’arrière d’un zoning industriel peu fréquenté. Montant de l’opération? "Plusieurs millions d’euros."

BattleKart vu par VisitHainaut

En parallèle des développements matériels, maintenant que tout le système a été pensé, BattleKart peut aussi penser… à s’exporter. C’est que l’intérêt est là: plus d’une centaine de demandes de franchise ont déjà été adressées au patron, venues "de partout en Europe, mais également des Etats-Unis, du Japon et de Dubai". La raison? Pour l’heure, le concept imaginé par Sébastien Millecam est unique au monde, ce qui explique très certainement son attrait.

Reste que dans ce projet de franchises, il faudra trouver un partenaire solide. À cet effet, le patron est actuellement en déplacement à l’étranger pour assister au "Comptoir Suisse" à Lausanne, l’une des plus grandes foires d’exposition du pays, où il a mis sur pied une version éphémère, dite "pop-up", de son système pour l’occasion. À la clé, un potentiel contrat avec un grand nom de l’événementiel, qui pourrait être intéressé par le concept pour les différents événements qu’il organise.

Devenir une console de jeu

Pour soutenir l’ensemble des développements en cours, des changements doivent aussi être opérés côté technique.

D’abord, la flotte a récemment été complétée par l’arrivée de 9 des 18 nouveaux karts commandés par l’entreprise en début d’année. Plus récents, ces modèles 2.0 présentent de nombreuses améliorations mécaniques et électroniques par rapport à leurs prédécesseurs. De plus, ils doivent "permettre de nouvelles fonctionnalités, générer plus de fiabilité et réduire le temps de maintenance". Mais pas que. Le principal argument tient en cela qu’il sera désormais possible de rouler à douze karts en simultané contre six actuellement. Ce n’est pas rien.

Ensuite, le logiciel maison utilisé pour augmenter la réalité, véritable colonne vertébrale de l’ensemble, est en train de subir un important lifting. L’idée est d’en faire à court terme un véritable écosystème ouvert aux initiatives externes. En fait, "nous voulons que BattleKart devienne une sorte de console de jeu" sur laquelle peuvent se greffer de nouvelles idées, glisse Sébastien Millecam. Les cinq modes de jeux existants – trois sont pour l’heure toujours en phase de test – pourraient être complétés par une infinité d’autres, limitées par la seule créativité des développeurs.

Ce qui n’empêche que BattleKart planche pour sa part aussi à de possibles diversifications en interne. Dernière en date: le recours au système pour apprendre le code de la route à des enfants. Sur leur vélo, ils verraient s’afficher une situation concrète au sol et devraient réagir correctement. En cas de bonnes réponses, ils seraient récompensés par une session de conduite de l’un des karts.

Malin, ce concept a été imaginé par le patron de la jeune pousse en personne. En effet, ingénieur civil de formation, il n’hésite pas à mettre les mains dans le cambouis dès qu’il a une idée en tête. Il pense, démonte, bidouille, assemble et teste, jusqu’à ce que ce qui n’était qu’une piste devienne un élément tangible.

Un processus évidemment chronophage… Jusqu’à il y a peu, il se dit que l’homme travaillait encore 80 heures par semaine. Aujourd’hui, face au coup d’accélérateur vécu par l’entreprise, il a pris la décision de déléguer peu à peu une partie du travail technique à son équipe composée de dix équivalents temps plein, histoire de se consacrer pour sa part à la stratégie et aux grands défis qui se présenteront sur la route de son bébé. À vos marques, prêts, partez!

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